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PARIS : Lutte contre le harcèlement – Élisabeth BORNE…

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PARIS : Lutte contre le harcèlement – Élisabeth BORNE, Première ministre

Le harcèlement, ce sont d’abord des drames. Nicolas, Lindsay, Thibault, Ambre, Lucas, Chacun de ces prénoms résonne comme un échec pour nous tous.

Le harcèlement, ce sont des jeunes que la bêtise et la haine ont poursuivi à l’école, dans leurs clubs de sport, dans leurs loisirs, et souvent jusqu’à chez eux sur les réseaux sociaux. Ce sont des enfants, parfois visés en raison de leur handicap, de leur surpoids, de leur orientation sexuelle ; parfois pour un trait physique ou de caractère. Ce sont des parents confrontés à la pire des douleurs, et qui ont le sentiment de s’être battus sans avoir été écoutés.

Le harcèlement, ce sont des actes malveillants et répétés, qui touchent nos enfants, et mettent en péril leur santé physique et mentale. C’est un phénomène massif : au collège, ce sont en moyenne deux élèves par classe qui sont visés. Au total, près d’un million d’enfants ont subi du harcèlement au cours des trois dernières années. Concrètement, pour les enfants victimes : c’est une forme de violence, c’est la peur, la honte, l’angoisse, et parfois même l’irréparable.

Le harcèlement, ce sont d’abord des drames.

 Des jeunes que la bêtise et la haine poussent à la peur, l’angoisse et parfois jusqu’à l’irréparable. Des jeunes pour qui le calvaire se poursuit 24 heures sur 24, jusque dans leur chambre à coucher, à cause des réseaux sociaux. Le harcèlement, ce sont aussi des familles brisées et des traumatismes qui durent. Le harcèlement est grave, et c’est un phénomène de masse : au collège, deux enfants par classe en sont victimes, tout comme près d’un million d’enfants au cours des trois dernières années. Pourquoi mener un plan interministériel ? Pour lutter contre le harcèlement, l’école est en première ligne. Mais pour mener efficacement le combat, l’action de chacun est nécessaire : forces de l’ordre, magistrats, soignants, collectivités, acteurs associatifs, plateformes. Tous les ministères doivent venir en appui du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. C’est pourquoi, j’ai demandé en juin dernier un plan interministériel de lutte contre le harcèlement. Un plan que j’ai souhaité porter au plus haut niveau. Avec la mobilisation de tous les ministres concernés, nous sommes aujourd’hui en mesure de le présenter avec des objectifs clairs : 100% prévention, 100% détection, 100% solutions.

Notre première priorité, c’est de mieux prévenir le harcèlement. Trop souvent, le harcèlement scolaire est minimisé et la parole de l’enfant n’est pas écoutée. Nous allons donc former les élèves, les parents, tous les membres de la communauté éducative, mais aussi renforcer la formation des policiers, des gendarmes et des magistrats. Pour que chacun prenne conscience des conséquences de ces actes, des policiers, gendarmes et magistrats mèneront des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires. J’ajoute que nous aurons une attention toute particulière pour les faits de harcèlement dans le cadre sportif.

 Le second enjeu, c’est la détection. Notre objectif est clair : détecter tous les cas de harcèlement, et offrir à toutes les victimes et à leurs familles, un parcours clair et balisé. Nous allons mettre en place des dispositifs pour mieux évaluer le danger. Nous ferons du 3018, le numéro unique d’alerte et de signalement. Nous renforcerons, enfin, les coopérations entre les établissements, la police et la justice dans chaque territoire.

 Le troisième enjeu, ce sont les réponses que nous apportons. Nous améliorerons donc le fonctionnement de la chaîne pénale, en rendant systématique la saisine des procureurs en cas de plainte ou de signalement dans les établissements, et nous veillerons à ce que chaque harceleur soit sanctionné. Nous nous doterons, en particulier, d’un véritable arsenal pénal contre le cyberharcèlement en développant la confiscation des téléphones ou en permettant l’exclusion des réseaux sociaux. Enfin, le harcèlement provoque des troubles psychologiques parfois graves. Nous allons donc renforcer l’accompagnement pour la santé mentale des jeunes harcelés. Par ailleurs, parce qu’aucun adulte ne pourrait supporter les brimades, les humiliations et parfois les coups dont les enfants harcelés sont victimes, nous lancerons une vaste campagne de communication qui doit permettre un électrochoc autour d’un mot d’ordre : ne minimisons pas la parole des enfants.

Élisabeth Borne Première ministre