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PARIS : L’UNESCO appelle les Etats à investir massivement dans l’éducation physique

Un nouveau rapport de l’UNESCO démontre que la majorité des élèves dans le monde n’a toujours pas accès au minimum requis en matière d’éducation physique.

Audrey Azoulay a convié mercredi les ministres des sports, des athlètes et des éducateurs au siège de l’Organisation pour travailler à accroître les investissements dans ce domaine. Le fruit de ces discussions alimentera le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement organisé jeudi par la France et le CIO.

Deux-tiers des collégiens et lycéens et plus de la moitié des élèves du primaire dans le monde ne bénéficient pas des heures minimums requises d’éducation physique, selon le tout premier Etat des lieux mondial de l’éducation physique de qualité publié mercredi par l’UNESCO. Par ailleurs, deux-tiers des élèves en situation de handicap sont privés de toute éducation physique.

« L’éducation physique est un investissement rentable : elle améliore la santé des élèves, mais aussi leurs résultats scolaires et leur épanouissement. Pourtant, elle est encore souvent abordée comme une matière de second rang. L’UNESCO appelle ses 194 Etats membres à en faire une matière prioritaire et à lui allouer le temps, les moyens humains et le budget nécessaires », déclare Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.

A la veille de l’ouverture des Jeux de Paris 2024, la Directrice générale de l’UNESCO a convié au siège parisien de l’Organisation les ministres des sports pour faire de l’éducation physique une priorité éducative. Les résultats de cette réunion, à laquelle participaient également des athlètes et des éducateurs, vont alimenter le Sommet des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra demain, jeudi 25 juillet.

Cinq priorités fixées par l’UNESCO à ses 194 Etats membres :

1.      Améliorer la formation des enseignants et des éducateurs sportifs.

2.      Accroître les investissements dans les infrastructures.

3.      Elaborer des programmes d’éducation physique résolument inclusifs, en particulier à l’égard des filles et des jeunes en situation de handicap.

4.      Augmenter le nombre d’heures d’éducation physique dans les programmes scolaires.

5.      Placer les valeurs du sport au cœur des programmes éducatifs.

Le rapport de l’UNESCO fournit 10 indicateurs – offrant un score bon, modéré ou mauvais – pour aider les autorités locales et nationales à évaluer la qualité de l’éducation physique sur leur territoire et identifier les domaines prioritaires d’amélioration.

Des disparités majeures à l’échelle mondiale

L’UNESCO recommande au moins 2h d’éducation physique par semaine au primaire et au moins 3h au secondaire, pour les garçons comme pour les filles  : des objectifs loin d’être atteints par la majorité de Etats, selon le rapport.

Celui-ci révèle notamment que seuls 58% des pays ont rendu obligatoire l’éducation physique pour les filles et que seuls 7% des écoles à travers le monde ont mis en place un temps égal d’éducation physique entre les garçons et les filles.

Il souligne également que moins d’un enseignant du primaire sur deux a bénéficié d’une formation spécialisée en éducation physique. Il pointe enfin des écarts majeurs de financement de l’éducation physique entre les Etats : deux-tiers y consacrent moins de 2% de leur budget éducatif, quand un Etat sur dix y alloue plus de 7%.

Un investissement pourtant rentable

L’UNESCO rappelle que l’éducation physique présente pourtant de très nombreux avantages. Selon une série d’études portées par les Nations Unies, l’éducation physique peut réduire de 30% le taux d’obésité des élèves, améliorer les résultats aux examens de 40% d’entre eux et aider à prévenir la dépression et l’anxiété, en particulier chez les jeunes femmes. L’éducation physique peut aussi augmenter jusqu’à 20% l’assiduité des élèves en cours et améliorer le comportement à l’école de 60% d’entre eux.

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, portera les résultats de ce rapport et les recommandations de l’UNESCO auprès des chefs d’Etats et de gouvernement lors du Sommet Le sport pour le développement durable organisé par la France et le Comité International Olympique (CIO) en partenariat avec l’Agence Française pour le Développement (AFD), jeudi 25 juillet au Carrousel du Louvre.

Elle annoncera également à cette occasion une nouvelle initiative de l’UNESCO à destination des éducateurs sportifs pour renforcer la lutte contre les discriminations.