PARIS : « La transition écologique dans l’enseignement supérieur est un combat de tous les jours »
Aujourd’hui, 74 % des étudiants pensent que la mobilisation citoyenne est une solution efficace contre le réchauffement climatique.
Face à l’éco-anxiété ou au déni, ils opposent l’action concrète pour changer la donne. Entretien avec Mathis Fidaire, Président du Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire.
Mathis, qu’est-ce que le RESES ?
Mathis FidaireLe Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire est une association créée en 2007 lors des Assises du Développement Durable. Notre réseau national est composé de plus de 150 associations membres, réparties dans plus de 45 villes et sur plus de 120 campus. Il est animé par une équipe de salariés, des volontaires en service civique et de nombreux bénévoles. Si la transition écologique est centrale dans notre action, nous y intégrons également les problématiques de justice sociale et de solidarité. Ce que nous visons, c’est une transition écologique ambitieuse ET juste.
Concrètement, quelles sont vos actions ?
Mathis FidaireLe RESES se positionne sur trois grands champs d’action : rassembler, former et porter la voix des étudiants. Nous proposons des rencontres à l’échelle locale et nationale pour créer des passerelles inter-associatives. En 2023, les rencontres ont rassemblé 11 associations à Bordeaux, une trentaine à Paris, une soixantaine de personnes à Lille et une vingtaine à Montpellier. Nous formons aussi les jeunes aux enjeux écologiques, solidaires, climatiques et de biodiversité avec des guides, fiches et formations thématiques. Et bien sûr, nous organisons tous les trois ans une Consultation Nationale Étudiante pour faire connaître les attentes des étudiants en matière d’écologie et de solidarité. En 2023, ce sont 14 139 étudiants qui ont participé à la 6e CNE !
Justement, voyez-vous une évolution dans l’implication des jeunes ?
Mathis Fidaire Oui, la CNE 2023 montre que les jeunes souhaitent des changements systémiques en parallèle des changements individuels comme les écogestes. D’où un intérêt croissant pour le plaidoyer par exemple.
Sont-ils parfois confrontés à des difficultés ?
Mathis Fidaire Oui, bien sûr. Il y a sans cesse la quête de la légitimité quand on souhaite changer les choses, c’est pour ça que le RESES accompagne les associations et leurs membres pour monter en compétences et effacer ce sentiment d’illégitimité face à d’autres acteurs institutionnels par exemple. Il y a aussi la crainte d’une réaction forte, voire violente envers les personnes engagées sur nos thématiques, qui s’accentue avec la montée de l’anti écologisme.
Quels sont les obstacles pour le RESES ?
Mathis Fidaire La transition écologique et la question étudiante ne sont pas centrales dans l’agenda politique, ce qui rend difficile le fait de porter des messages forts pour faire face aux crises climatiques et à la précarité étudiante par exemple. Il y a une vraie crainte que cela s’accentue dans les années à venir et que nos sujets disparaissent des préoccupations.
En quoi consiste votre plaidoyer ?
Mathis Fidaire Il porte sur deux axes. Le premier concerne l’alimentation durable, afin de proposer une transformation profonde de la restauration collective universitaire via les CROUS et permettre à chaque étudiante et étudiant d’avoir un repas sain, durable et accessible. Cela s’est concrétisé par un livret de propositions distribué largement aux décideurs. Le deuxième axe, c’est la CNE, qui est un plaidoyer à part entière puisqu’elle comporte des propositions. Le RESES occupe une place grandissante dans l’espace institutionnel, notre positionnement est souvent écouté et nous sommes régulièrement reçus par des décideurs, même si nous ne sommes pas forcément entendus.
Sur le volet formation, où en est-on aujourd’hui en France ?
Mathis Fidaire Un cap a été franchi en 2022, lorsque la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a annoncé que tous les cursus à partir du niveau Bac + 2 allaient adapter leurs enseignements existants pour y intégrer les enjeux écologiques et proposer des enseignements spécifiques à la transition écologique d’ici 2025. C’est une avancée majeure. Le problème reste de savoir comment la financer, puisque rien n’est prévu par le gouvernement à ce niveau-là. Il faut passer des paroles aux actes pour ne pas rester dans le déclaratif.
Avez-vous des succès à partager ces dernières années ?
Mathis Fidaire Oui ! En 2022, à la suite de la crise sanitaire et la mise en lumière de la précarité alimentaire étudiante, nous avons lancé la Convention Étudiante de l’Alimentation Durable. Nous avons sélectionné 40 étudiantes et étudiants sur des critères de représentativité de la population française qui ont été formés par des experts aux enjeux des systèmes alimentaires et agricoles, ainsi qu’au fonctionnement des institutions européennes. Entre 2023 et 2024, ces étudiants ont planché sur une série de propositions concrètes qui ont été présentées par une délégation de 6 d’entre eux aux députés et candidats aux élections européennes : fixation de prix planchers, agriculture durable, Sécurité sociale de l’alimentation… C’est le fameux livret de propositions que je mentionnais tout à l’heure. Par ailleurs, en 2023, nous avons lancé un appel à projets avec Pioche !, média national qui parle d’écologie à travers le prisme de la culture, afin de valoriser les initiatives étudiantes les plus marquantes de notre réseau. Cela nous a permis de gagner en visibilité.
Pour finir, quel message souhaitez-vous faire passer aux jeunes sur la transition écologique ?
Mathis Fidaire Faire émerger et prospérer le sujet de la transition écologique dans l’enseignement supérieur et ailleurs est un combat de tous les jours, mais je suis certain que nous y arriverons.
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