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PARIS : Justice – Sept députés lancent l’opération « Mineurs Enfermés » dans les prisons françaises
Coordonnés par Pouria Amirshahi, sept députés inspectent ce jeudi des prisons pour mineurs afin d’alerter sur l’indignité des conditions de détention.
Ce jeudi 19 février 2026 marque un tournant dans le contrôle parlementaire des lieux de privation de liberté. Dans une démarche inédite par son ampleur et sa simultanéité, plusieurs parlementaires, dont Danielle Simonnet, députée de l’APRÈS (groupe écologiste et social), ont fait usage de leur droit de visite pour pénétrer au même moment dans divers établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) et quartiers pour mineurs (QM) répartis sur l’ensemble du territoire national.
Cette opération d’envergure, baptisée #MineursEnfermés, entend briser l’invisibilité qui entoure l’incarcération des enfants et des adolescents en France. L’objectif affiché est clair : documenter la réalité carcérale pour nourrir un débat public souvent faussé par une demande de fermeté sécuritaire.
Une remise en cause du tout répressif
Au cœur de cette mobilisation se trouve une critique acerbe de l’évolution de la justice des mineurs. Les parlementaires rappellent les fondements de l’ordonnance du 2 février 1945, qui érigeait en principe constitutionnel la primauté de l’éducatif sur le répressif. Selon les élus mobilisés, cet héritage humaniste a été méthodiquement démantelé par des réformes pénales successives.
Le constat dressé par les députés est celui d’un glissement inquiétant vers un régime calqué sur celui des majeurs. « L’enfermement des mineurs devient une réponse-panique face aux défaillances de notre société et de nos politiques publiques », déplorent les signataires du communiqué, pointant du doigt le manque d’investissements chroniques dans la protection de l’enfance, la prévention spécialisée ou la santé mentale.
La prison décrite comme une « école du crime »
Loin de remplir sa mission de réinsertion, l’incarcération des plus jeunes produirait l’effet inverse. Les conséquences de l’enfermement sont lourdes : rupture des liens familiaux, isolement social, humiliations et fragilisation psychique. Pour les parlementaires engagés dans cette action, la prison agit désormais comme un accélérateur de désocialisation et une « véritable école du crime », favorisant la réitération des actes délinquants plutôt que leur prévention.
« Enfermer des enfants n’a rien d’une fatalité », martèlent les élus, qui plaident pour un investissement massif dans des alternatives éducatives et émancipatrices, refusant que la fermeté ne devienne une réponse en soi au détriment du relèvement moral de l’enfant.
Des conditions de détention indignes
L’opération vise également à mettre en lumière la dégradation matérielle des lieux d’enfermement. Surpopulation chronique, accès insuffisant aux soins et à la formation, recours accru aux sanctions disciplinaires et à l’isolement : le tableau dépeint par les députés décrit un système « à bout de souffle ».
Si des visites parlementaires ont régulièrement lieu, elles restent souvent des démarches isolées. En agissant de concert, le groupe emmené par le député de Paris Pouria Amirshahi espère « enclencher une prise de conscience d’ensemble » et forcer l’exécutif à une remise en question structurelle. Les observations relevées ce jeudi feront d’ailleurs l’objet d’une mise en commun et d’une communication ultérieure détaillée.
Sept établissements passés au crible
La force de cette opération réside dans son maillage territorial. Voici la liste des parlementaires et des établissements inspectés ce jeudi :
* Pouria Amirshahi, député de Paris, s’est rendu au quartier mineur de Bordeaux-Gradignan.
* Danielle Simonnet, députée de Paris, a inspecté le quartier mineur du Havre.
* Hendrik Davi, député des Bouches-du-Rhône, a visité l’EPM de Marseille.
* Benjamin Lucas-Lundy, député des Yvelines, s’est rendu à l’EPM de Porcheville.
* Léa Balage El-Mariky, députée de Paris, a contrôlé le quartier mineur de Metz.
* Ugo Bernalicis, député du Nord, était présent au quartier mineur de Laon.
* Sabrina Sebaihi, députée des Hauts-de-Seine, a visité le quartier mineur de Nanterre.
Cette action collective entend exercer pleinement le contrôle démocratique sur des lieux trop souvent fermés aux regards extérieurs, rappelant que la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux ne s’arrêtent pas aux portes des prisons.

