PARIS : Management – La fonction ne fait plus rêver l…
Partager :

PARIS : Management – La fonction ne fait plus rêver les salariés français
Une étude de l’agence HOW MUCH révèle que la fonction de manageur séduit de moins en moins, jugée trop contraignante pour la rémunération offerte.
Longtemps considéré comme une consécration professionnelle, le statut de manageur perd de son éclat en France. Une enquête nationale menée par l’agence HOW MUCH (http://www.how-much.fr) auprès de 3 103 salariés révèle une désaffection croissante pour cette fonction, perçue comme un fardeau de responsabilités mal compensé par les avantages financiers.
« Le management est-il toujours perçu comme une évolution désirable ? Aujourd’hui, les actifs arbitrent de plus en plus rationnellement entre contraintes et bénéfices, et le calcul n’est peut-être pas toujours en faveur du rôle managérial », analyse Sandrine Dorbes, experte en stratégie de rémunération et fondatrice de HOW MUCH. L’étude, réalisée du 27 mars au 2 avril 2026, dresse un constat sans appel sur la perte d’attractivité de ces postes clés.
Un déséquilibre flagrant entre contraintes et salaire
Le premier enseignement de l’enquête est la perception d’un rapport défavorable entre l’investissement personnel exigé et la contrepartie salariale. Pour une écrasante majorité des manageurs en poste (81 %), la fonction apporte soit « un peu plus de salaire pour beaucoup plus de contraintes » (32 %), soit « presque pas plus de salaire pour beaucoup plus de contraintes » (31 %). Une vision à peine moins sévère est partagée par les salariés non-manageurs, qui sont 78 % à souscrire à ces affirmations.
Cette tendance met en lumière un recul net de l’attrait pour le management, qui n’est plus vu comme une promotion automatiquement avantageuse. Seulement 14 % des manageurs estiment encore que leur poste offre « plus de salaire, mais aussi plus d’avantages et de responsabilités », un chiffre qui monte timidement à 19 % chez les autres salariés.
Une rémunération jugée insuffisante
La question du salaire est au cœur des préoccupations. Deux tiers des manageurs (66 %) jugent leur fonction « insuffisamment rémunérée » (39 %) ou « clairement sous-payée » (27 %). Ce sentiment, bien que majoritaire, est légèrement moins prononcé chez les salariés (55 %).
En conséquence, le management est de plus en plus considéré comme un mauvais calcul financier. Une majorité de manageurs (61 %) et de salariés (51 %) estiment que, d’un point de vue économique, accéder à ce type de poste n’est plus une bonne opération. La hausse de la charge de travail et de la pression ne semble plus justifiée par l’augmentation de la paie.
La revalorisation salariale, condition sine qua non
Pour inverser la tendance, les attentes des salariés sont claires. Une large majorité (64 %) conditionnerait son acceptation d’un poste de manageur à une augmentation de salaire d’au moins 10 %. Parmi eux, un quart (25 %) exigerait même une revalorisation supérieure à 20 %. Seuls 28 % des sondés se contenteraient d’une hausse inférieure à 10 %.
Interrogés sur les leviers prioritaires pour redonner de l’attractivité à la fonction, les salariés comme les manageurs plébiscitent une augmentation significative des salaires fixes (respectivement 41 % et 47 %). Les avantages liés à la flexibilité et au temps de travail arrivent en seconde position (31 % et 24 %), signe que l’équilibre de vie est un enjeu majeur, tandis que les bonus et primes sont perçus comme une solution secondaire.
La pression et le stress, principaux freins
Au-delà de l’aspect financier, l’intensité du rôle de manageur constitue un obstacle majeur. Près de 86 % des manageurs et 84 % des salariés estiment que les contraintes (horaires, pression, responsabilités) ne sont pas, ou seulement partiellement, compensées financièrement. Le stress associé à la fonction est jugé « élevé » ou « très élevé » par 76 % des manageurs eux-mêmes.
Le principal frein identifié par les manageurs est la pression des résultats (37 %), suivie des responsabilités juridiques et humaines (25 %). Pour les salariés, la pression des résultats reste un obstacle majeur (29 %), mais le manque de rémunération arrive juste derrière (26 %).
Malgré ce tableau sombre, la porte n’est pas complètement fermée. Une part importante des salariés (74 %) reste ouverte à l’idée de devenir manageur dans les trois prochaines années, que ce soit de manière certaine (28 %) ou éventuelle (46 %). Le management incarne donc toujours une voie d’évolution possible, mais il est désormais soumis à des conditions plus strictes et à une réflexion approfondie de la part des candidats potentiels.


