PARIS : La baisse de l’inflation va se poursuivre dan…
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PARIS : La baisse de l’inflation va se poursuivre dans les mois à venir
À partir de l’analyse des prix de production (en amont de la chaîne de valeur), Asterès anticipe que la baisse de l’inflation va se poursuivre dans les mois à venir.
Les évolutions des prix sur l’ensemble de la chaine de production laissent penser que la baisse de l’inflation va se poursuivre. Les prix de production dans l’agriculture, l’industrie, les services et le bâtiment indiquent tous une baisse à venir de l’inflation. La hausse attendue des prix de l’électricité et du tabac freineront cependant la désinflation, et les prix de l’énergie restent tributaires du contexte géopolitique.
1) Inflation alimentaire : la décrue se confirme L’inflation alimentaire devrait diminuer sensiblement dans les mois à venir. L’inflation alimentaire est fortement dépendante de l’inflation en amont de la chaîne de production : les prix de production agricole (sortie de ferme) se répercutent six à neuf mois plus tard dans les prix de production des industries agro-alimentaires (sortie d’usine), qui eux-mêmes mettent environ six mois à se répercuter sur le prix payé par le consommateur. Les prix de production agricole ont été en baisse de -10 % en glissement annuel en octobre (dernier mois disponible).
L’inflation sur les prix de production des industries agro-alimentaires a pour sa part fortement baissé pour atteindre 3,7 % en octobre et devrait devenir fortement négative début 2024. En conséquence, l’inflation alimentaire devrait baisser sensiblement dans les mois à venir, il n’est pas exclu qu’elle passe même momentanément en territoire négatif.
2) industrie, services et bâtiment : la vague de désinflation se confirme
Dans l’ensemble de l’économie les prix de production indiquent une tendance désinflationniste, quoique moins marquée que dans le secteur alimentaire. Ce constat se vérifie dans les trois principaux secteurs de l’économie : l’industrie, les services et le bâtiment.
– Les prix de production de l’industrie (sortie d’usine) sont en baisse, indiquant une décrue probable de l’inflation future sur les produits manufacturés. En glissement annuel, les prix de production de l’industrie ont baissé de -1,4 % en octobre. La baisse est certes moins marquée qu’en août (-3,2 %), mais elle indique toujours une pression baissière sur les prix, surtout si on la compare à la hausse de plus de 25 % enregistrée à l’automne 2022. L’inflation devrait donc diminuer sur les produits manufacturés, d’autant plus que cette baisse des prix de production industrielle est encore plus forte chez nos principaux partenaires commerciaux (-11 % en Allemagne et -2,6 % en Chine en octobre 2023).
– L’inflation sur les prix de production des services vendus aux entreprises françaises ralentit fortement. Après avoir dépassé 4 % à la mi-2022 en glissement annuel, l’inflation sur les prix de production des services vendus aux entreprises françaises diminue sensiblement pour s’établir à 2,6 au troisième trimestre 2023. Cette évolution est notable, car elle signifie que la hausse des salaires (actuellement supérieure à 4 %) ne se répercute pas pleinement dans les prix des services (dont le principal poste de coût est la rémunération des salariés).
– L’inflation sur les prix de production de l’entretien des bâtiments est en nette baisse. Ce secteur, énergivore donc fortement touché par la hausse des prix de l’énergie en 2022, a vu l’inflation sur ses prix de production divisée par plus de deux en un an.
Tabac, énergie : la baisse de l’inflation sera freinée
L’inflation devrait progressivement baisser jusqu’à atteindre environ 2 % courant 2024, cette tendance sera cependant freinée par la hausse prévue de l’énergie et du tabac. Des hausses prévues des prix de l’électricité et des cigarettes devraient augmenter l’inflation d’environ 0,4 point en 2024 d’après Asterès (en considérant une hausse de 5 % sur le tabac et de 10 % sur l’électricité). Malgré ces hausses, il est probable que l’inflation retrouve un niveau proche de 2 % vers la mi-2024. Un scénario déflationniste semble cependant exclu au vu des hausses de salaires qui alourdissent les coûts des entreprises. Ces prévisions restent évidement tributaires du contexte international chaotique et d’un possible choc énergétique (qui pourrait impliquer l’Iran par exemple).




