PARIS : La Maison Poursin alerte : « Le laiton remplacé par…
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PARIS : La Maison Poursin alerte : « Le laiton remplacé par l’inox, un désastre silencieux pour le savoir-faire français » !
Forte près de deux siècles d’histoire, Maison Poursin, depuis 1830, est la plus ancienne manufacture de bouclerie encore en activité à Paris.
Fournisseur historique des grandes maisons de luxe, des selliers, Cadre Noir de Saumur, Haras du Pin, Garde Républicaine…, elle fabrique dans ses ateliers des boucles, anneaux, attaches et rivets en matière laiton, selon des procédés traditionnels. Chaque pièce est réalisée avec excellence dans le respect d’un savoir-faire français ancestral, qui a fait et fait la gloire de l’Industrie Française.
Depuis quelques temps, le laiton, alliage noble et durable, est progressivement remplacé par de l’acier inoxydable (inox), alliage basique et moins cher, dans les chaînes de production du luxe !
Officiellement présenté comme un choix plus « écologique », ce remplacement masque une réalité préoccupante :
- L’inox est un métal très dur à travailler nécessitant au moins 50% d’énergie en plus pour le modeler.
- L’inox est composé de Nickel et de Chrome
- L’inox n’a pas la malléabilité du laiton, et ne permet pas d’obtenir la ciselure parfaite d’un motif,
- La production et l’utilisation est aujourd’hui entièrement maîtrisé en Asie,
- Cette évolution fait disparaître un savoir-faire français historique du Laiton, au profit de procédés standardisés et délocalisés !
« On fait croire au consommateur que l’inox est mieux que le laiton, alors qu’il s’agit d’un matériau industriel économique, faussement éco-responsable dans nos métiers, quasi impossible à travailler. Sous couvert de répondre aux exigences environnementales bureaucratique, on détruit 200 ans de savoir-faire artisanal français pourtant parfaitement maîtrisé », déplore Karl Lemaire à la direction de Maison Poursin.
Certaines grandes maisons du luxe ont déjà tourné le dos à leurs fournisseurs historiques français, préférant l’inox pour réduire l’usage des métaux précieux.
Un choix paradoxal, quand on sait que ce même matériau équipe aujourd’hui des bijoux à bas coût produits en masse par des enseignes comme Shein.
Savez-vous qu’il n’y a quasi plus d’Or réel sur ces bijouteries pourtant scintillantes, mais d’infimes particules issues d’un procédé chinois : le PVD.
À l’inverse, les marques à l’éthique authentique et des plus respectueuses continuent à défendre la tradition et la noblesse du laiton, garantissant la qualité, la longévité et l’identité du savoir-faire français.
Mais ces volumes restent insuffisants pour assurer la survie de la filière.
« Si rien ne change, c’est la fin très prochainement. Tout va très vite. En 3 mois, notre principal donneur d’ordre du Luxe à supprimer notre boucle en Laiton produite en grand volume pourtant, et ce depuis 1892 ! Tout ce patrimoine balayé en 1 mail ! … Nous sommes épuisés moralement…. En Avril 2025, pour répondre à leurs exigences, nous avons déménagé nos grosses machines de production sur notre site de Normandie, un défi incroyable ! et tout ça pour rien… ».
Le laiton, symbole d’un artisanat exigeant et durable, a fait la réputation mondiale des ateliers français. Sa disparition progressive met en péril non seulement l’activité de Maison Poursin, mais aussi tout un écosystème de métiers d’art : fondeurs, polisseurs, doreurs, maroquiniers.
« Si rien n’est fait, la France perdra définitivement la maîtrise de la transformation du laiton. Ce serait un abandon dramatique de notre indépendance industrielle et culturelle », ajoute Karl Lemaire, qui endosse, sur le sujet, le gilet du « lanceur d’alerte » au nom de tout un pan de notre activité métallurgique, de l’Artisan à l’Industriel. »
Maison Poursin – 35 rue des Vinaigriers 75010 Paris.