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PARIS : Marc DE BEAUCOPRS : « La facturation électronique ne mettra pas fin à la fraude »

À l’approche de la facturation électronique obligatoire en septembre 2026, la simple conformité ne suffit plus à contrer les nouvelles fraudes.

La France s’apprête à vivre une transformation majeure de ses pratiques comptables avec l’entrée en vigueur, le 1er septembre 2026, de l’obligation de facturation électronique pour les grandes entreprises. Si cette réforme, qui sera progressivement étendue à toutes les sociétés, vise officiellement à moderniser les échanges économiques et à renforcer la lutte contre la fraude à la TVA, elle ouvre paradoxalement la porte à de nouveaux types de risques. Pour les experts, la mise en conformité technique, bien qu’indispensable, ne constitue pas un rempart suffisant contre des fraudes de plus en plus sophistiquées.

Le passage au tout-numérique modifie en profondeur la nature des menaces. La question n’est plus seulement de s’assurer qu’une facture comporte toutes les mentions légales, mais de garantir l’authenticité et la cohérence des informations qu’elle contient.

« Les entreprises pensent à tort que la conformité réglementaire est un bouclier absolu. Or, la dématérialisation ne supprime pas la fraude, elle la déplace et la rend plus insidieuse », prévient Marc de Beaucorps, cofondateur et CEO de Finovox.

Un nouveau paradigme de la fraude

Dans un environnement dématérialisé et de plus en plus automatisé, les fraudeurs exploitent de nouvelles failles. Une facture peut être parfaitement conforme aux exigences de l’administration fiscale tout en contenant des données falsifiées, comme un IBAN frauduleux ou des quantités erronées. L’avènement d’outils d’intelligence artificielle générative a par ailleurs considérablement facilité la création de faux documents d’apparence authentique, rendant la détection humaine quasi impossible.

Les risques évoluent : erreurs de transmission de données entre plateformes, usurpation d’identité d’un fournisseur légitime, ou encore falsification subtile d’informations au sein d’un flux de factures validées automatiquement. La vigilance doit donc changer d’échelle et s’appuyer sur des technologies capables d’aller au-delà d’un simple contrôle de forme.

« La question n’est plus de savoir si une facture est conforme, mais si l’on peut faire confiance aux données qu’elle contient. Il faut pouvoir déceler des anomalies invisibles à l’œil nu », souligne Marc de Beaucorps.

L’intelligence artificielle comme rempart

Face à ces menaces complexes, des solutions technologiques émergent pour renforcer la sécurité des transactions. C’est le cas de Finovox, qui a développé une plateforme d’analyse documentaire reposant sur l’intelligence artificielle. Plutôt que de se limiter à vérifier la présence des informations obligatoires, l’outil procède à une analyse approfondie des documents pour en vérifier l’intégrité.

La technologie examine les métadonnées des fichiers, traque les incohérences techniques (comme des polices de caractères suspectes ou des traces de modification logicielle) et, surtout, contrôle la cohérence des informations entre les différentes pièces justificatives d’une même transaction : devis, bon de commande, facture, relevé bancaire, etc. Cette approche multi-documents permet d’identifier des tentatives de falsification qui passeraient inaperçues lors d’un contrôle unitaire, même sur une facture en apparence parfaite.

« Notre IA va chercher des indices qu’un comptable ne peut pas voir, comme une signature numérique anormale ou une incohérence entre le montant du devis et celui de la facture finale. C’est cette analyse en profondeur qui permet de rétablir la confiance dans l’écosystème numérique », explique le dirigeant.

Anticiper pour protéger sa trésorerie

L’enjeu pour les entreprises est considérable. Une fraude réussie peut entraîner des pertes financières directes de plusieurs milliers, voire millions d’euros, mais aussi dégrader les relations avec les fournisseurs et perturber la chaîne d’approvisionnement. Alors que les services financiers se concentrent sur la mise en conformité avec la nouvelle législation, il est crucial d’intégrer dès maintenant une réflexion sur la sécurisation des flux.

« Dans un monde où les échanges sont de plus en plus automatisés, les contrôles humains traditionnels ne suffisent plus. Il est impératif d’intégrer des solutions intelligentes qui agissent comme un véritable rempart numérique avant que le virement ne soit exécuté », conclut Marc de Beaucorps.

La réforme de la facturation électronique est une avancée nécessaire, mais elle impose aux entreprises d’adopter de nouveaux réflexes et de s’équiper d’outils de contrôle à la hauteur des menaces de demain.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).