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PARIS : A l’Institut Iliade, Robert SURCOURF (1773-1827)

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Floriane Dumont
24 Nov 2023

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PARIS : A l’Institut Iliade, Robert SURCOURF (1773-1827)

Le « Tigre des Sept mers », dont le récit des exploits transcende les siècles, inspire encore aujourd’hui les marins et matelots en quête d’aventure.​

Robert Surcouf est né le 12 décembre 1773 en la ville de Saint-Malo, héritier d’une lignée « ancienne, riche et justement considérée dans ce pays » (Hennequin 1835, p. 378).

Son père, Charles Surcouf de Boisgris assure la subsistance du foyer grâce à son domaine agricole situé non loin de Cancale.

La jeunesse de Surcouf

Troisième né d’une famille de cinq enfants, Robert se distingue par son fort caractère et est mû par son désir le plus cher : naviguer. Afin de canaliser le tempérament de leur fils qu’ils destinaient aux ordres, les parents de Surcouf décident de l’envoyer en pension à Dinan auprès d’un prêtre. Malheureusement pour les projets de ses parents, le fougueux Robert, alors âgé de 13 ans, fugue de sa pension en mordant, au passage, le mollet du prêtre chargé de sa garde. Résignés, ses parents se décident à le laisser embarquer comme mousse à bord du Héron, un brick qui faisait le trajet entre les villes de Saint-Malo et Cadix.

Contre toute attente, l’indomptable Robert Surcouf, qui rechignait à apprendre la moindre de ses leçons en pension, se révèle alors être un matelot assidu, apprenant très vite malgré la rude vie en mer.

L’appel de la mer

Le 3 mars 1789, le Malouin se fait engager comme volontaire à bord de l’Aurore, vaisseau de 700 tonneaux qui devait alors faire route vers les Indes. C’est au cours de cette expédition que Surcouf gagne ses premiers galons. Alors que le navire, chargé de marchandises et d’esclaves en provenance du Nouveau Monde, s’était échoué après avoir essuyé une rude tempête, Surcouf, s’armant de courage, plonge seul dans les décombres du navire afin de sauver ce qui pouvait encore l’être. Grâce au courage exceptionnel dont il fit preuve ce jour-là, le capitaine du navire lui remit ses premiers galons d’officier.

Deux ans plus tard, en 1791, alors que la révolution en France prend de l’ampleur, il s’embarque à bord d’un nouveau navire en direction du Mozambique et son exemplarité lui permettra d’être nommé lieutenant.

Il rentre finalement au pays et accoste à Saint-Malo au début de l’année 1792. Ses parents ont alors du mal à reconnaître le garnement tempétueux qui avait quitté le foyer à l’âge de 13 ans et qui revient en homme bien bâti qui, tout du long de ses expéditions, a vu des merveilles que très peu peuvent se targuer d’avoir observées et dont les récits font forte impression auprès de ses proches.

Ce qui est encore le royaume de France, alors en pleine crise interne, doit également faire face aux attaques anglaises qui se multiplient. Surcouf, désireux d’en découdre avec les Anglais, ses origines irlandaises paternelles l’y poussant, s’embarque le 27 août 1792, afin de défendre la route des Indes. Il est sous les ordres de Tréhouart de Saint-Malo sur le navire La Cybèle qui, accompagné de quelques autres petits vaisseaux, se lance à l’assaut de deux bâtiments de ligne anglais qui semblent colossaux à côté de la maigre flottille française composée de seulement cinq petits navires. Le combat fait rage ! la fumée et le chaos règnent tandis que les canons des belligérants crachant leur feu provoquent un assourdissant tonnerre artificiel. Après cinq heures de lutte acharnée, la flotte anglaise dut fuir piteusement devant le nombre de pertes enregistrées.

Robert poursuit ses expéditions et alors qu’il n’a que 20 ans, allégrement compensés par sa fougue et son ingéniosité, obtient le commandement de son premier navire marchand : le Créole.

Bien que fier de cette promotion, la marine marchande le lasse rapidement et il décide de se tourner vers la carrière de corsaire.

Robert, roi des corsaires

En 1796, alors âgé de seulement 23 ans, Surcouf prend le commandement du navire le Cartier. Ce dernier n’est toutefois qu’un frêle esquif de 4 canons et il ne dispose alors en tout et pour tout que de 16 membres d’équipage.

Cela n’arrête nullement le corsaire, qui, faisant toujours et encore preuve d’une audace démesurée, preuve de génie pour certains et de folie pour d’autres, décide d’aborder un navire anglais possédant 26 canons et composé de 150 marins. Robert est cependant loin d’être stupide, il pallie son manque de canons et son infériorité numérique par la ruse. Hissant un pavillon britannique, le Cartier s’approche pacifiquement de l’ennemi, ce n’est que lorsque les deux navires se côtoient, que les corsaires français se jettent sur le pont du vaisseau anglais et abattent le capitaine britannique en un éclair. Le reste de l’équipage anglais se rend et les corsaires français n’ont qu’une seule victime à déclarer.

Malgré ce succès grandiose et les prises de nombreux bâtiments anglais, la prise qui valut à Surcouf sa renommée et le para du titre de « roi des Corsaires » est sans nul doute la prise du puissant navire britannique Le Kent.

En 1800, Surcouf commande La Confiance, navire de 24 canons et de 160 marins. Le 7 octobre, à l’aube, la vigie de La Confiance aperçoit au loin un imposant vaisseau anglais qui les a repérés. Après une course poursuite d’environ deux heures, les deux navires s’affrontent. Le navire britannique, le Kent, possède 40 canons et pas loin de 460 membres d’équipage, le combat s’avère être inégal.

Toutefois, tel David affrontant Goliath, Surcouf élance son bâtiment à l’assaut du géant britannique. Manœuvrant habilement et balayant par la mitraille l’équipage ennemi, les corsaires de la Confiance abordent à grands cris l’ennemi. Après une intense lutte qui ne dure pourtant pas plus d’une dizaine de minutes, l’Anglais dépose les armes. Surcouf est victorieux et s’empare de la cargaison du bâtiment ennemi estimée à 100 millions de livres. Cet exploit le rendra célèbre, et celui qui est désormais surnommé le « Tigre des mers » deviendra un véritable cauchemar pour la marine anglaise.

Le retour à Saint-Malo

En 1801, la paix d’Amiens est signée avec les Britanniques et notre célèbre corsaire rentre alors en Bretagne où il se mariera avec Marie-Catherine, fille d’un armateur malouin. Robert Surcouf en profite, avec l’aide de sa fortune accumulée, pour se lancer dans le monde des armateurs.

Happé par sa nouvelle profession, Surcouf passera six années à développer sa flotte et ne reprendra la mer qu’en 1807 sur son nouveau navire flambant neuf Le Revenant. Loin des frêles navires de ses débuts, Surcouf commande désormais un fier bâtiment de 20 canons et 400 tonneaux. De retour aux Indes, il se rappelle immédiatement aux souvenirs des Anglais, redevenant rapidement la pire hantise des marins britanniques. En quelques mois, de septembre 1807 à février 1808, il opérera la capture d’une quinzaine de navires ennemis. C’est au cours de l’un de ses assauts qu’une tirade de Surcouf entra dans la légende. Alors qu’un officier britannique, se croyant malin, invective Surcouf en déclarant « Vous, Français, vous vous battez pour l’argent. Tandis que nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur ! », Surcouf, moqueur, réplique « Chacun se bat pour ce qui lui manque. »

Surcouf rentre finalement en France et y poursuivra son métier d’armateur. Il s’éteint finalement de manière paisible le 10 avril 1827, continuant jusqu’au terme de sa vie à vivre de sa passion maritime en armant des navires. C’est à bord d’une embarcation escortée de plus de 50 canots que le corps du « roi des corsaires » est emmené à Saint-Malo, son ultime demeure.

Cette mort ne devait pourtant pas jeter dans l’oubli Robert Surcouf, le « Tigre des Sept mers », dont le récit des exploits transcenda les siècles, l’ouvrit à la postérité et inspire encore aujourd’hui les marins et matelots en quête d’aventure.​

Gwenn Mamazeg – Promotion Homère
Source : breizh-info.com