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PARIS : L’importance des emballages durables pour l’environ…

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PARIS : L’importance des emballages durables pour l’environnement

L’emballage protège, informe, transporte. Mais il pèse lourd sur nos flux de déchets et sur le climat.

En Europe, chaque habitant a généré 186,5 kg de déchets d’emballages en 2022, un record alimenté par l’e-commerce et les habitudes “grab-and-go”. La majeure partie provient du papier/carton, puis du plastique et du verre. Autrement dit, la transition vers des solutions plus sobres et réutilisables n’est plus un choix d’image, c’est un impératif industriel et environnemental.

Pourquoi agir sur l’emballage

Le plastique illustre le problème. Dans l’UE, 36,1 kg de déchets d’emballages plastiques sont générés en moyenne par personne, dont environ 41 % seulement sont recyclés. À l’échelle globale, 19 à 23 millions de tonnes de plastiques fuient chaque année vers les écosystèmes aquatiques, l’équivalent quotidien d’environ 2 000 camions-bennes déversés dans océans, rivières et lacs. Réduire le volume à la source, réemployer, et mieux recycler devient donc vital pour limiter les fuites et l’empreinte carbone.

Dans l’UE, environ 40 % de tout le plastique consommé sert à l’emballage et près de la moitié des déchets marins sont liés à des emballages. La circularité de ce flux a un effet multiplicateur : moins de matière vierge, moins d’émissions amont, moins de déchets en aval.

Du concept à l’exécution

Passer à des emballages durables ne se résume pas à remplacer un matériau par un autre. Il s’agit d’une démarche d’éco-conception : alléger, standardiser les formats, supprimer les couches ou additifs problématiques, intégrer du recyclé quand c’est pertinent, faciliter le démontage et l’identification des matériaux, et, surtout, concevoir pour la réutilisation là où l’usage s’y prête (consigne, B2B, logistique). Les gains sont concrets : moins de matière par unité, coûts logistiques réduits, image de marque renforcée et conformité réglementaire sécurisée.

Côté collecte et tri, la lisibilité des consignes et la qualité des flux triés restent déterminantes. La France, pionnière des filières de responsabilité élargie du producteur (REP) via Citeo, illustre à la fois les progrès et les défis : le recyclage des emballages plastiques y reste inférieur aux objectifs européens, signe que l’éco-conception et la réduction à la source doivent accélérer de concert avec l’amélioration du tri et du recyclage.

Le cadre européen se durcit

Le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), en voie d’adoption finale, fixe un cap clair : réduction des déchets d’emballages de 5 % d’ici 2030 (puis 15 % en 2040), recyclabilité de tous les emballages d’ici 2030, plafonds pour l’espace vide, interdictions ciblées du jetable et objectifs de réemploi dans certains usages. Pour les marques, cela signifie anticiper : cartographier les portefeuilles, prioriser les familles à fort impact, sécuriser l’accès aux matières recyclées et piloter des modèles de réemploi.

Des chiffres qui obligent

  • 186,5 kg d’emballages par habitant dans l’UE en 2022.
  • 36,1 kg de déchets d’emballages plastiques par habitant, ~41 % recyclés.
  • 40 % du plastique utilisé dans l’UE sert à l’emballage ; ≈ 50 % des déchets marins proviennent d’emballages.
  • 19–23 Mt/an de plastiques fuient vers les milieux aquatiques dans le monde.

Ces ordres de grandeur montrent que l’emballage est l’un des leviers les plus rapides pour réduire l’empreinte matérielle et la pollution diffusive, tout en améliorant la résilience face aux futures contraintes de matières et d’énergie.

Trois priorités pour les entreprises

  1. Réduire à la source. Supprimer les composants non essentiels, compacter et mutualiser. C’est souvent le meilleur “retour carbone” par euro investi.
  2. Réutiliser quand c’est pertinent. Là où les boucles logistiques sont répétitives et maîtrisées, le réemploi devient compétitif.
  3. Recycler mieux, pas seulement plus. Concevoir des monomatériaux, éviter les encres et barrières incompatibles, assurer la traçabilité. Le tri de qualité conditionne l’incorporation de recyclé et la baisse d’émissions associée.

Un enjeu de compétitivité

Au-delà de l’environnement, l’emballage durable devient un facteur de compétitivité : il sécurise la conformité, limite les coûts liés à la fiscalité “plastique”, réduit l’exposition aux prix des matières vierges et répond à une demande clients de plus en plus explicite. Avec un cadre européen exigeant et des attentes sociales élevées, investir dans l’éco-conception, le réemploi et la recyclabilité n’est plus un pari, c’est une assurance pour l’avenir des marques et de leurs filières. Les chiffres, eux, ne laissent plus de marge à l’inaction.