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PARIS : Le gendarme Fernand FLORENS et son épouse reconnus…

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PARIS : Le gendarme Fernand FLORENS et son épouse reconnus Juste parmi les Nations

Par le brigadier Cyprien Gandillon, Département de la valorisation, Service des archives et de la mémoire (Publié le 13 décembre 2025).

Pendant la Seconde guerre mondiale, Fernand Florens est gendarme dans les Alpes-Maritimes, au sein de la brigade de Saint-Étienne-de-Tinée. Il apporte son aide et sa protection à la famille Bruter, arrivée dans le village à la fin de l’année 1943. Fernand Florens et son épouse Angèle sont reconnus Justes parmi les Nations en 2008.

Né le 7 novembre 1913 à Gonfaron, dans le Var, Fernand Florens rejoint la gendarmerie en 1936, trois ans après avoir effectué son service militaire, et est affecté à la compagnie des Alpes-Maritimes, au sein de laquelle il effectuera toute sa carrière. Au début des années 1940, il épouse Angèle Landra. Le couple aura cinq enfants.

La famille Bruter à Saint-Étienne de Tinée.

Après la défaite française en juin 1940, Fernand Florens est gendarme à la brigade de Saint-Étienne-de-Tinée, alors en zone libre. À cette époque, il participe à cacher des réfractaires au Service du travail obligatoire.
Fin 1943 – début 1944, la famille Bruter arrive à Saint-Étienne-de-Tinée.
David Bruter, né en Bessarabie, étudie la médecine à Strasbourg. Il y rencontre Mathilde Arié, arrivée de Bulgarie avec sa mère. Ils se marient en 1935 et s’installent dans l’Oise. En 1938, ils deviennent parents d’une fille, Adine.
Mobilisé en 1939 en tant qu’infirmier, David Bruter est séparé de sa famille, qu’il finit par retrouver à Nice.
Le départ des forces d’occupation italiennes en septembre 1943 remet en cause la relative sécurité dont ils bénéficiaient jusqu’alors.

C’est dans ce contexte qu’à la fin de l’année, la famille Bruter s’installe à l’hôtel Beauséjour de Saint-Étienne-de-Tinée, le nom de famille ayant été modifié en Bruier.
Fernand Florens a alors pour mission de régulièrement contrôler l’identité des clients de l’hôtel : l’arrivée des Bruter ne passe donc pas inaperçu.
Un jour, le gendarme convoque David Bruter à la brigade, sans en préciser la raison. Inquiet, ce dernier s’y rend sans savoir à quoi s’attendre, mais découvre que le gendarme Fernand Florens a fait appel à lui en raison de sa qualité de médecin, l’une de ses deux filles étant malade. Mme Bruter, dentiste, soigne quant à elle le commandant de la brigade.

La famille Bruter bénéficie de l’aide du gendarme Florens.

Fernand Florens va alors veiller sur la famille Bruter pendant le restant de la guerre.
Un jour, alors que David Bruter et Fernand Florens marchent ensemble, ils aperçoivent une patrouille allemande. Sans prévenir David Bruter, le gendarme lui passe les menottes, à sa plus grande crainte. Arrivé à hauteur des Allemands, Fernand Florens leur présente son détenu comme un braconnier qu’il conduit à la brigade, le soustrayant ainsi à un éventuel contrôle.
La présence allemande rendant la région peu sûre, David Bruter est tenté de gagner l’Italie, comme le font alors de nombreuses personnes. La traversée de la frontière présentant de nombreux dangers, notamment celui de la trahison, Fernand Florens le dissuade de mettre son projet à exécution.
Obligés de quitter Saint-Étienne-de-Tinée, les Bruter changent de domicile à plusieurs reprises. Fernand Florens mobilise ses connaissances pour leur trouver des logements. Ils séjournent successivement à La Rougelle, chez les Fabre, à Roya, chez les Ponsi, avant de trouver refuge dans une bergerie, dans la montagne, où ils sont ravitaillés par le gendarme.

Afin d’offrir de meilleures conditions de vie à Adine, Fernand Florens propose à ses parents de l’accueillir chez lui, en tant que sa nièce. Adine Bruter s’intègre alors pleinement au sein de la famille Florens.
Le gendarme Fernand Florens participe également à constituer des stocks d’armes qui serviront à l’été 1944, lors de la Libération. Il s’illustre le 25 août lorsque le groupe FFI qu’il commande met en déroute une patrouille allemande. L’armée allemande partie, Fernand Florens vient annoncer la bonne nouvelle aux Bruter, qui regagnent alors Nice à bord d’un camion de l’armée américaine.

La carrière après la Seconde guerre mondiale.

En mars 1946, Fernand Florens est affecté à la brigade territoriale de Roquesteron. Promu maréchal des logis-chef au mois d’octobre suivant, il rejoint la brigade de Coursegoules, mais regagne Saint-Étienne de Tinée en 1948. En 1952, Fernand Florens reçoit la médaille militaire. Deux ans plus tard, il est affecté à la brigade de recherches de Grasse.
Prenant sa retraite en janvier 1960, Fernand Florens s’installe au Luc, dans le Var. Il décède le 29 mars 1978 à Grasse, dans les Alpes-Maritimes.
Angèle et Fernand Florens sont reconnus Justes parmi les Nations en 2008. Afin d’honorer la mémoire de Fernand Florens, la caserne de gendarmerie de Saint-Étienne-de-Tinée est baptisée Caserne maréchal des logis-chef Fernand Florens le 6 mai 2009.

Note :
Biographie réalisée à partir du dossier constitué par l’Institut Yad Vashem et les éléments fournis par la Section direction et information du département Gendarmerie nationale du Service historique de la Défense.