Skip to main content

PARIS : Les codeurs prennent les devants à l’ère du no-code

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
23 Avr 2024

Partager :

PARIS : Les codeurs prennent les devants à l’ère du no-code

N’est-ce pas paradoxal que les codeurs qui combattaient autrefois le mouvement no-code en soient désormais les leaders ?

L’équipe Technology without Borders a observé cette tendance inattendue marquer un tournant décisif dans le secteur technologique, déclenchant une nouvelle vague d’innovation et d’accessibilité.

« Les logiciels dévorent le monde » – une prédiction percutante de Marc Andreessen, pionnier d’Internet et investisseur. La révolution logicielle qui s’empare du monde d’aujourd’hui est poussée encore plus loin, grâce à un allié surprenant : les plateformes no-code.
Promettant de démocratiser le développement logiciel, elles permettent de créer des applications sans écrire une seule ligne de code. Étonnamment, ces plateformes, conçues pour permettre à ceux qui n’ont pas de formation formelle en programmation de créer des logiciels, sont adoptées en masse par ceux qui savent coder – une ironie qui mérite d’être examinée.

Éclairage sur les plateformes No-Code

Les plateformes no-code dotent les utilisateurs des outils nécessaires pour créer des applications logicielles sans écrire de code. En utilisant des interfaces utilisateur graphiques, des fonctionnalités de glisser-déposer, des modèles préconçus et des blocs logiques, ces plateformes ouvrent le monde de la création numérique à ceux qui pourraient autrement en être exclus.
L’intention est claire : démocratiser le développement logiciel. Offrir à tous l’accès aux outils de création numérique permet d’élargir le vivier de créateurs d’applications potentiels et d’accélérer le développement d’applications. Cela pourrait accélérer la transformation numérique des entreprises et permettre aux gens de concrétiser leurs projets.

Pourquoi les codeurs se ruent-ils sur le No-Code ?

Malgré leurs compétences en programmation, de nombreux développeurs tirent parti des plateformes no-code.

Leurs raisons sont nombreuses et variées :

  • Efficacité : Les plateformes no-code peuvent considérablement réduire le temps de développement, libérant ainsi les codeurs pour se concentrer sur des tâches plus complexes et à forte valeur ajoutée.
  • Prototypage : Ces plateformes sont idéales pour créer rapidement des prototypes afin de valider des idées ou de démontrer des concepts sans investir beaucoup de temps dans le codage.
  • Intégration et automatisation : Les développeurs utilisent les plateformes no-code pour intégrer divers services et automatiser les flux de travail, qui sont souvent longs et compliqués à construire à partir de zéro.
  • Autonomisation des équipes : En adoptant des outils no-code, les codeurs permettent aux membres non techniques de l’équipe de contribuer directement au processus de création d’applications, renforçant ainsi la collaboration.

Croissance du marché du No-Code et intérêt des développeurs

Le marché du no-code/low-code se développe à un rythme rapide. Selon Gartner, d’ici 2023, il devrait atteindre 26,9 milliards de dollars pour les moyennes et grandes entreprises, qui auront adopté le low-code/no-code comme l’une de leurs plateformes d’applications essentielles.
De plus, des enquêtes et des études suggèrent un intérêt croissant des développeurs pour les plateformes no-code – l’enquête Statista de 2020 prévoyait que l’utilisation de plateformes no-code/low-code atteindrait environ 65 milliards de dollars américains d’ici 2027 dans leurs projets.

Défis et faux pas

Bien que les plateformes no-code aient leur part de succès, elles ne sont pas sans défis :

  • Pas une solution universelle : Malgré les nombreux avantages, les plateformes no-code peuvent ne pas convenir à tous les projets, en particulier ceux nécessitant des solutions complexes et sur mesure.
  • Problèmes de performances et d’évolutivité : Il peut y avoir des limitations en termes de performances et d’évolutivité pour les applications créées sur des plateformes no-code par rapport à celles développées via le codage traditionnel, en particulier pour les applications à grande échelle et à fort trafic.

L’avenir du No-Code – Un soutien, pas un remplacement

À mesure que l’adoption des plateformes no-code par les codeurs se développe, une vision d’avenir émerge où le no-code et le codage traditionnel coexistent en tant qu’approches complémentaires plutôt que concurrentes. Spyros Tsoukalas, doctorant à Technology without Borders et chercheur dans le domaine du no-code, suggère que « les développeurs continueront à tirer parti du no-code pour son efficacité tout en se tournant vers le codage traditionnel lorsque des solutions personnalisées sont nécessaires. » Il ajoute : « Le rôle du développeur évolue pour inclure un ensemble de compétences plus large, comprenant le travail avec des plateformes no-code, la compréhension des besoins de l’entreprise et la collaboration entre disciplines. »
Si l’essor des plateformes no-code nous a appris quelque chose, c’est que le développement logiciel n’est pas statique. À mesure que les outils et les technologies de développement continuent d’évoluer, le rôle du codeur évoluera également. Alors, envisageons-nous un avenir où tout le monde est codeur – ou personne ne l’est ? Peut-être que l’avenir est dépourvu de termes absolus ; à la place, c’est un monde où le codage n’est qu’un outil parmi une panoplie d’outils de création numérique. Si c’est l’avenir vers lequel nous nous dirigeons, il semble plein de promesses.

https://techwb.org/