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PARIS : Louis de FELS : « Nous serons vigilants sur la valorisation des actifs de Gaumont »
Gay-Lussac Gestion salue la décision de justice forçant une OPR sur Gaumont mais exige une évaluation juste de ses actifs sous-évalués.
La société de gestion Gay-Lussac Gestion, actionnaire minoritaire de Gaumont, accueille favorablement la décision de la Cour d’appel de Paris, qui a confirmé ce jeudi 2 avril 2026 une précédente ordonnance de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) datant du 10 octobre 2025. Cette décision contraint le Groupe Familial Seydoux et la société Ciné Par à lancer une Offre Publique de Rachat (OPR) sur l’ensemble des titres de la société de production cinématographique.
Pour Gay-Lussac Gestion, il s’agit d’une avancée majeure pour la protection des actionnaires minoritaires. Cependant, la société de gestion prévient qu’elle portera une attention particulière aux modalités de cette opération, et notamment au prix qui sera proposé. Elle estime en effet que ce dernier doit impérativement refléter la valeur réelle et complète des actifs du groupe Gaumont, qu’elle juge aujourd’hui largement sous-estimée.
Un comité ad hoc sous surveillance
Le processus d’évaluation a été officiellement lancé le 19 février 2026, avec la désignation du cabinet Associés en Évaluation et Expertise Financière (A2EF) en tant qu’expert indépendant. Ce choix a été fait par le Conseil d’administration de Gaumont, sur la recommandation d’un comité ad hoc. Ce dernier est composé de trois administrateurs : Madame Félicité Herzog, Madame Claudia Ferrazzi et Monsieur Antoine Gallimard.
Toutefois, Gay-Lussac Gestion émet des réserves sur la composition de ce comité, et plus précisément sur la qualification d’indépendance de l’un de ses membres. La société de gestion souligne que le mandat d’administrateur de Monsieur Antoine Gallimard court depuis 1997, soit une durée de près de trente ans. Or, le code de gouvernance de l’Afep-MEDEF recommande de limiter à douze ans la durée d’un mandat pour qu’un administrateur puisse être considéré comme indépendant, un seuil ici très largement dépassé. Gay-Lussac Gestion a déjà annoncé son intention de soulever ce point lors de ses prochains échanges avec l’expert désigné.
Des actifs stratégiques significativement sous-évalués
Au cœur des préoccupations de la société de gestion se trouve la valorisation de deux actifs stratégiques majeurs de Gaumont, qui seraient, selon son analyse, très éloignés de leur valeur de marché.
Le premier concerne le patrimoine immobilier du groupe, et notamment l’immeuble emblématique situé au 50 avenue des Champs-Élysées à Paris. Alors qu’il est inscrit au bilan pour une valeur inférieure à 50 millions d’euros, sa valeur de marché réelle est aujourd’hui estimée à environ 200 millions d’euros.
Le second actif clé est le catalogue d’œuvres de Gaumont. Riche de plus de 1 500 films et générant près de 50 millions d’euros de revenus récurrents chaque année, ce catalogue est un trésor stratégique. Sa valeur nette comptable, également inférieure à 50 millions d’euros, ne reflète en rien sa réalité économique. Gay-Lussac Gestion rappelle qu’en 2017, ce même catalogue avait été valorisé à environ quatre fois son chiffre d’affaires. Depuis, le marché a connu une transformation profonde, notamment avec les nouvelles obligations européennes imposant aux plateformes de streaming la diffusion de contenus locaux. Cette évolution a considérablement renforcé la valeur des catalogues de référence, et de nombreuses transactions récentes dans le secteur se sont conclues sur des multiples supérieurs à dix fois le chiffre d’affaires.
Vers une réévaluation globale de la société
En se basant sur ces éléments, Gay-Lussac Gestion a procédé à sa propre estimation de la valeur de Gaumont. En ajoutant aux 184 millions d’euros de fonds propres la revalorisation de l’immobilier (+150 millions d’euros) et celle du catalogue (+300 millions d’euros, sur la base d’un multiple conservateur de six fois les revenus annuels), la société de gestion parvient à une valeur totale de 584 millions d’euros. Rapporté aux 3,14 millions d’actions existantes, cela correspond à une valeur d’environ 186 euros par action. Gay-Lussac Gestion estime ainsi que la valeur de l’actif net réévalué ne saurait être inférieure à 200 euros par action, un calcul qui, de plus, n’intègre ni la valeur de la marque Gaumont, ni celle de ses activités opérationnelles.
« Nous saluons une décision qui va dans le sens d’une meilleure protection des actionnaires minoritaires. Mais cette étape n’a de valeur que si elle s’accompagne d’une évaluation juste et transparente des actifs. Chez Gay-Lussac Gestion, nous serons particulièrement vigilants à ce que le prix proposé reflète pleinement la réalité économique de Gaumont et le potentiel de ses actifs stratégiques », explique Louis de Fels, Directeur Général de Gay-Lussac Gestion.
Actionnaire de longue date, la société s’engage à participer activement au processus et soumettra prochainement à l’expert une analyse détaillée, dans l’intérêt de l’ensemble des actionnaires minoritaires de Gaumont.
À propos de Gay-Lussac Gestion
Fondée en 1995, Gay-Lussac Gestion est une société de gestion française indépendante qui accompagne une clientèle privée, des entreprises et des investisseurs institutionnels. Son expertise s’articule autour de la gestion privée, la gestion de fonds et l’épargne salariale et retraite.
Pour plus d’informations : www.gaylussacgestion.com

