PARIS : Lien entre criminalité organisée et contrefaçon, un…
Partager :

PARIS : Lien entre criminalité organisée et contrefaçon, un financement facile pour les réseaux criminels
Un rapport édifiant sur les liens entre criminalité organisée et contrefaçon sera bientôt remis au ministre de l’Intérieur.
Un financement facile pour les réseaux criminels
L’Union des Fabricants (Unifab), une association de défense et de promotion de la propriété intellectuelle regroupant plus de 200 entreprises et fédérations professionnelles, remettra prochainement un rapport au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Ce document met en lumière les liens étroits entre la criminalité organisée et la contrefaçon, en présence de la sénatrice de Paris, Catherine Dumas, très impliquée dans ce combat.
L’ampleur de la contrefaçon
La contrefaçon représente 2,5% du commerce mondial et jusqu’à 5,8% des importations au sein de l’Union Européenne. Elle constitue un pilier structuré, discret et extrêmement rentable de l’économie illicite mondiale, amplifiée par la digitalisation. Europol a identifié 31 organisations criminelles impliquées dans ce trafic, dont la Camorra et la Mafia en Italie, les Triades chinoises, la D-Company en Inde, le Hezbollah, les Cartels mexicains et même l’État de la Corée du Nord.
Techniques sophistiquées
Les contrefacteurs utilisent des techniques d’acheminement, de fabrication et d’assemblage sophistiquées pour pénétrer tous les circuits de distribution légitimes :
• Bulk breaking : fragmentation de l’acheminement des composants via plusieurs pays pour masquer l’origine réelle.
• Fragmentation : expédition séparée des composants et leur assemblage dans les pays de destination.
• Mélange de produits : intégration de faux au milieu de marchandises authentiques.
• Exploitation des pénuries : profit des tensions sur certains marchés pour écouler de la fausse marchandise.
• Relocalisation : unités de production aux portes de l’Europe pour pénétrer plus facilement les marchés.
Blanchiment des profits
Les profits issus de la contrefaçon sont blanchis via des sociétés-écrans et des circuits opaques, mêlant ces revenus à ceux d’autres trafics comme la drogue ou la prostitution. Les méthodes incluent le système Hawala, les cryptomonnaies (Monero, Dash, Zcash, NFTs), les plates-formes d’échange (mixers/tumblers) et la création de fausses entreprises.
Conséquences néfastes
Ces réseaux ont des conséquences néfastes sur :
• Les conditions des travailleurs : exploitation, absence de papiers, travail illégal, mauvaise rémunération, sans protection ni droits.
• La santé et la sécurité : produits contrefaits fabriqués à partir de substances toxiques non conformes, non recyclables et nocifs pour les consommateurs.
• L’économie licite : pertes financières massives pour les entreprises et les États, chiffrées à 15 milliards d’€ de recettes fiscales et 670 000 emplois détruits chaque année en Europe.
Christian Peugeot déclare : « Ce rapport doit être le fondement d’une plus grande priorisation de ce phénomène en France. Derrière chaque trafiquant se cache un distributeur de contrefaçon qui se sert de cette activité à des fins malveillantes. Soyons collectivement conscients qu’acheter un faux produit nuit désormais à la société tout entière, et finance des crimes que nous, citoyens, condamnons tous. »
Pour accéder au rapport complet, cliquez ici.
