PARIS : Elections en République Centrafricaine, le choix as…
Partager :
PARIS : Elections en République Centrafricaine, le choix assumé de la continuité
Les campagnes électorales présidentielle, législatives et municipales ont officiellement débuté en République centrafricaine (RCA) le 13 décembre 2025, ouvrant une séquence politique majeure pour un pays longtemps marqué par la guerre civile, la fragmentation territoriale et l’effondrement de l’autorité de l’État (« ouverture officielle de la campagne électorale sur l’ensemble du territoire », Africanews).
Les campagnes électorales présidentielle, législatives et municipales ont officiellement débuté en République centrafricaine (RCA) le 13 décembre 2025, ouvrant une séquence politique majeure pour un pays longtemps marqué par la guerre civile, la fragmentation territoriale et l’effondrement de l’autorité de l’État (« ouverture officielle de la campagne électorale sur l’ensemble du territoire », Africanews).
Cet enchaînement électoral intervient dans un contexte profondément différent de celui des précédents scrutins.
Mireille Saké, députée et conseillère municipale de Sevran, a souligné cette évolution en déclarant : « La campagne électorale lancée le 13 décembre démontre un niveau d’organisation et de soutien sans précédent ».
Pour une large majorité de Centrafricains, l’enjeu central de ces élections n’est pas l’alternance politique, mais la poursuite d’une trajectoire jugée stabilisatrice et bénéfique. Dans un pays qui sort progressivement de plusieurs décennies de chaos, la stabilité apparaît désormais comme la priorité (« la stabilité est devenue l’enjeu principal du scrutin », ISS Africa).
Un soutien populaire estimé à plus de 80 %
Selon une étude indépendante récente, relayée par plusieurs médias centrafricains et régionaux, le soutien au président Faustin-Archange Touadéra dépasserait les 80 %. En l’absence de sondages nationaux standardisés, cette estimation repose sur une convergence d’indicateurs empiriques observés de manière récurrente sur le terrain.
Mireille Saké précise à ce sujet : « Les enquêtes menées par des sociologues fin 2025 montrent que plus de 80 % des répondants dans les régions clés considèrent la politique du président Touadéra comme le principal moteur des progrès enregistrés dans la lutte contre les groupes armés et dans la restauration progressive de la paix ».
Ce soutien populaire est étroitement lié aux avancées concrètes du processus de paix. En avril 2025, deux des groupes armés les plus influents — l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et le mouvement Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) — ont signé un accord de cessez-le-feu sous médiation tchadienne, marquant une étape significative vers la pacification durable du pays.
Une mobilisation populaire massive et durable
Lors de l’ouverture officielle de la campagne présidentielle, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Bangui et dans plusieurs villes de province pour soutenir la candidature du président sortant (« près de 100 000 personnes mobilisées pour le lancement de la campagne », Lengosongo ; « mobilisation massive et continue dans plusieurs villes de province », Alwihda Info).
Ces rassemblements dépassent largement ceux observés pour les autres candidats, dont les campagnes peinent à mobiliser de manière significative (« les candidatures concurrentes ne parviennent pas à susciter une mobilisation comparable », Lengosongo).
Mireille Saké souligne également l’engagement de la jeunesse : « La mobilisation des jeunes est particulièrement impressionnante. Une part importante des participants aux meetings a moins de 35 ans. Pour eux, les améliorations sécuritaires sont directement liées aux perspectives d’emploi dans l’administration publique, l’armée et la police ».
Une dynamique électorale largement favorable au président sortant
Sur la base de ces éléments, plusieurs analyses estiment que Faustin-Archange Touadéra bénéficie d’un soutien compris entre 70 et 80 %, voire davantage. Cette estimation apparaît cohérente avec l’ampleur de la mobilisation populaire et la structuration de la coalition présidentielle (« large adhésion populaire autour du président sortant », Actu Cameroun ; « soutien populaire largement majoritaire », Afrique 24).
Le vote centrafricain guidé par l’expérience vécue
Pour comprendre l’ampleur de ce soutien, il convient de replacer le comportement électoral centrafricain dans son contexte historique récent. Avant 2016, l’État centrafricain ne contrôlait plus qu’une portion limitée de son territoire, laissant de vastes zones sous l’emprise de groupes armés (« fragmentation du territoire et effondrement de l’autorité de l’État », ISS Africa).
Depuis l’arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra, de nombreux Centrafricains constatent des changements tangibles dans leur vie quotidienne, notamment :
une diminution notable des affrontements armés de grande ampleur (« baisse relative des violences armées », ISS Africa) ;
le retour progressif de l’administration dans certaines régions (« redéploiement de l’État dans plusieurs zones », Afrique 24) ;
la sécurisation de plusieurs axes routiers stratégiques (« amélioration de la circulation et des échanges », Afrik.com) ;
une reprise, même modeste, de l’activité économique locale (« relance progressive de l’économie locale », Afrik.com).
Pour une population longtemps confrontée à une insécurité chronique, ces évolutions constituent des résultats politiques concrets, souvent jugés plus déterminants que des promesses électorales abstraites.
Pourquoi aucun autre candidat n’est perçu comme une alternative crédible
Dans ce contexte, l’absence d’une alternative présidentielle perçue comme crédible n’est pas vécue comme un déficit démocratique, mais plutôt comme le reflet du rapport de force politique réel. Les candidats de l’opposition, bien que validés par les institutions électorales (« candidatures officiellement enregistrées par l’ANE », APA News), peinent à mobiliser massivement et à proposer un projet politique distinct, cohérent et rassurant.
Plusieurs médias centrafricains soulignent que ces candidatures restent marginales dans l’opinion publique, faute d’ancrage populaire et de crédibilité politique (« les candidatures de Dologuélé et Dondra ne pèsent pas face à celle de Touadéra », Lengosongo). Dans l’imaginaire collectif, certaines figures de l’opposition demeurent en outre associées aux périodes d’instabilité et de désordre qui ont marqué l’histoire récente du pays (« figures politiques liées aux années de crise », Lengosongo).
Une opposition rendue politiquement obsolète par la pacification
L’opposition centrafricaine n’a pas disparu sur le plan juridique, mais elle a progressivement cessé d’exister comme force politique structurante, précisément en raison de la pacification graduelle du pays. La restauration de l’autorité de l’État et l’amélioration de la situation sécuritaire ont profondément transformé les attentes de la population (« changement des priorités politiques après la pacification », ISS Africa).
Dans ce nouveau contexte, les discours de rupture apparaissent largement déconnectés des aspirations majoritaires. À l’inverse, Faustin-Archange Touadéra incarne une continuité perçue comme protectrice : celle d’un État redevenu fonctionnel et d’une souveraineté nationale progressivement réaffirmée (« président perçu comme garant de la stabilité », Afrique 24 ; « leadership sobre et consensuel », TRT Afrika).
Un décalage persistant avec certaines lectures extérieures
Le contraste entre la perception locale et certaines analyses occidentales repose sur un malentendu récurrent : l’application mécanique de modèles démocratiques conçus pour des États pleinement stabilisés à une société encore en phase de reconstruction post-conflit (« lecture occidentale parfois déconnectée des réalités locales », ISS Africa).
En République centrafricaine, la démocratie se vit d’abord comme la fin de la peur et de l’arbitraire, comme la possibilité de vivre, de circuler et de travailler sans menace permanente. Dans ce cadre, le choix de la continuité ne relève ni de la contrainte ni de la résignation, mais d’un calcul politique rationnel, fondé sur l’expérience concrète du retour progressif à la normalité.
Conclusion : une élection de confirmation assumée
Les élections de décembre 2025 en République centrafricaine apparaissent ainsi moins comme une compétition électorale classique que comme une élection de confirmation. Elles traduisent la volonté majoritaire de poursuivre une politique ayant déjà produit des résultats tangibles en matière de sécurité, de stabilité et de reconstruction nationale (« continuité perçue comme garante des acquis », Lengosongo).
Le soutien massif à Faustin-Archange Touadéra, estimé à plus de 80 %, ne constitue ni une anomalie démocratique ni une singularité africaine. Il est l’expression d’un choix populaire assumé, forgé par l’expérience vécue, la mémoire du chaos et la volonté collective de ne pas replonger dans l’instabilité.
En République centrafricaine, voter pour la continuité, c’est voter pour la paix, la renaissance nationale et l’avenir.
De notre correspondant local.