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PARIS : La nouvelle génération d’exploitants affiche…

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PARIS : La nouvelle génération d’exploitants affiche une détermination sans faille face aux obstacles

Au Salon de l’Agriculture, Eloi révèle que la relève agricole reste déterminée et confiante malgré de lourds obstacles structurels et administratifs.

C’est une photographie inédite du paysage agricole français que dévoile Eloi en ce mercredi 25 février 2026, en plein cœur du Salon International de l’Agriculture (SIA PRO). La société à mission, spécialisée dans la transmission des fermes, publie la première édition de son Baromètre de l’Installation Agricole. Réalisée entre janvier et février 2026 auprès de plus de 400 répondants, cette étude dresse un état des lieux sans filtre : si le parcours du combattant est une réalité, le moral des troupes reste au beau fixe.

Des profils en rupture avec les clichés traditionnels

L’agriculture française vit une mutation sociologique profonde. Loin de l’image d’épinal de la transmission familiale systématique, le baromètre souligne l’émergence de nouveaux profils. L’étude révèle que 62 % des porteurs de projets ne sont pas issus du monde agricole (NIMA).

Ces nouveaux entrants, âgés en moyenne de 35 ans, abordent le métier avec un bagage académique solide, puisque 89 % d’entre eux sont titulaires d’un diplôme. Il ne s’agit plus d’un héritage subi, mais d’un choix de vie mûri, motivé par la quête de sens.

Le parcours d’installation : un choc de réalité

Le constat est sévère : plus de 80 % des répondants qualifient le parcours d’installation de « plutôt difficile » ou « très difficile ». Cependant, l’étude met en lumière un décalage frappant entre les craintes des candidats et la réalité du terrain.

Pour les porteurs de projets, la priorité absolue reste de trouver un lieu : 59 % citent la recherche d’une ferme adaptée comme frein principal, suivi par le financement (57 %) et l’accès au foncier (50 %). Un futur agriculteur témoigne de cette impasse : « Il est très compliqué de trouver des terres à reprendre dans ma région. L’évaluation des exploitations est déconnectée des capacités de remboursement des jeunes agriculteurs ».

Pourtant, une fois installés, la réalité change de visage. Pour les jeunes agriculteurs en activité, c’est la lourdeur administrative qui devient l’ennemi numéro un, citée par près de 70 % d’entre eux. Ce fardeau est souvent sous-estimé avant le démarrage. « Je suis motivé à fond, mais c’est la paperasse qui gâche tout. C’est dommage », déplore un répondant, tandis qu’un autre renchérit sur les délais : « J’espère avoir les aides publiques à mon investissement mais le dossier est en cours depuis trois ans ! ».

Les femmes face au mur de la crédibilité

La féminisation du secteur est une dynamique réelle, avec 31 % de femmes parmi les répondants, mais le chemin reste semé d’embûches spécifiques. Près d’une femme sur deux estime que son genre complique l’installation. Au-delà des difficultés techniques, ce sont les barrières culturelles qui persistent : le manque de crédibilité et le sexisme représentent les deux tiers des freins cités par les agricultrices.

Les témoignages recueillis par Eloi sont éloquents sur cette nécessité de devoir en faire deux fois plus. « On doit constamment prouver qu’on est capable, là où un homme serait pris au sérieux d’emblée », confie une participante. Une autre ajoute : « Les femmes sont minimisées dans le milieu, mises en retrait. Il y a un gros manque de confiance en la capacité des femmes à gérer une exploitation agricole ».

Une confiance portée par la passion

Malgré ces obstacles structurels, l’optimisme prévaut. Le moteur principal reste la passion pour le métier (33 %), loin devant la recherche d’autonomie ou le contact avec le vivant. Cette vocation agit comme un bouclier contre le pessimisme ambiant.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 77 % des porteurs de projets se déclarent confiants dans la réussite de leur installation, et 69 % croient en l’avenir du monde agricole globalement. « Passionné du métier depuis tout petit, m’installer était un rêve mais maintenant c’est un objectif ! », s’enthousiasme un futur exploitant.

L’urgence d’organiser la transmission

Pour François Moret, co-fondateur et directeur général d’Eloi, ces résultats sont un appel à l’action pour les pouvoirs publics et les acteurs de la filière. « Alors que les départs à la retraite ne sont toujours pas compensés, la difficulté à trouver des fermes à reprendre apparaît comme le premier frein à l’installation », analyse-t-il.

« Ces résultats montrent que l’agriculture continue d’attirer des profils engagés, prêts à affronter des parcours encore complexes pour s’engager dans un métier porteur de sens. Preuve que le renouvellement des générations agricoles ne dépend pas tant d’un manque de vocations mais de notre capacité collective à organiser la transmission », conclut M. Moret.

Eloi (https://eloi.eu) continue ainsi sa mission de tiers de confiance pour faciliter la reprise des fermes et accélérer la transition vers des modèles agricoles durables.