PARIS : La Cité de l’Économie expose l’artiste Kourtn…
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PARIS : La Cité de l’Économie expose l’artiste Kourtney ROY
La Cité de l’Économie expose l’artiste Kourtney Roy pour explorer les paradoxes du tourisme mondial à travers un prisme artistique et scientifique.
C’est une exploration aux frontières du réel et de l’analyse économique que propose la Cité de l’Économie (Citéco) pour sa nouvelle saison culturelle. Dès le 20 février 2026, l’institution parisienne située dans le 17ème arrondissement dévoile l’exposition « Kourtney Roy – All Inclusive ». S’inscrivant dans le cycle thématique « On refait le monde ? », cette présentation interroge les multiples facettes de la mondialisation, des migrations aux échanges culturels, en passant par le dérèglement climatique. Au cœur de ce dispositif, le tourisme est disséqué non plus seulement comme un loisir, mais comme un phénomène global aux impacts majeurs.
Une esthétique du décalage et de la fiction
L’artiste canadienne Kourtney Roy, formée à l’Emily Carr University de Vancouver et aux Beaux-Arts de Paris, est reconnue pour son approche singulière de la photographie. Son travail se distingue par une esthétique léchée, où les couleurs saturées et les lumières cinématographiques rappellent l’imagerie des années 1950 et le glamour artificiel du papier glacé.
Pour cette exposition, trois séries emblématiques ont été sélectionnées : « In Between Worlds », « The Tourist » et « Sorry, No Vacancy ».
Dans ces œuvres, Kourtney Roy met en scène les archétypes du voyage. Elle capture des décors de rêve apparents — plages désertes, piscines scintillantes, motels aux tons pastel — pour mieux y introduire un trouble. L’artiste utilise l’autoportrait pour incarner des personnages à la fois drôles et mélancoliques, jouant sur les failles de ces paysages de carte postale. La série « The Tourist », par exemple, rejoue avec une dérision assumée les poses stéréotypées de la vacancière idéale, soulignant l’artificialité de nos quêtes d’évasion. Dans « Sorry, No Vacancy », elle plonge le spectateur dans les paysages désertés du Texas, transformant ces espaces en décors de cinéma où le rêve semble s’être brusquement interrompu.
Le tourisme passé au crible de l’analyse économique
Fidèle à sa vocation pédagogique, la Cité de l’Économie ne se contente pas d’exposer des œuvres d’art. L’institution confronte l’imaginaire de Kourtney Roy à la rigueur des faits économiques. L’exposition « All Inclusive » agit comme un miroir tendu à notre société de consommation et de loisirs. Les visiteurs découvrent ainsi que derrière l’image d’épinal des vacances se cache une industrie colossale, représentant près de 10 % du PIB mondial et un emploi sur dix à l’échelle de la planète. Le parcours de visite, enrichi de dispositifs pédagogiques tels que des panneaux thématiques, des podcasts et des espaces de lecture, aborde sans détour les zones d’ombre du secteur. Les inégalités sociales face à l’accès aux loisirs, l’impact environnemental du tourisme de masse ou encore l’influence des mécanismes marketing sur nos désirs sont autant de sujets traités. Cette double approche permet de comprendre comment l’économie façonne nos déplacements, réels ou fantasmés.
Une mission de décryptage du monde
Pour la direction du musée, ce dialogue entre art visuel et sciences humaines est essentiel pour appréhender la complexité des enjeux actuels.
« À travers le regard singulier de Kourtney Roy, nous poursuivons la mission de la Cité de l’Économie : rendre l’économie vivante et accessible en la reliant aux expériences du quotidien », a déclaré Vida Konikovic, directrice générale de la Cité de l’Économie.
Elle ajoute : « Le tourisme, phénomène à la fois intime, social, culturel et économique, reflète les grands équilibres et déséquilibres du monde contemporain ».
Un écrin patrimonial d’exception
Cette exposition est aussi l’occasion de (re)découvrir le lieu qui l’abrite : l’Hôtel Gaillard. Classé monument historique, ce chef-d’œuvre de l’architecture néo-gothique construit à la fin du 19ème siècle fut longtemps une succursale de la Banque de France. Aujourd’hui premier musée d’Europe dédié à l’économie, il offre un cadre spectaculaire avec ses douves, sa salle des coffres Art Déco et son grand hall. L’exposition « All Inclusive » y sera visible jusqu’au 20 septembre 2026, offrant sept mois pour réfléchir autrement à nos futures destinations de vacances.