Passer au contenu principal

PARIS : Lara ROUYRES : « J’ai souhaité que les femmes…

Partager :

PARIS : Lara ROUYRES : « J’ai souhaité que les femmes qui prennent soin de leur santé soient récompensées financièrement »

Dimanche 8 mars, la startup Elsee Care bouscule les codes de la prévention santé en remboursant directement les activités sportives des femmes.

La Sécurité sociale rembourse les soins, mais finance-t-elle la bonne santé ? C’est le paradoxe soulevé en ce début mars 2026 par plusieurs acteurs de la French Tech et du monde de la santé. Alors que l’adage « mieux vaut prévenir que guérir » fait consensus, les dépenses liées à l’hygiène de vie, comme le sport ou la nutrition, restent majoritairement à la charge des ménages. Une barrière financière que la startup Elsee Care (https://www.elsee.care/) entend lever, en ciblant spécifiquement le public féminin à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Une rupture dans la prise en charge

Si le lien entre activité physique et santé n’est plus à prouver, la prise en charge financière a longtemps été timide. Dès 2017, un décret permettait la prescription d’activité physique (https://sante.gouv.fr/archives/archives-presse/archives-breves/article/mise-en-oeuvre-de-la-prescription-de-l-activite-physique) par le médecin traitant. Toutefois, ce dispositif restait cantonné aux patients en Affection de Longue Durée (ALD), laissant de côté la prévention primaire pour le grand public.

C’est dans cette brèche que s’engouffre Elsee Care. L’entreprise propose désormais de rembourser des cours allant du fitness au yoga, en passant par le pilates ou la natation. « En attendant que le sport soit remboursé par la sécurité sociale ou par l’ensemble des mutuelles, j’ai souhaité que les femmes qui prennent soin de leur santé soient récompensées financièrement de leurs efforts », explique Lara Rouyres, cofondatrice de la structure et Présidente de la French Tech Grand Paris.

Pourquoi cibler les femmes ? Les études mises en avant par la startup soulignent qu’elles sont les « moteurs » de la prévention santé. Selon l’ANSES, elles sont les premières consommatrices de compléments alimentaires et pratiquent davantage de disciplines douces comme le yoga (23,3 % contre 10,3 % chez les hommes selon les données américaines).

Un gain de pouvoir d’achat concret

Le modèle économique présenté se veut disruptif : il ne s’agit pas seulement d’une couverture, mais d’un système de récompense. Le mécanisme repose sur des partenariats et un effet de réseau permettant aux utilisatrices de récupérer davantage que leur mise initiale.

Camille, une adhérente de la première heure, témoigne de cet impact sur son budget quotidien : « Ce qui est bluffant, c’est que les remboursements que je reçois sont toujours très supérieurs à ce que je cotise. C’est comme si j’étais payée pour continuer à faire du sport ».

Selon les données communiquées par Elsee Care, pour 100 euros de cotisation, les adhérentes récupèrent en moyenne 150 euros. Ce système vise à transformer la dépense sportive, souvent perçue comme un « luxe » ou une variable d’ajustement budgétaire, en un levier de pouvoir d’achat.

L’entreprise, nouveau terrain de santé publique

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement de fond où le secteur privé pallie les limites du système public. Les employeurs sont de plus en plus nombreux à saisir l’enjeu de la santé préventive pour leurs équipes.

Le baromètre du sport en entreprise (https://www.harmonie-mutuelle.fr/marque/a-propos/espace-presse/communiques-presse/barometre-2024-sport-entreprise), réalisé par Harmonie Mutuelle, A.S.O et l’institut CSA, dresse un état des lieux éclairant. Dès 2024, 97 % des dirigeants ayant mis en place des activités physiques constataient un accueil positif de leurs salariés. Plus significatif encore, 75 % des décideurs estimaient que cela avait un impact direct sur la santé et le bien-être des collaborateurs, et près d’un tiers y voyaient un gain de performance économique.

Cependant, des inégalités persistent. Si 58 % des salariés dont l’entreprise ne propose pas de sport souhaitent y avoir accès, tous les travailleurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les initiatives comme celle d’Elsee Care visent donc à démocratiser cet accès, indépendamment de la politique RH de l’employeur, en redonnant la main aux individus, et ici particulièrement aux femmes, sur leur capital santé.