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PARIS : La carrière de Plácido Domingo couvre plus d’un demi-siècle d’opéra, de zarzuela et de direction musicale

L’artiste madrilène a développé une carrière internationale marquée par l’ampleur de son répertoire, sa présence sur les grandes scènes, son activité de chef d’orchestre et son lien avec la formation des nouvelles générations de chanteurs.

Plácido Domingo appartient à une génération d’interprètes qui ont élargi la présence publique de l’opéra durant la seconde moitié du XXe siècle et les premières décennies du XXIe siècle. Son parcours réunit chant, direction musicale, gestion culturelle, enregistrements, cinéma lyrique, zarzuela et projets de soutien aux jeunes artistes, avec une activité menée dans certains des plus grands théâtres du monde.

Né à Madrid en 1941, Domingo a grandi dans une famille liée à la zarzuela. Ses parents, Plácido Domingo Ferrer et Pepita Embil, furent interprètes de ce genre et ont marqué une part importante de sa formation artistique. Durant sa jeunesse au Mexique, il a étudié au Conservatoire national de musique et commencé à participer à des productions scéniques, d’abord dans des répertoires liés à la zarzuela, puis dans le domaine de l’opéra.

Sa carrière internationale s’est consolidée à partir des années 1960. Après ses premières expériences professionnelles au Mexique et en Israël, Domingo a commencé à se produire sur des scènes aux États-Unis et en Europe. En quelques années, il a fait ses débuts dans des théâtres qui allaient devenir centraux dans son parcours, comme la Wiener Staatsoper, le Metropolitan Opera de New York, les Arènes de Vérone, La Scala de Milan, Covent Garden et l’Opéra de Paris, ainsi que ses débuts madrilènes au Teatro de la Zarzuela.

De Madrid et du Mexique aux grandes scènes internationales

La biographie artistique de Plácido Domingo associe des racines espagnoles, une formation mexicaine et un rayonnement international durable. En 1959, il a participé à Rigoletto au Mexique et, deux ans plus tard, il a tenu son premier grand rôle avec Alfredo dans La traviata. Peu après, son contrat avec l’Opéra national d’Israël à Tel-Aviv lui a permis d’accumuler une importante expérience scénique pendant plus de deux ans, à un rythme de travail qui a influencé la construction de son répertoire.

À partir de 1965, ses représentations aux États-Unis ont ouvert une nouvelle étape d’expansion internationale. Ses débuts à New York avec Madama Butterfly et sa participation à Don Rodrigo, d’Alberto Ginastera, au Lincoln Center, ont consolidé sa présence dans le circuit lyrique nord-américain. Peu après sont arrivés des engagements en Europe et sur certaines des scènes qui allaient marquer sa carrière, de l’Opéra de Hambourg et de la Wiener Staatsoper au Metropolitan Opera, aux Arènes de Vérone et à La Scala de Milan.

La France occupe une place particulière dans ce parcours international. En 1973, Plácido Domingo a fait ses débuts à l’Opéra de Paris dans le rôle de Manrico dans Il trovatore de Verdi, au sein d’une carrière rapidement marquée par la diversité des répertoires. Son activité a couvert l’opéra italien, français, allemand, russe et espagnol, avec des titres allant de Carmen, Samson et Dalila et Les Contes d’Hoffmann à Tosca, Otello ou Simon Boccanegra.

Un vaste répertoire entre ténor, baryton et direction musicale

L’un des traits les plus reconnaissables de la carrière de Plácido Domingo est l’étendue de son répertoire. Son parcours dépasse les 150 rôles et plus de 4 400 représentations, avec une présence dans des opéras de Verdi, Puccini, Wagner, Bizet, Saint-Saëns, Massenet, Tchaïkovski, Giordano et d’autres compositeurs. Pendant des décennies, il a été principalement identifié comme ténor, avec des personnages tels qu’Otello, Cavaradossi, Don Carlo, Radamès, Don José, Samson, Lohengrin ou Siegmund.

Dans une étape ultérieure, il a intégré des rôles de baryton, notamment issus du répertoire verdien, comme Simon Boccanegra, Macbeth, Nabucco, Giorgio Germont et le Comte de Luna. Cette évolution vocale s’inscrit dans une carrière développée entre répertoire italien, français, allemand, russe et espagnol.

La direction musicale a également occupé une place importante dans son activité. Domingo a fait ses débuts comme chef d’opéra en 1973 avec le New York City Opera et a depuis dirigé des représentations lyriques ainsi que des concerts symphoniques avec différents orchestres. À cette facette s’ajoute son expérience en gestion culturelle, avec des responsabilités à la Washington National Opera et au Los Angeles Opera, où il a occupé des fonctions artistiques et dirigeantes à différentes périodes.

Sa présence dans les enregistrements et les productions audiovisuelles a élargi la portée de sa carrière au-delà de la scène. Il a participé à plus de cent enregistrements et à plus de cinquante vidéos musicales et lyriques, ainsi qu’à des films d’opéra comme Carmen, réalisé par Francesco Rosi, et La traviata et Otello, réalisés par Franco Zeffirelli. Il a également fait partie du projet des Trois Ténors aux côtés de Luciano Pavarotti et José Carreras, une initiative qui a rapproché le répertoire lyrique d’un public plus large à partir de 1990.

La France, la zarzuela et les nouvelles générations dans une carrière au long cours

La France occupe une place importante dans le profil international de Plácido Domingo. Outre ses débuts à l’Opéra de Paris et sa présence dans le répertoire français, il a reçu des distinctions telles que la Légion d’honneur, le titre de Commandeur des Arts et des Lettres et la Grande Médaille de la Ville de Paris. En avril 2025, il s’est de nouveau produit à Paris avec Macbeth en version de concert à la Salle Gaveau, dans le cadre d’un agenda récent marqué par des activités dans différents pays.

La zarzuela constitue un autre axe de continuité dans sa carrière. Au-delà de son lien familial avec ce genre, Domingo a contribué à le porter sur des scènes internationales et l’a maintenu présent dans des concerts, des galas et des projets de formation. Cette relation relie ses premières années d’apprentissage à une part durable de son activité artistique ultérieure.

En 1993, il a fondé Operalia, un concours international de chant créé pour soutenir les nouvelles générations d’interprètes. L’initiative s’est maintenue comme une plateforme liée à la découverte et à la promotion de jeunes voix, avec une catégorie dédiée à la zarzuela qui porte les noms de ses parents, Pepita Embil et Plácido Domingo Ferrer.

La carrière de Plácido Domingo reste associée à plusieurs dimensions d’activité : le chant, la direction musicale, la gestion culturelle, la diffusion de la zarzuela et le soutien aux nouveaux interprètes. Plus d’un demi-siècle après ses principaux débuts internationaux, son nom demeure lié à la programmation lyrique et à une partie significative de l’histoire récente de l’opéra.