PARIS : L’inflation au plus bas depuis quatre ans
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PARIS : L’inflation au plus bas depuis quatre ans
Dans l’Alerte Eco d’aujourd’hui, Asterès analyse la faible inflation de février, d’après la publication Insee du 28 février 25.
L’inflation est tombée à 0,8 % en glissement annuel en février, notamment du fait de la baisse du prix de l’électricité. Dans les mois et trimestres à venir l’inflation ne devrait pas rester à un niveau aussi bas du fait d’évolutions légèrement inflationnistes en amont de la chaîne de production.
La très faible inflation de février 2025, au plus bas depuis février 2021, s’explique notamment par le repli des prix de l’électricité. Mais les évolutions sur les biens manufacturés ou les services ont également contribué à la baisse de l’inflation.
La baisse du prix de l’électricité en février était attendue du fait de la baisse programmée du tarif réglementé. En conséquence, les prix globaux de l’énergie se replient de -5,7 % en glissement annuel en février, alors qu’ils étaient en progression de 2,7 % en janvier.
Les produits manufacturés et les services contribuent également à la baisse de l’inflation : le prix des biens manufacturés a stagné en glissement annuel en février, alors qu’ils avaient progressé de 0,2 % en janvier. L’inflation sur les services a pour sa part été de 2,1 % en février, après 2,5 % en janvier.
L’inflation ne restera pas aussi basse dans les mois à venir. La faible inflation de février est fortement liée à la baisse du tarif réglementé de l’électricité intervenue en début de mois. L’inflation devrait remonter légèrement au printemps 2025, tout en restant inférieure à 2 %.
Des facteurs déflationnistes sont en train de s’estomper, voire de se retourner. Par exemple, les prix de production industriels (prix sortie d’usine), qui étaient en baisse de plus de -5% en glissement annuel à l’automne 2024, étaient pratiquement stables en janvier 2025 (chiffre publié avec un mois de décalage sur les chiffres de l’inflation). Une tendance similaire s’observe sur les prix de production agricoles (prix sortie de ferme) qui, après avoir fortement baissé, ont progressé de 2,2 % en glissement annuel en décembre 2024 (les chiffres de janvier 2025 seront publiés aujourd’hui à midi). Les prix des matières premières importées (pétrole, gaz, produits agricoles) ont été en nette hausse en janvier, notamment du fait de la baisse de l’euro par rapport au dollar.
Le ralentissement de la hausse des salaires empêchera l’inflation de rebondir fortement. Alors que les salaires avaient progressé de plus de 5 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2022, la hausse n’était plus que de 2,1 % au quatrième trimestre 2024. Cette évolution, attendue du fait de la baisse de l’inflation, limitera la hausse des coûts des entreprises, donc la hausse des prix.

Sylvain BERSINGER, chef économiste.
Asterès est un cabinet d’études économiques et de conseil.
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