Passer au contenu principal

PARIS : Laetitia NIAUDEAU : « Réduire le télétravail présen…

Partager :

PARIS : Laetitia NIAUDEAU : « Réduire le télétravail présente plus de risques que d’avantages »

Une étude de l’Apec révèle que le télétravail est solidement ancré, 94 % des entreprises prévoyant de maintenir leur politique en 2026.

Loin de l’image d’un retour en arrière généralisé, le télétravail demeure une pratique solidement installée dans le paysage professionnel français. C’est le constat majeur de la nouvelle étude annuelle de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), publiée ce jeudi, qui analyse le bilan de l’année 2025 et les perspectives pour 2026. Contre les discours alarmistes, les chiffres montrent une grande stabilité et un attachement profond des cadres comme des entreprises à ce mode d’organisation.

« Les décisions médiatisées de quelques grandes entreprises de réduire le télétravail ont donné l’impression d’un retour en arrière. En réalité, cela ne concerne que très peu d’entreprises. Et pour la majorité des entreprises, réduire le télétravail présenterait aujourd’hui plus de risques que d’avantages, notamment en matière d’attractivité et de fidélisation des talents », analyse Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec.

Un statu quo plébiscité par les entreprises

Les données de l’étude, menée en décembre 2025 auprès de 1 000 entreprises et 2 000 cadres, sont sans équivoque. En 2025, près de neuf entreprises sur dix (89 %) n’ont apporté aucune modification à leur politique de télétravail. Les ajustements à la baisse restent marginaux, ne concernant que 9 % des sociétés, principalement des TPE (8 %) et PME (10 %), contre seulement 5 % pour les ETI et grandes entreprises.

La tendance devrait non seulement se poursuivre mais s’accentuer en 2026, puisque 94 % des entreprises interrogées n’envisagent aucune évolution de leur politique dans les douze prochains mois. Seuls 3 % pensent la restreindre.

La crainte d’une perte d’attractivité

Cette stabilité s’explique par une prise de conscience des bénéfices du travail à distance et des risques d’un retour en arrière. Les entreprises sont 67 % à estimer que le télétravail a une influence positive sur la qualité de vie au travail et 45 % sur la productivité. Ces convictions sont encore plus marquées dans les grandes structures (respectivement 87 % et 61 %).

Par conséquent, les employeurs anticipent les effets néfastes qu’engendrerait une réduction des jours télétravaillés. Ils sont 38 % à craindre des difficultés de recrutement, 33 % une baisse d’engagement des salariés et 23 % une vague de départs. Pour les grands groupes, ces chiffres grimpent à 62 %, 58 % et 51 %, illustrant la sensibilité du sujet sur le marché des talents.

Un avantage devenu pilier de l’identité cadre

Du côté des salariés, l’attachement au télétravail ne se dément pas. Une large majorité se déclarerait mécontente si leur employeur réduisait (74 %) ou supprimait (80 %) cette possibilité. Plus significatif encore, près d’un cadre télétravailleur sur deux (48 %) envisagerait de changer d’entreprise si le télétravail était totalement supprimé.

Au-delà d’un simple confort, la flexibilité offerte par le travail hybride est devenue une composante essentielle du statut de cadre. Pour 43 % d’entre eux, « la liberté de choisir l’organisation et les méthodes de travail » est l’un des trois principaux avantages d’être cadre, juste après l’intérêt des missions (51 %).

Au-delà des jours, l’enjeu de la flexibilité

L’étude souligne que l’enjeu dépasse le simple décompte des jours travaillés à domicile. C’est la souplesse organisationnelle qui est plébiscitée. Actuellement, 61 % des cadres peuvent ajuster leurs jours de télétravail chaque semaine selon leurs besoins, et 47 % peuvent le faire sans validation managériale en cas d’imprévu.

Cette autonomie, citée par une étude précédente de l’Apec en septembre 2025 comme un levier majeur pour la parentalité en entreprise, est désormais perçue comme un acquis. Si 47 % des cadres anticipent une révision des modalités de gestion en 2026 (délai de prévenance, outils de suivi), seules 13 % des entreprises confirment avoir ce projet à l’ordre du jour. Le télétravail, plus qu’une tendance, s’est imposé comme un élément structurel du contrat de confiance entre les cadres et leurs employeurs.

L’Association pour l’emploi des cadres accompagne les cadres et jeunes diplômés dans leur parcours professionnel ainsi que les entreprises dans leurs recrutements. Toutes ses études sont disponibles sur son site institutionnel : https://corporate.apec.fr/