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PARIS : Les incendies du Pantanal font ressortir le besoi…

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PARIS : Les incendies du Pantanal font ressortir le besoin urgent d’une action internationale en faveur des zones humides

La plus grande zone humide tropicale du monde, le Pantanal, est en feu.

Le nombre d’incendies dans ce haut lieu de la biodiversité mondiale a été multiplié par 10 depuis le début de l’année par rapport à 2023, et les rapports faisant état d’un assèchement sans précédent du fleuve Paraguay font craindre une nouvelle année record en matière de feu.

Le Pantanal peut difficilement se permettre de subir de nouveaux incendies. Il est encore en train de se remettre de la catastrophe de 2020, lorsque des incendies déclenchés accidentellement et criminellement par l’homme et aggravés par la crise climatique ont tué 17 millions de vertébrés sauvages, détruit près de 4 millions d’hectares et rejeté plus d’émissions de carbone que la Belgique sur l’ensemble de l’année.

EJF a publié aujourd’hui un nouveau briefing soulignant l’importance vitale des zones humides pour la faune et la flore, pour le climat et pour nous tous. Alors qu’elles ne représentent que 6 % de la surface de la Terre, ces zones humides abritent 40 % de toutes les espèces animales et végétales connues en dépendent, dont 30 % de toutes les espèces de poissons.

Elles jouent également un rôle important dans la lutte contre la crise climatique. Les tourbières, par exemple, ne couvrent que 3 % de la planète, mais stockent un quart du carbone du sol. Sur l’ensemble des zones humides, une personne sur huit en tire ses moyens de subsistance ; elles fournissent de l’eau propre, une protection contre les tempêtes et une myriade d’autres avantages directs pour nous tous.

Mais cette importance ne s’est pas accompagnée d’une action politique visant à les protéger, souligne EJF. À l’échelle mondiale, 35 % des zones humides naturelles ont disparu en seulement 45 ans, de 1970 à 2015, soit un taux de destruction trois fois plus élevé que celui des forêts. La crise climatique, l’expansion de l’agriculture, les espèces envahissantes et la pollution constituent également des menaces majeures pour la survie de ces écosystèmes irremplaçables.

Alors même que les zones humides du monde entier apportent chaque jour un appui essentiel aux citoyens de l’UE, les chaînes d’approvisionnement de l’UE favorisent la destruction des zones humides à l’échelle industrielle, selon une étude de EJF. En moins d’une décennie, une zone du Pantanal quatre fois plus grande que Paris a été convertie en pâturages pour alimenter le marché européen en bœuf et en soja. Le travail forcé est courant dans l’industrie brésilienne de l’élevage, et la violence contre les peuples indigènes du Pantanal et ses environs est scandaleusement banalisée, affirme l’ONG.

Pour mettre fin à ce cycle infernal, EJF recommande que le champ d’application du règlement de l’UE sur la déforestation soit élargi pour couvrir les zones humides, donnant ainsi à des biomes comme le Pantanal la protection dont ils ont besoin. Le briefing d’aujourd’hui présente d’autres mesures que tous les gouvernements gagneraient à prendre pour empêcher la disparition des zones humides telles que nous les connaissons, qu’il s’agisse d’inclure la conservation des zones humides dans les objectifs climatiques ou de reconnaître la contribution essentielle qu’elles apportent à tout être humain.

Steve Trent, PDG et fondateur de l’EJF, a déclaré : « Les dirigeants européens ont l’occasion et la responsabilité de défendre les zones humides. Le règlement sur la déforestation contribuera de manière significative à la protection de nos forêts, mais si son champ d’application n’est pas élargi, la vague de destruction ne fera que s’étendre à d’autres écosystèmes que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre. »

« Les zones humides sont des trésors de biodiversité, et nombre des espèces qu’elles abritent ne se trouvent nulle part ailleurs. C’est une raison suffisante pour les protéger. Mais nous dépendons aussi des zones humides. Si nous voulons nous attaquer à la crise climatique, nous protéger des tempêtes, soutenir les vies et assurer des moyens de subsistance, les zones humides sont le point de départ de notre action. Chaque investissement que nous faisons pour les protéger et les restaurer aujourd’hui sera largement rentabilisé demain. J’exhorte tous les gouvernements de notre planète à s’engager à les défendre dès à présent. Quand les zones humides prospèrent, c’est toute la planète qui prospère. »