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PARIS : Littérature – Un roman d’anticipation imagine la partition de la France en deux blocs rivaux
Marie-Catherine Bernard publie une satire politique mordante où l’Hexagone finit scindé géographiquement entre gauche et droite dès 2034.
À l’approche des élections municipales de mars 2026, alors que la France entre dans un nouveau marathon électoral, les clivages idéologiques semblent plus marqués que jamais. C’est dans ce contexte de tension démocratique que sort un ouvrage singulier aux Éditions Spinelle. Intitulé *Et si on coupait la France en deux ?*, ce roman de politique-fiction pousse la logique de la fracture territoriale jusqu’à l’absurde, proposant une réflexion à la fois humoristique et inquiétante sur notre capacité à vivre ensemble.
Une boutade qui tourne au séisme géopolitique
L’intrigue nous propulse au printemps 2034. Le décor est planté loin des palais de la République, lors d’une traditionnelle « cousinade » à Bourges. Au milieu des convives venus de Bretagne, du Var ou des Vosges, les discussions s’enflamment rapidement. C’est alors que Mamy Jeanne, doyenne de l’assemblée du haut de ses 100 ans, lance une phrase qui changera le destin du pays : « Et si on coupait la France en deux ? À l’Ouest les gauchistes, à l’Est les réacs. »
Ce qui ne devait être qu’une plaisanterie de fin de repas devient, par un effet boule de neige médiatique et politique, une réalité. Le roman dépeint avec ironie l’engrenage fatal : fatigue démocratique, opportunisme des « idiots utiles », emballement des réseaux sociaux et maladresses gouvernementales conduisent à un référendum sur la partition du territoire.
L’autrice, Marie-Catherine Bernard, décrit une société où les Français, lassés des injonctions contradictoires, finissent par prendre leur destin en main de manière radicale. « J’ai voulu capturer ces moments où la politique n’est plus une affaire d’experts, mais de discussions animées entre cousins, voisins, amis ou collègues », explique Marie-Catherine Bernard.
Une sociologie-fiction mordante
Au-delà du pitch provocateur, l’ouvrage explore les conséquences concrètes d’une telle scission. Le lecteur découvre une géographie redessinée : le département de la Seine-Saint-Denis bascule à droite, Paris est divisée en deux zones distinctes, tandis que les Corses… restent Corses. Le roman narre l’exode des travailleurs pauvres vers l’Ouest et la conquête économique de l’Est par les entrepreneurs, créant une fresque sociale où les divorcés doivent parfois s’installer à cheval sur la ligne de démarcation.
Cette fiction s’appuie sur une expertise réelle. Spécialiste de la concertation citoyenne et des débats publics depuis plus de vingt ans, Marie-Catherine Bernard puise dans son expérience de terrain pour nourrir son récit. Elle interroge ce que signifie réellement « être de droite » ou « être de gauche » lorsque ces étiquettes deviennent des frontières physiques. Le livre offre d’ailleurs une dimension interactive, laissant le lecteur arbitrer l’avenir de cette France divisée à travers six fins possibles.
La politique en famille : un sport national à risque
En marge de l’écriture, l’autrice a mené une enquête sociologique auprès de son entourage pour sonder la réalité des débats politiques dans la sphère privée. Les résultats, dévoilés conjointement à la sortie du livre, confirment que la politique reste une passion française, souvent explosive.
Selon cette étude, 80 % des sondés parlent politique en famille, principalement lors des repas. Si l’exercice est fréquent, il est périlleux : dans plus de la moitié des cas, les échanges « chauffent » ou « partent en vrille ». Le constat est différent avec les amis, où les crispations sont plus rares, souvent du fait d’une homogénéité des opinions. En revanche, la prudence reste de mise au travail, où la moitié des personnes interrogées s’abstiennent de tout commentaire pour éviter les conflits.
Le roman résonne particulièrement avec l’une des statistiques les plus surprenantes de l’enquête : si le scénario du livre devenait réalité, près des deux tiers des Français seraient prêts à déménager pour rejoindre le côté correspondant à leurs convictions. Seuls 14 % resteraient sur place quitte à vivre en territoire politiquement hostile, tandis que les centristes s’imaginent déjà, non sans humour, vivre « un pied à gauche et l’autre à droite ».
Le roman *Et si on coupait la France en deux ?* est disponible aux Éditions Spinelle. Plus d’informations sur le site de l’autrice : https://mariecatherinebernard.fr/


