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PARIS : Maître Julé-Parade : « Ces chiffres traduisent l’affaiblissement de la politique publique »
Face à l’augmentation de la mortalité sur les routes en 2025, Maître Julé-Parade dénonce un recul de l’action de l’État et appelle à un sursaut national.
L’heure est au bilan, et il est sombre pour la sécurité routière française. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a dévoilé ce vendredi les chiffres provisoires de l’année 2025, marquant une rupture inquiétante avec les objectifs de réduction de l’accidentalité. En France métropolitaine, 3 260 personnes ont perdu la vie sur les routes, soit une augmentation de 2,1 % par rapport à 2024 (3 193 décès). En intégrant les données des Outre-mer, où la situation s’est aggravée de 6 % avec 253 victimes, le bilan national s’élève à 3 513 morts en un an. Au-delà des décès, la gravité des accidents s’intensifie : le nombre de blessés graves a bondi de 4 %, touchant près de 16 000 personnes.
Les usagers vulnérables en première ligne.
Cette dégradation de la sécurité touche particulièrement les usagers dits vulnérables, confirmant une tendance de fond observée ces dernières années. Le bilan 2025 fait état de 501 piétons, 234 cyclistes et 80 utilisateurs de trottinettes décédés. Pour les spécialistes du secteur, ces données ne sont pas le fruit du hasard.
« Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques : ils traduisent des drames humains irréversibles et révèlent surtout l’affaiblissement progressif de la politique publique de lutte contre l’insécurité routière », analyse Maître Julé-Parade, avocat spécialisé en droit du dommage corporel.
Une politique publique jugée défaillante.
L’avocat pointe du doigt la gestion politique du dossier depuis 2017, qualifiant la situation actuelle d’« échec marquant » de la présidence d’Emmanuel Macron. Selon lui, la sécurité routière a progressivement disparu des radars des priorités gouvernementales.
« La baisse de la visibilité des campagnes de prévention, le relâchement des contrôles routiers et l’absence de réformes structurelles ambitieuses ont contribué à cette hausse continue de la mortalité », poursuit Maître Julé-Parade.
Si la volonté affichée par Marie-Pierre Vedrenne de se saisir du dossier est saluée, le constat demeure celui d’un sujet trop longtemps relégué au second plan.
Quatre piliers pour inverser la courbe.
Face à l’urgence, l’expert appelle à une refonte totale de la stratégie nationale, articulée autour de quatre axes majeurs :
- Le retour des contrôles : Une présence physique accrue des forces de l’ordre sur le bord des routes pour dissuader les comportements à risque.
- Une réponse pénale ferme : L’application cohérente et l’exécution effective des sanctions pour restaurer la crédibilité de la loi.
- La formation continue : Un renforcement de l’éducation routière tout au long de la vie, indispensable face à l’arrivée de nouveaux modes de déplacement.
- Une prévention massive : Le retour de campagnes nationales régulières et visibles, ciblant prioritairement les publics les plus exposés.
« À défaut d’un sursaut immédiat, les pouvoirs publics porteront la responsabilité des drames à venir », conclut l’avocat, réclamant que la sécurité routière redevienne une grande cause nationale.