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PARIS : Laurent GALVANI : « L’été, les cybercriminels ne prennent pas de vacances »
Dans une tribune, l’expert en cybersécurité Laurent Galvani alerte sur le pic des attaques informatiques estivales, une période à haut risque où la baisse de vigilance des entreprises devient critique.
Alors que les bureaux se vident pour les congés d’été, les cybercriminels, eux, entament leur période la plus active. C’est le constat alarmant que dresse Laurent Galvani, expert en cybersécurité GRC & Avant-Vente chez Fidens by TVH Consulting, qui observe ce phénomène se répéter chaque année. La période estivale réunit en effet toutes les conditions pour devenir un véritable cauchemar pour la sécurité des systèmes d’information (SI) des entreprises.
« Les pirates informatiques ne prennent pas de vacances. Ils les attendent », prévient Laurent Galvani.
Cette saisonnalité du risque est d’autant plus préoccupante que l’humain reste le maillon faible de la chaîne de sécurité. Selon des chiffres du World Economic Forum, repris par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), près de 95 % des incidents de cybersécurité impliquent une erreur humaine. Un clic malencontreux ou une procédure contournée suffit à paralyser une organisation.
Un cocktail de risques fatal : effectifs réduits et vigilance en berne
Les attaquants exploitent une réalité simple : pendant l’été, la surveillance des réseaux informatiques tourne au ralenti. Avec des équipes IT et cybersécurité en effectifs réduits, les délais de détection et de réaction à une intrusion s’allongent considérablement. Une attaque qui serait contenue en quelques heures en temps normal peut ainsi passer sous les radars pendant plusieurs jours, laissant le champ libre aux criminels pour exfiltrer des données ou déployer un rançongiciel.
Parallèlement, la vigilance des collaborateurs fond au soleil. La fatigue de fin d’année ou l’euphorie d’un retour de congés rendent les salariés moins méfiants face aux tentatives de hameçonnage (phishing). Cette baisse d’attention est une aubaine pour les arnaques comme la « fraude au président », qui connaît un pic estival. Le scénario est bien rodé : un faux courriel du dirigeant, prétendument en vacances et injoignable, exige un virement urgent. Le remplaçant, peu familier des protocoles, s’exécute souvent sans oser vérifier, entraînant des pertes financières parfois colossales.
Le phishing s’adapte à la saison
Les cybercriminels font preuve d’un marketing redoutable en adaptant leurs campagnes aux centres d’intérêt de la saison. Les prétextes se multiplient pour inciter au clic : fausses offres promotionnelles pour des festivals ou des compétitions sportives, billets d’avion à prix cassés, locations de vacances frauduleuses, ou encore arnaques liées à l’actualité comme de fausses primes carburant. Ces campagnes ciblées jouent sur le désir et l’envie, poussant même les employés les plus avertis à cliquer sur un lien malveillant reçu sur leur messagerie professionnelle, compromettant ainsi leur poste de travail et potentiellement l’ensemble du réseau de l’entreprise.
Une surface d’attaque élargie par la mobilité
L’organisation même du travail en été accroît les risques techniques. Les opérations de maintenance et l’application des correctifs de sécurité sont souvent reportées, laissant des failles connues ouvertes plus longtemps.
De plus, la pratique du télétravail depuis un lieu de villégiature étend dangereusement la surface d’attaque. Les connexions depuis des réseaux Wi-Fi publics (hôtels, campings, cafés) ne présentent aucune des garanties de sécurité du réseau d’entreprise. L’usage d’équipements personnels (BYOD – Bring Your Own Device) et la dispersion géographique des équipes rendent la supervision du système d’information bien plus complexe, au moment même où les ressources humaines pour l’assurer sont au plus bas.
Anticiper pour un été cyber-résilient
Face à cette menace prévisible, Laurent Galvani insiste sur la nécessité d’une préparation rigoureuse.
Il recommande plusieurs mesures de bon sens :
– Établir un plan de continuité estival avec des procédures de réponse aux incidents et des astreintes clairement définies.
– Renforcer la sensibilisation des équipes avant les départs sur les risques spécifiques à la saison.
– Durcir les procédures de validation pour les opérations sensibles (virements, changements de RIB) en imposant une double vérification systématique.
– Anticiper les mises à jour de sécurité critiques avant la période des congés.
– Encadrer strictement les accès à distance en rendant obligatoires le VPN et l’authentification multifacteur.
« La meilleure politique de sécurité du monde ne vaut rien si elle reste dans un tiroir pendant que les équipes sont sur la plage », conclut l’expert.
La résilience d’une organisation se mesure à sa capacité à maintenir son niveau de protection en toutes circonstances, y compris lorsque l’activité ralentit. Les cybercriminels, eux, ne s’arrêtent jamais. La question n’est donc pas de savoir si une entreprise sera ciblée cet été, mais si elle a pris les mesures pour y faire face.
Pour plus d’informations sur le facteur humain dans la cybersécurité, consulter le site de la DGSI : https://www.dgsi.interieur.gouv.fr/facteur-humain-principal-vecteur-de-compromission-des-systemes-dinformation
via Presse Agence.


