PARIS : La crise du logement n’attend pas, les communes ne…
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PARIS : La crise du logement n’attend pas, les communes ne peuvent pas rester immobiles
Jean-Philippe Dugoin-Clément, Maire de Mennecy (91), Vice-Président en charge du Logement, de l’Aménagement durable du territoire et du SDRIF-E à la Région Île-de-France, Président du Grand Paris Aménagement et Porte-parole de l’UDI.
La stabilité est souvent présentée comme un idéal de gestion locale. Pourtant, une ville n’est jamais immobile. Elle ressemble davantage à un équilibre dynamique : comme un vélo, elle tient parce qu’elle avance. Lorsqu’elle cesse d’évoluer, elle fragilise ses équilibres. Gérer une commune ne consiste pas à choisir entre mouvement et immobilisme. La responsabilité d’un maire est de fixer un cap, un rythme et une méthode, en conciliant adaptation, qualité de vie et intérêt général.
Lorsqu’une ville renonce à agir, les conséquences apparaissent rapidement, parfois de façon silencieuse : une évolution démographique peut conduire à des fermetures de classes, la diminution du nombre d’occupants par logement modifie les besoins, un commerce de proximité se fragilise, une activité économique perd en attractivité ou des équipements deviennent inadaptés. Le statu quo n’est pas une prudence, il peut devenir un renoncement.
Cette réalité est particulièrement perceptible en Île-de-France, où les dynamiques diffèrent souvent du reste du pays. Alors que certains territoires connaissent un ralentissement démographique ou économique, notre région continue d’attirer habitants, emplois et investissements. Chaque année, de nouveaux besoins en logement, en équipements et en services apparaissent.
Dans ce contexte, la question du logement est centrale. Elle touche à la dignité, à l’accès à l’emploi, à la cohésion sociale et au pouvoir d’achat, alors même que la tension, notamment sur le logement social, atteint un niveau préoccupant.
Oui, construire est nécessaire. Mais construire ne signifie pas reproduire les erreurs du passé : concentration excessive du logement social, quartiers sans diversité, copropriétés fragiles ou espaces monofonctionnels. Ces déséquilibres ont souvent résulté d’un manque de mixité.
L’enjeu est donc de bâtir autrement : produire du logement avec de la mixité sociale, générationnelle et d’usages, créer des quartiers où l’on habite, travaille, apprend, consomme et se rencontre.
Pour réussir, les maires doivent souvent faire preuve de courage politique. Ils ont également besoin de retrouver des marges de manœuvre qui ne soient pas seulement financières.
De ce point de vue, le projet de loi porté par le ministre du logement, Vincent Jeanbrun, comporte des leviers utiles. Je pense en particulier au « choc de simplification », à la refonte des procédures d’attribution de logements sociaux et au futur ANRU 3.
L’État est un partenaire indispensable de nos communes. Il doit renoncer à sa posture de donneur d’ordre pour redevenir un partenaire de confiance de nos territoires.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.


