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PARIS : Le deuil est un enracinement dans la fidélité

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PARIS : Le deuil est un enracinement dans la fidélité

Alors que notre monde évacue la mort, ou la précipite, par l’euphémisante « aide à mourir », le deuil apparaît comme l’un des derniers lieux de vérité, qui nous ramène, de force, à ce que la modernité voudrait effacer, c’est-à-dire le tragique, la filiation, l’enracinement charnel de l’homme dans le temps, la terre et la lignée.

Alors que notre monde évacue la mort — ou la précipite — par l’euphémisante « aide à mourir », qui n’est autre qu’un protocole d’euthanasie, alors qu’il dissout la mémoire et transforme les disparitions en données froides, le deuil apparaît comme l’un des derniers lieux de vérité, qui nous ramène, de force, à ce que la modernité voudrait effacer, c’est-à-dire le tragique, la filiation, l’enracinement charnel de l’homme dans le temps, la terre et la lignée.

Souvent perçu uniquement sous l’angle de la souffrance psychique, le deuil est aussi et d’abord une épreuve au sens ancien du terme, c’est-à-dire une traversée intérieure, rude mais fondatrice, au cours de laquelle se joue la fidélité à ce qui a été — et, par-là, la possibilité de demeurer debout. La psychiatre suisse Elisabeth Kübler-Ross en a décrit les six grandes étapes : le choc, le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation, auxquelles j’ajoute la gratitude et le pardon, qui ne relèvent plus seulement du processus de survie, mais d’une véritable croissance post-traumatique. Ces deux derniers mouvements marquent un dépassement, en ce sens que non seulement l’individu a traversé l’épreuve, mais en est sorti grandi en devenant plus vaste intérieurement et apte à aimer à nouveau ; ce qui fait du deuil le chemin à parcourir de la mort à la vie.

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SOURCE : Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne.