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PARIS : Les propositions de l’Unccas pour le PLF et le PLFS…

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PARIS : Les propositions de l’Unccas pour le PLF et le PLFSS 2026

Découvrez les propositions de l’Unccas pour le PLF et le PLFSS 2026 qui visent à préserver et renforcer les solidarités locales.

Précarité

1. Pérenniser et élargir les crédits dédiés à la domiciliation des personnes sans domicile stable.

2. Financer 10 000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires pour répondre durablement à la crise sociale.

3. Créer un bouclier tarifaire locatif pour plafonner temporairement la hausse des loyers.

Santé mentale

4. Financer la formation de 10 000 agents des CCAS/CIAS par an aux premiers secours en santé mentale.

5. Lancer un rapport d’évaluation sur les difficultés d’accès à la santé mentale pour les jeunes en milieu rural.

Bien-vieillir

6. Se doter d’une augmentation responsable de 6 % de l’objectif global de dépenses (OGD) pour les personnes âgées afin d’amortir le choc démographique d’ici à 2040.

7. Soutenir les services d’aide et d’accompagnement à domicile en difficulté pour prévenir la perte d’autonomie et garantir le maintien à domicile des personnes âgées socialement vulnérables.

8. Reconduire le fonds d’urgence et de soutien aux Ehpad publics en difficulté pour préserver et adapter l’offre médico-sociale territoriale.

9. Transformer la réduction d’impôt de 25 % sur les frais de résidence en Ehpad en crédit d’impôt.

Attractivité des métiers

10. Revaloriser la rémunération des métiers du travail social et médico-social afin de renforcer leur attractivité.

11. Créer un droit à une formation et à un accompagnement psychologique pour les proches aidants.

12. Former les travailleurs sociaux à l’usage de l’intelligence artificielle.

Les CCAS/CIAS en première ligne

Les CCAS/CIAS sont aujourd’hui en première ligne face à la montée rapide de la pauvreté, de l’isolement et des situations d’urgence sociale. Depuis la crise sanitaire, les tensions se multiplient dans tous les champs de l’action sociale de proximité : accès aux droits, logement, énergie, alimentation. Cette montée en charge s’opère dans un contexte de raréfaction des ressources locales, d’inflation persistante et de désengagement progressif de certaines politiques nationales.

Garantir le financement de l’action sociale de proximité

Les demandes adressées aux CCAS/CIAS explosent, en particulier sur les missions dites « socles », comme la domiciliation, toujours marquée par un cadre juridique incertain. Cette pression s’exerce sur des équipes déjà mobilisées au maximum, sans moyens financiers à la hauteur des réalités sociales constatées sur le terrain. La croissance des besoins dépasse largement les marges de manœuvre des collectivités. Il devient essentiel de reconnaître pleinement ces missions socles et d’ancrer leur financement dans une stratégie pérenne et équitable.

Un toit pour tous : renforcer l’accès au logement

La crise du logement ne cesse de s’aggraver. Le coût des loyers, la saturation de l’hébergement d’urgence, la fragilité accrue des publics rendent l’accès et le maintien dans un logement de plus en plus difficiles. Les CCAS/CIAS, qui accompagnent quotidiennement les personnes sans domicile ou menacées d’expulsion, sont confrontés à un système à bout de souffle, alors même que les solutions de terrain se multiplient, sans soutien structurel.

Agir contre la précarité énergétique

Les hausses successives des tarifs de l’énergie ont renforcé la précarité des ménages, désormais contraints de choisir entre se chauffer, se nourrir ou se loger. Les CCAS/CIAS ont vu bondir les demandes d’aide au paiement des factures, qui représentent aujourd’hui la majorité des aides accordées. Cette situation témoigne d’un basculement vers une précarité structurelle, où l’urgence devient la norme. Face à une crise durable, il faut repenser les mécanismes d’accompagnement, protéger les usagers les plus fragiles et renforcer les outils de résilience énergétique.

Garantir une alimentation saine aux plus fragiles

72 % des CCAS/CIAS distribuent aujourd’hui une aide alimentaire. Ce qui relevait autrefois de l’urgence ponctuelle est devenu une politique sociale de long terme. Depuis la crise sanitaire, les besoins ne faiblissent pas, et les CCAS s’adaptent : accompagnement nutritionnel, éducation alimentaire, circuits courts… Mais les moyens restent limités, et les publics fragiles sont exposés à une dégradation continue de leur sécurité alimentaire. Pour faire de l’accès à une alimentation de qualité un véritable levier de santé publique et de dignité, des mesures plus ambitieuses sont nécessaires.

Nos principales propositions

Pérenniser et élargir les crédits dédiés à la domiciliation des personnes sans domicile stable

En janvier 2024, dans le cadre du pacte des solidarités, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a lancé une expérimentation en allouant 1,5 million d’euros à 49 CCAS pour renforcer leur mission de domiciliation. Cette enveloppe inédite reconnaît enfin le rôle essentiel des CCAS/CIAS dans l’accès aux droits des personnes sans domicile stable. Si la promesse de reconduction jusqu’en 2028 marque une avancée, les premiers retours du terrain signalent une hausse importante de la file active – entre 10 et 25 % selon les territoires – révélant une pression croissante et des besoins structurels. Il est donc indispensable de pérenniser ces crédits et de les étendre à l’ensemble du territoire, afin d’assurer un accompagnement équitable, digne et durable pour tous les publics concernés.

Financer 10 000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires pour répondre durablement à la crise sociale

Face à une précarité qui ne cesse de s’aggraver, il est impératif que l’effort budgétaire amorcé en 2025 s’inscrive dans la durée. La création de 10 000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires, à la charge de l’État, constitue une réponse indispensable à la saturation chronique des dispositifs d’accueil. Alors que les communes sont de plus en plus nombreuses à devoir ouvrir des places face au désengagement de l’État, l’hébergement d’urgence ne peut plus être géré comme une variable d’ajustement budgétaire. Il est un levier fondamental pour garantir un socle minimal de dignité et de stabilité à celles et ceux qui, sans toit, n’ont plus accès à aucun droit. Dans un pays où la pauvreté atteint un niveau record, sécuriser ces places, c’est refuser l’indifférence face à la rue.

Créer un bouclier tarifaire locatif pour plafonner temporairement la hausse des loyers

Dans un contexte d’inflation persistante, le logement devient un facteur de précarisation massive. Cet amendement propose la création d’un bouclier tarifaire locatif, inspiré du mécanisme mis en œuvre avec succès pour l’énergie. L’objectif : plafonner temporairement la hausse des loyers, généraliser l’encadrement sur l’ensemble du territoire, et ainsi protéger les ménages modestes contre des augmentations devenues insoutenables. Cette mesure permettrait de prévenir les situations de surendettement, de réduire les expulsions locatives et de stabiliser les charges de logement, aujourd’hui parmi les plus lourdes dans le budget des foyers. Elle répond à une urgence sociale, en apportant une réponse structurelle à la crise du logement, tout en préservant la capacité des ménages à vivre dignement.

Nos autres propositions

Proposer la création d’un bonus social dans la répartition de la dotation globale de fonctionnement (DGF), afin de mieux soutenir les communes et intercommunalités confrontées à de fortes charges sociales.

Financer des postes de référents insertion pour les bénéficiaires du RSA, afin de soutenir les collectivités et les CCAS/CIAS dans la mise en œuvre de la réforme de janvier 2025.

Créer un registre national des logements de moins de 40 m² classés DPE G et F, pour inciter les propriétaires à réaliser les travaux nécessaires à la remise de leurs biens sur le marché locatif.

Généraliser la limitation de puissance des compteurs électriques lors des coupures d’électricité à l’ensemble des ménages.

Doubler le montant moyen du chèque énergie pour atteindre 300 €, et ramener ses seuils et plafond à respectivement 150 € et 450 €.

Proposer une augmentation de 10 centimes d’euro par mégawattheure de l’accise sur l’électricité, appliquée aux fournisseurs.

Proposer la création d’une contribution de solidarité alimentaire pour les gestionnaires de marchés publics n’organisant pas de dispositif de récupération alimentaire.

Reconduire l’enveloppe de 10 millions d’euros allouée à la qualité des prestations alimentaires dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).

Santé mentale : sortir d’un impensé social et de la rupture des parcours

La santé mentale constitue aujourd’hui un défi majeur de santé publique et un révélateur des fractures sociales de notre pays. Selon Santé publique France, un Français sur cinq est concerné par un trouble psychique au cours de sa vie. La situation est encore plus alarmante chez les jeunes – où les troubles anxieux, dépressifs ou suicidaires explosent – et dans les territoires ultramarins, où jusqu’à une personne sur trois est concernée (Guadeloupe, Martinique, Guyane). Or, ces territoires connaissent une pénurie critique de professionnels : entre 7 et 14 psychiatres pour 100 000 habitants, contre plus de 22 dans l’Hexagone. La carte des troubles psychiques recoupe celle des inégalités territoriales et sociales.

Les CCAS/CIAS en première ligne face à la détresse psychique

Partout en France, les agents des CCAS/CIAS, les professionnels des services sociaux de proximité et les acteurs associatifs sont en première ligne face à ces réalités : publics en grande détresse psychique, situations d’agressivité, isolement social, parcours chaotiques. Ils agissent souvent sans formation adaptée, ni reconnaissance des risques psychosociaux qu’ils encourent. Ces constats sont largement documentés dans les publications de l’Unccas ainsi que dans les retours du réseau et des groupes de travail territoriaux.

Des mesures ciblées pour renforcer les capacités d’agir

Pour répondre à ces enjeux, l’Unccas propose plusieurs amendements, dont : la création d’un fonds de soutien à hauteur de 900 000 euros pour les conseils locaux de santé mentale (CLSM), la mise en place d’un financement compensatoire pour permettre aux CCAS/CIAS d’appliquer pleinement le versement du complément de traitement indiciaire (CTI) ou encore le financement du déploiement des formations aux premiers secours en santé mentale (PSSM) auprès des agents publics, des professionnels de première ligne et des jeunes en insertion, avec un fléchage renforcé vers les territoires ultramarins. Ces propositions visent à renforcer les moyens, les compétences et la reconnaissance des acteurs de terrain, dans une approche pragmatique de la politique de santé mentale, en cohérence avec son statut de grande cause nationale de l’année 2025.

Nos principales propositions

Financer la formation de 10 000 agents des CCAS/CIAS par an aux premiers secours en santé mentale

Les agents de première ligne, en particulier dans les CCAS/CIAS, sont souvent démunis face aux troubles psychiques des usagers. Cette mesure permettrait de mieux repérer les signaux faibles, de soutenir sans stigmatiser et de renforcer la sécurité des agents comme des personnes accompagnées.

Lancer un rapport d’évaluation sur les difficultés d’accès à la santé mentale pour les jeunes en milieu rural

L’Inspection générale des affaires sociales a publié, en janvier 2025, un rapport sur la pauvreté et les conditions de vie des jeunes ruraux, abordant notamment la question de la santé mentale. Angle mort des politiques publiques, ce sujet mérite une évaluation approfondie. L’Unccas demande la réalisation d’un état des lieux national des besoins et des initiatives locales, afin d’adapter les politiques publiques à ces territoires marqués par de fortes inégalités et une pénurie persistante de professionnels.

Nos autres propositions

Créer un fonds de soutien de 900 000 € pour les coordinateurs de conseils locaux de la santé mentale.

Prévoir un financement spécifique pour déployer les formations aux premiers secours en santé mentale dans les territoires ultramarins.

Vieillir dignement, chez soi ou en établissement

Le vieillissement de la population transforme en profondeur notre modèle de solidarité. Face à cette transition démographique, les CCAS/CIAS sont en première ligne pour garantir un accompagnement de qualité, respectueux du choix de vie des aînés. Prévention, domicile, établissements : trois piliers indissociables doivent être consolidés pour bâtir une société du bien-vieillir à la hauteur des enjeux. Ensemble, ils tracent les contours d’une politique ambitieuse du grand âge, à construire dès maintenant.

Prévention : le levier sanitaire et budgétaire le plus efficace

Si l’espérance de vie progresse, celle en bonne santé stagne : en 2020, une femme de 65 ans vivait en moyenne 12,1 ans sans incapacité, un homme 10,6 ans. Ce statu quo pèse lourdement sur les finances publiques : chaque année gagnée sans incapacité représenterait près de 1,5 milliard d’euros d’économies pour l’Assurance maladie. Les chutes (10 000 décès, 130 000 hospitalisations annuelles) et les troubles psychiatriques, particulièrement présents en résidence autonomie, rappellent l’urgence d’une politique de prévention cohérente et structurée. L’Unccas appelle à clarifier les responsabilités et à renforcer la coordination locale pour faire de la prévention un véritable pilier du bien-vieillir.

Le virage domiciliaire : une exigence sociale et économique

Entre 2020 et 2025, la France a gagné deux millions de personnes âgées de 75 à 85 ans. D’ici à 2040, une majorité vivra avec une perte d’autonomie. Pour répondre à cette mutation, l’accompagnement à domicile doit être consolidé : il répond aux souhaits des personnes âgées et préserve l’équilibre du système. Réduire le taux d’entrée en Ehpad des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) – de 41 % à 37 % – suppose des investissements ciblés dans les services à domicile, largement portés par les CCAS/CIAS. Ces structures, déjà sous tension, manquent aujourd’hui de moyens et de personnel pour relever ce défi.

Des leviers d’action clairs et concrets sont nécessaires pour sécuriser ce virage domiciliaire et renforcer le maillage local.

Garantir la qualité de service : la reconnaissance des métiers comme condition du bien-vieillir

La crise des Ehpad publics est profonde : 60 % sont en déficit, 80 % rencontrent des difficultés de recrutement. Turnover, perte d’attractivité, épuisement professionnel fragilisent l’ensemble de la chaîne de soin et d’accompagnement. Les CCAS/CIAS, au cœur de l’accueil, de l’orientation et parfois de la gestion d’établissements, portent une expertise précieuse qu’il faut soutenir. Améliorer la qualité de l’accompagnement passe par la revalorisation des métiers, la montée en compétences et le renforcement des équipes de terrain.

Nos principales propositions

Se doter d’une augmentation responsable de 6 % de l’objectif global de dépenses (OGD) pour les personnes âgées afin d’amortir le choc démographique d’ici à 2040

Face à l’augmentation du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie, il est essentiel d’anticiper les besoins à venir. Le virage domiciliaire implique la création de 25 000 places supplémentaires en soins à domicile. Pour amortir le choc démographique d’ici à 2040, une hausse de 6 % de l’OGD dédié aux personnes âgées est à la fois réaliste et indispensable.

Soutenir les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) en difficulté pour prévenir la perte d’autonomie et garantir le maintien à domicile des personnes âgées socialement vulnérables

Alors que le maintien à domicile concentre 55 % des aides sociales aux personnes âgées, les SAAD sont étranglés financièrement : trois sur quatre sont en déficit, souvent sauvés in extremis par les communes ou les CCAS/CIAS. Non concernés par le fonds d’urgence voté pour les Ehpad et les services de soins infirmiers à domicile (Ssiad), ils subissent fermetures et fragilisations. Un fonds dédié de 150 millions d’euros est nécessaire pour éviter l’effondrement d’un pilier du virage domiciliaire.

Reconduire le fonds d’urgence et de soutien aux Ehpad publics en difficulté pour préserver et adapter l’offre médico-sociale territoriale

Les Ehpad publics, majoritairement gérés par les CCAS/CIAS, sont en grande difficulté : 59 % étaient en déficit en 2023, contre 26 % en 2020. Entre hausse des charges salariales, inflation, baisse des taux d’occupation et crises successives (Covid, Orpéa…), leur modèle économique est fragilisé. Pour éviter une perte durable de capacité d’accueil et garantir l’avenir de l’offre médico-sociale publique, il est nécessaire de reconduire un fonds de soutien de 250 millions d’euros, destiné aux établissements les plus en difficulté.

Transformer la réduction d’impôt de 25 % sur les frais de résidence en Ehpad en crédit d’impôt

Trop coûteuse, l’entrée en Ehpad est souvent retardée, accentuant dépendance et précarité. Avec un prix médian de 2 043€ / mois, 79 % des résidents ne peuvent couvrir leurs frais avec leurs seules ressources, et le reste à charge atteint en moyenne 850€ / mois. Pour soulager les familles, un crédit d’impôt remboursable de 25 % des frais d’hébergement et de dépendance – jusqu’à 2 500€ par an – offrirait une réponse plus juste et équitable que la réduction d’impôt actuelle.

Nos autres propositions

Expérimenter un forfait soins psychiatriques en résidence autonomie pour renforcer la qualité des parcours de vie.

Inclure dans chaque projet régional de santé un plan d’action chiffré visant à limiter autant que possible les hospitalisations évitables des personnes âgées de 75 ans et plus.

Renforcer le plan antichute, notamment en définissant un objectif de réduction de l’incidence des chutes et des décès induits, et en dotant les agences régionales de santé des outils nécessaires au recueil statistique.

Produire un rapport d’évaluation du programme national de prévention pour le secteur des personnes âgées, à domicile comme en établissement.

Suivre la trajectoire de 19 000 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires pour les services de soins à domicile d’ici 2030.

Garantir la trajectoire de 210 000 aides-soignants supplémentaires en Ehpad d’ici à 2030.

Prévoir un programme de formation des agents d’accueil du service public départemental de l’autonomie (SPDA).

Créer une passerelle entre la fin de l’engagement des jeunes volontaires en service civique solidarité séniors et leur entrée dans la vie active.

Inclure l’autonomie dans l’expérimentation des « Territoires zéro non-recours » inscrite dans le pacte des solidarités, afin de simplifier et faciliter l’accès aux droits des personnes âgées vulnérables.

Soutenir et valoriser les métiers du soin et du lien

Pilier invisible de l’action sociale, le travail des agents de terrain est aujourd’hui en danger. Faute de reconnaissance, de moyens et de perspectives, les vocations s’étiolent, alors même que les besoins explosent. Former, soutenir et stabiliser les professionnels est une condition indispensable pour garantir l’accès aux droits, la continuité du service public local et la qualité de l’accompagnement.

Mieux former les agents des CCAS/CIAS pour garantir l’attractivité des métiers

Les métiers du soin et du lien social, pourtant au cœur de la cohésion de nos territoires, sont en perte de vitesse. Les CCAS/CIAS, employeurs de proximité indispensables, font face à un triple constat : désaffection durable, épuisement des agents et tensions de recrutement croissantes. Faible reconnaissance, salaires décourageants, surcharge administrative : les professionnels quittent ces métiers pourtant porteurs de sens. Pour enrayer cette spirale, un investissement massif dans la formation initiale et continue est indispensable. L’Unccas portera des propositions concrètes pour outiller les agents aux enjeux de demain (prévention, numérique, intelligence artificielle, petite enfance…).

Assurer les droits des usagers et l’accès aux services

L’accès aux droits reste trop souvent un parcours du combattant, en particulier pour les plus fragiles. Les CCAS/CIAS sont des relais indispensables pour maintenir le lien entre usagers et institutions. Mais pour exercer ce rôle, encore faut-il que les services eux-mêmes soient accessibles. Cela suppose des agents formés aux réalités actuelles (autonomie, violences, inclusion numérique), mais aussi un cadre accueillant : locaux accessibles, démarches simplifiées, dispositifs lisibles. Au cœur de l’égalité d’accès à l’aide sociale, ces enjeux d’accessibilité, de lisibilité et de formation appellent des réponses structurelles détaillées dans nos propositions.

Nos principales propositions

Revaloriser la rémunération des métiers du travail social et médico-social afin de renforcer leur attractivité

L’attractivité des métiers du travail social et médico-social, essentiels à la cohésion sociale, reste fragilisée par un manque de reconnaissance et par des disparités salariales importantes entre les secteurs public, privé lucratif et associatif. Pour y remédier, l’Unccas propose une revalorisation généralisée de 10 à 15 % des grilles indiciaires, financée par un redéploiement ciblé des crédits ministériels. Cette mesure permettrait d’améliorer significativement la rémunération et l’attractivité de ces professions.

Parallèlement, il est essentiel d’amplifier les campagnes de promotion, comme la plateforme Prendre soin, dès le collège et jusqu’à l’enseignement supérieur, pour valoriser ces carrières porteuses de sens auprès des jeunes.

Créer un droit à une formation et à un accompagnement psychologique pour les proches aidants

Les proches aidants jouent un rôle clé dans le maintien à domicile des personnes dépendantes, souvent au prix de leur santé physique et mentale. Pourtant, aucun droit réel à la formation ou au soutien psychologique ne leur est garanti. L’Unccas propose de créer un droit opposable à une formation gratuite de base et à un accompagnement psychologique adapté, financé par les acteurs de l’action sociale. Une mesure essentielle pour prévenir l’épuisement des aidants, sécuriser les parcours d’aide à domicile et reconnaître pleinement leur engagement.

Former les travailleurs sociaux à l’usage de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle bouleverse profondément le travail social, en transformant les pratiques professionnelles et les relations d’accompagnement. Elle offre à la fois des gains d’efficacité majeurs et soulève de nouveaux défis éthiques. Face à ces mutations rapides, il est urgent de former les travailleurs sociaux pour qu’ils maîtrisent pleinement ces outils, en garantissant un usage respectueux de l’humain et sécurisé des données personnelles. L’Unccas propose d’intégrer cette formation dans les dispositifs mobilisables via le compte personnel de formation (CPF), afin de renforcer les compétences des professionnels et d’assurer une adoption responsable de l’intelligence artificielle dans le secteur social.

Nos autres propositions

Financer des postes de référents insertion dans les CCAS/CIAS, conformément à la réforme de janvier 2025.

Former les agents des CCAS/CIAS à la détection des violences faites aux femmes et aux enfants.

Former les agents des CCAS/CIAS aux nouvelles missions du service public de la petite enfance (SPPE).

Soutenir, à titre expérimental, la mise en place d’une carte « famille monoparentale » pour faciliter l’accès aux droits et simplifier les démarches administratives des familles concernées.

Recentrer les financements existants pour l’accessibilité des bâtiments publics sur ceux des collectivités territoriales, conformément aux engagements de la loi de 2005.

Conclusion : Reconnaître les CCAS/CIAS comme acteurs stratégiques de la cohésion sociale

Face aux urgences sociales et démographiques, l’Unccas souhaite rappeler une évidence trop souvent négligée : les CCAS/CIAS sont les premiers acteurs de terrain de la solidarité publique. Ancrés au cœur des territoires, ils accompagnent chaque jour les publics les plus fragiles. Pourtant, leur rôle reste insuffisamment reconnu, et leurs moyens – humains comme financiers – demeurent à la peine. Les propositions portées par l’Unccas s’inscrivent dans une ambition claire : consolider l’accès aux droits essentiels (logement, énergie, alimentation, autonomie), renforcer l’action sociale locale et soutenir durablement les professionnels du soin et du lien. À l’heure où l’inflation, le vieillissement de la population et les crises successives creusent les inégalités, l’État doit tenir ses engagements, garantir des trajectoires budgétaires claires et sécuriser les moyens de cette action de proximité. Car sans reconnaissance ni renfort, ce sont les fondations mêmes de la solidarité locale qui vacilleront. L’Unccas appelle les parlementaires et le gouvernement à faire des CCAS/CIAS des leviers stratégiques d’une politique publique ambitieuse, juste et adaptée aux réalités du terrain. C’est à cette condition que nous pourrons, collectivement, bâtir une société plus solidaire, plus digne et plus humaine.

Qu’est-ce que l’Unccas ?

L’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) est la seule association qui fédère et représente les centres (inter)communaux d’action sociale (CCAS /CIAS). Elle joue un rôle essentiel dans la promotion de l’action sociale locale, en soutenant les communes dans la mise en œuvre de leurs politiques sociales et en offrant des services et des outils pour améliorer la prise en charge des populations les plus vulnérables.

Nos 4 grandes missions :

Faire entendre la voix des CCAS/CIAS

Accompagner les CCAS/CIAS sur le plan juridique et technique

Informer de manière régulière et décryptée

Former les CCAS/CIAS grâce à notre réseau d’unions départementales de CCAS (Udccas)

Pour cela, l’Unccas s’appuie sur :

Un bureau national composé de 15 vice-présidents

Un conseil d’administration composé de 54 élus

Notre réseau d’adhérents (au 30 juin 2025)

77 Udccas

22 salariés

4 282 adhérents

9 600 communes

4056 CCAS

226 CIAS & APCI

126 000 agents représentés à travers les CCAS et CIAS adhérents

représente plus de 50 millions d’habitants, soit 75% de la population française

Contact
4, rue d’Athènes – 75009 Paris
contact@unccas.org
www.unccas.org