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PARIS : Luc-Olivier PIERET : « Nous ne cherchons pas des loups, nous cherchons des agneaux engagés »

Ramdam Social investit le métro et ouvre son capital sur Sowefund pour démocratiser l’investissement solidaire avec une campagne pleine d’humour.

C’est un pari audacieux que lance Ramdam Social en cette fin d’hiver. L’entreprise à mission, connue pour avoir transformé les produits de grande consommation en leviers de solidarité, s’attaque désormais au monde de la finance. À compter du 9 mars 2026, les usagers du métro parisien découvriront une campagne d’affichage au ton résolument décalé, invitant les passants à devenir « l’Agneau de Wall Street ».

Ce clin d’œil appuyé à la culture populaire et au célèbre film de Martin Scorsese sur les excès de la finance n’est pas anodin. Il marque le lancement de l’ouverture du capital de la société au grand public via la plateforme de financement participatif Sowefund. Loin des salles de marché et de la spéculation agressive, Ramdam Social entend prouver que le capital peut, lui aussi, devenir un outil d’engagement citoyen et de redistribution.

L’humour pour briser les codes de la finance

Pour porter ce message, la marque a choisi de s’éloigner des codes austères ou purement institutionnels habituels dans le secteur de l’investissement. En détournant l’image du « loup » prédateur pour valoriser celle de « l’agneau », l’entreprise joue la carte de la proximité et de la bienveillance. L’objectif est de rendre l’investissement à impact non seulement compréhensible, mais aussi désirable pour le grand public.

Luc-Olivier Pieret, cofondateur de l’entreprise, résume cette philosophie avec une formule qui donne le ton de l’opération : « Nous ne cherchons pas des loups, nous cherchons des agneaux engagés. L’idée est simple : permettre à chacun d’investir dans un modèle qui redistribue. Avec cette campagne métro, nous assumons un ton différent pour démocratiser l’investissement à impact », a déclaré le dirigeant.

Cette campagne d’affichage, déployée dans plusieurs stations stratégiques du réseau souterrain de la capitale, vise à installer cette levée de fonds comme un véritable événement populaire, capable de fédérer bien au-delà du cercle des investisseurs avertis.

Un ticket d’entrée accessible pour un actionnariat citoyen

La démarche se veut inclusive. Avec un ticket d’entrée fixé à 100 euros sur Sowefund, l’opération est calibrée pour permettre aux consommateurs, aux partenaires et à l’ensemble des citoyens de rejoindre l’aventure. Il ne s’agit pas ici de rechercher une rentabilité spéculative immédiate, mais de financer un modèle redistributif pérenne.

L’ambition affichée est de constituer un noyau dur d’actionnaires-ambassadeurs, impliqués dans la vision de l’entreprise. Ramdam Social part d’un constat macro-économique précis : la consommation annuelle représente 1 625 milliards d’euros. Pour les fondateurs, capter même une infime partie de ces flux pour les réorienter vers la lutte contre la précarité constitue un levier structurel puissant. Après avoir intégré la solidarité au cœur de ses produits, la marque souhaite que son capital reflète cette même exigence d’utilité sociale.

Un modèle économique solidaire déjà éprouvé

Cette ouverture de capital intervient alors que l’entreprise dispose déjà de fondamentaux solides. Fondée en 2023 par Julie Boureau et Luc-Olivier Pieret, Ramdam Social s’est construite sur une promesse simple mais efficace : transformer chaque achat du quotidien en un acte de solidarité concrète.

Le mécanisme est transparent pour le consommateur : chaque produit vendu finance directement une aide matérielle pour des personnes en difficulté. L’entreprise commercialise une gamme variée de produits fabriqués en France, allant de l’épicerie (chips artisanales, sablés bio, cookies, plats cuisinés) aux produits d’hygiène (protections périodiques, savons pour les mains). Ces références sont aujourd’hui distribuées dans plus de 4 000 points de vente à travers l’Hexagone, notamment au sein de grandes enseignes telles que Carrefour, Monoprix ou Franprix.

Des impacts sociaux mesurables

Sur le terrain, ce modèle a déjà démontré son efficacité. En partenariat avec des acteurs associatifs majeurs comme le Samusocial de Paris, le Secours Populaire (Gironde et Paris) ainsi que les banques alimentaires, l’entreprise a généré plus de 1 500 000 dons concrets. Cela se traduit par des repas offerts, des distributions de fruits et légumes, l’accès à des douches ou la fourniture de protections périodiques. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, ce volume d’activité correspond désormais à un don réalisé toutes les 20 secondes.

Les fonds levés grâce à cette campagne de crowdfunding doivent permettre à Ramdam Social de changer d’échelle. Les objectifs sont clairs : accélérer le développement sur le territoire national, renforcer la présence dans le secteur de la consommation hors domicile et entamer une expansion internationale. En invitant les Parisiens à devenir des « agneaux », l’entreprise espère ainsi prouver que la douceur et le collectif peuvent être des moteurs de croissance tout aussi puissants que la compétition financière.