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PARIS : Marc MOSSALGUE : “La transition énergétique est a…

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PARIS : Marc MOSSALGUE : “La transition énergétique est avant tout un défi de coopération territoriale”

Depuis 2010, Énergie Partagée accompagne le développement de projets citoyens d’énergies renouvelables, en faisant coopérer habitants, collectivités et entreprises.

Une démarche dynamique, à la fois sur le plan environnemental pour sortir des énergies fossiles et sur le plan sociétal pour créer des liens et de l’entente. Et qui permet aussi de donner du sens à son épargne ! Tout ceci nous est expliqué par Marc Mossalgue, responsable du pôle Communication.

Énergie Partagée a été interviewée en décembre 2022 par APLC, pouvez-vous nous décrire l’impressionnante évolution de vos activités depuis cette date ?

Depuis 2022, le climat n’a cessé de battre des records de réchauffement. Cette situation met sous tension nos écosystèmes, nos économies et nos territoires. À cela se sont ajoutés les tensions d’approvisionnement électriques et l’emballement des prix des énergies qui ont asphyxié de nombreuses collectivités ou entreprises et les ont décidé à se pencher de plus près sur leur consommation et leur production d’énergie.

Ainsi, Énergie Partagée a renforcé sa présence dans toutes les régions métropolitaines pour accompagner les territoires dans leur transition énergétique, en particulier par la mise en place de coopérations entre les entreprises, les collectivités et les habitants vers des projets partagés de production d’énergie renouvelable. On compte déjà 362 projets citoyens en France, dont 239 en fonctionnement.

Parallèlement à cette demande de transparence sur l’approvisionnement énergétique, les citoyens exigent désormais plus d’éthique et d’impact pour l’utilisation de leur argent. Cela explique que 40 millions d’euros ont été récoltés et investis par le fonds citoyen d’Énergie Partagée, qui vient en soutien à ces centaines de projets citoyens d’énergie renouvelable. Cette année, l’action “100 % énergie citoyenne” d’Énergie Partagée est au prix de 123 euros et les premiers dividendes – signe de la bonne viabilité économique des projets – ont été distribués aux actionnaires Énergie Partagée.

Les objectifs sont-ils énergétiques, environnementaux et/ou sociétaux ?

Notre intention est de favoriser une production d’énergie locale cohérente par rapport aux besoins et qui bénéficie en priorité aux habitants et acteurs locaux. La finalité est bien la production d’énergie renouvelable – des MWh d’énergie verte – car il est urgent de s’affranchir des énergies fossiles pour endiguer le changement climatique.Mais la manière d’y parvenir est importante, et doit intégrer des démarches de pédagogie, de protection de l’environnement, de partage de la valeur, de partage des décisions, de solidarité et d’exemplarité. Ceci afin de s’assurer que la transition énergétique ne se résume pas à une activité de production “one-shot”, mais bien à une évolution culturelle, économique et sociale locale, sur laquelle pourront prendre appui des évolutions individuelles (conversion professionnelle, engagement politique local, etc), et d’autres dynamiques collectives de territoire, comme la mobilité partagée ou des circuits courts agricoles.

Votre démarche est-elle limitée à la production d’énergies renouvelables ou s’inscrit-elle dans le triptyque sobriété, efficacité et énergies renouvelables cher à Négawatt ?

Tous les acteurs de l’écosystème Énergie Partagée sont convaincus que la transition s’envisage d’abord par la limitation des usages excessifs ou superflus, puis par l’optimisation des équipements, et enfin par le développement de capacités de production pour faire face aux besoins d’énergie restants.

Voilà pourquoi, en marge de notre travail pour réaliser de nouvelles unités de production renouvelable, les dynamiques citoyennes prévoient souvent des actions complémentaires, sur les volets du conseil en réduction de la consommation électrique, la mobilité douce ou partagée, ou encore la lutte contre la précarité énergétique, comme c’est le cas notamment sur les parcs éoliens, en Bretagne ou dans le Maine-et-Loire.

Ces actions permettant de réduire ou substituer les besoins énergétiques peuvent également s’articuler avec l’action de partenaires qui œuvrent quotidiennement sur ces sujets comme Énergie solidaire dans le domaine de la précarité énergétique, ou Agir pour le climat sur l’appui aux programmes de rénovation thermique des bâtiments.

Quels liens avez-vous avec les collectivités territoriales ? Avec les professionnels des renouvelables ?

La transition énergétique n’est pas qu’une question technique. Pour nous, elle est avant tout un défi de coopération territoriale. Il s’agit donc de créer les conditions qui vont permettre à des collectivités, des entreprises et des collectifs d’habitants de parler le même langage et de s’engager ensemble dans des projets locaux vertueux.

Chacun a ses intérêts, ses lignes rouges, mais aussi ses a priori ou des projections sur les intentions des autres. Énergie Partagée agit pour faire converger ces acteurs dans des dynamiques de co-développement (c’est-à-dire le développement de projets partagés entre plusieurs acteurs) pour aligner les visions, conjuguer les compétences et mutualiser les vigilances. C’est le cas notamment à Saint-Benoît-la-Forêt où un collectif d’habitants a fait le pari de reprendre un projet de parc photovoltaïque au sol d’une puissance de 2,83 MWc, sur une ancienne décharge industrielle, et s’est associé pour ça avec Énergie Partagée et un producteur d’énergie indépendant.

Au final, ces projets collectifs sont plus solides car plus concertés en amont.
C’est notre manière de contribuer à la transition énergétique sur le long terme.

SOURCE : La lettre du climat – Juin 2024.