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PARIS : Journée de la Terre – Les linguistes de Babbel décryptent le lexique du greenwashing
Alors que l’Ademe vient de révéler que 4,2 millions de Français* sont touchés par un sentiment d’éco-anxiété, beaucoup peinent désormais à s’y retrouver parmi le vaste champ lexical de l’écologie.
Si le sujet est de plus en plus abordé, des termes tels qu’“éco-responsabilité”, “compensation carbone” ou “traçabilité” ne sont pas toujours utilisés de la bonne manière. À l’occasion de La Journée de la Terre qui aura lieu le 22 avril prochain, Babbel, la plateforme qui favorise la compréhension mutuelle par le biais du langage, donne les clés afin de repérer les structures discursives pouvant cacher du greenwashing, mais aussi pour pouvoir parler d’écologie sans tomber dans le faux.
“Le langage du développement durable est devenu un véritable terrain d’enjeux sémantiques où les mots sont parfois vidés de leur substance. Comprendre ces mécanismes discursifs donne aux consommateurs les outils nécessaires pour distinguer les actions concrètes des simples effets d’annonce. » explique Sophie Vignoles, Cheffe de la production de contenu d’apprentissage chez Babbel. « En effet, la crédibilité environnementale repose aussi sur l’honnêteté linguistique et s’il y a bien une chose sur laquelle les nouvelles générations sont intransigeantes, c’est la transparence. »
Les pièges à éviter
Depuis plusieurs années, les entreprises et marques ont développé un langage environnemental structuré, reconnaissable à travers des schémas récurrents et l’usage d’expressions variées :
· Les structures syntaxiques et temporelles révélatrices :
o La prédominance du conditionnel (« pourrait réduire », « devrait améliorer ») et du futur simple sans ancrage temporel précis (« un jour », « en cours de développement »), crée une distanciation cognitive entre l’énonciation et l’action.
o L’emploi de la voix passive (« les émissions seront réduites ») masque délibérément la responsabilité de l’acteur, diluant ainsi l’imputabilité des actions environnementales.
o L’utilisation d’adjectifs évaluatifs (« meilleur », « plus propre »), dépourvus de points de référence mesurables, rend impossible toute vérification objective des allégations environnementales.
o Les entreprises oscillent stratégiquement entre la première personne du pluriel (« nous croyons que la durabilité est importante ») pour les déclarations de valeurs, et le langage institutionnel à la troisième personne (« l’entreprise a déterminé ») pour aborder les obligations concrètes.
· La sémantique de l’engagement versus discours émotionnel : Les véritables engagements reposent sur des éléments concrets : des métriques précises, des échéances claires, une méthodologie détaillée, des arguments basés sur des faits vérifiables et un langage validé par des tiers. À l’inverse, le greenwashing mise sur des appels émotionnels, avec des expressions comme “protéger les générations futures”, qui séduisent les consommateurs sans détails contraignants.
· L’ambiguïté calculée du lexique vert : Des termes comme « neutre en carbone », « écologique » ou « naturel » entretiennent la confusion. Par exemple, “neutre en carbone” peut masquer des émissions compensées par des crédits carbone, tandis que “écologique” n’a aucune définition réglementée, contrairement à “biologique”. De même, “naturel” n’implique pas forcément un bénéfice environnemental. Enfin, des mots comme “vert”, “responsable” ou “éthique” s’associent souvent à des labels non officiels, sans protection légale, contrairement aux certifications comme AB, l’Écolabel Européen ou OEKO-TEX qui répondent à des cahiers des charges stricts et proviennent d’organismes indépendants.
· Le phénomène d’opacité par xénisme : De nombreuses entreprises emploient stratégiquement des termes anglais (« green », « eco-friendly », « organic ») dans leurs communications en français. Cette pratique crée une opacité linguistique qui joue sur la perception des consommateurs, qui associent souvent les termes anglais à l’innovation et à une pertinence internationale. Cette stratégie permet aux entreprises de renvoyer une image positive et novatrice tout en évitant le niveau d’examen qui accompagnerait l’utilisation de termes français plus précis et mieux définis réglementairement.
Parler d’écologie sans greenwashing : trois réflexes linguistiques à adopter
Au milieu de ces innombrables expressions et termes existants, il n’est pas toujours aisé de trouver les bons mots (ou de savoir les manier correctement). Afin de pallier cela, Babbel partage 3 conseils pour maîtriser davantage le sujet :
1. Privilégier la précision au lieu des formules vagues
La précision lexicale s’inscrit dans le principe linguistique de « maxime de quantité » de Grice, qui stipule qu’une communication coopérative doit être aussi informative que nécessaire. Éviter les termes flous comme « responsable”, « vert” ou « durable”, qui peuvent perdre en crédibilité s’ils ne sont pas étayés. Mieux vaut utiliser un vocabulaire concret, chiffré ou vérifiable : « alimentation produite à moins de 100 km”, « tissu recyclé à 70 %”, « bilan carbone compensé via tel ou tel programme certifié”.
2. Employer des verbes d’action plutôt que des adjectifs valorisants
Des paroles, des paroles, des paroles… Plutôt que de qualifier une pratique d’ »écologique”, il est plus pertinent de décrire ce qui est fait : « réduire”, « composter” « privilégier”, « réparer”, « mutualiser”. Ce choix lexical met l’accent sur les gestes plutôt que sur les intentions.
3. Assumer les nuances et éviter les promesses inatteignables
Un discours écologique crédible reconnaît les marges de progression. Plutôt que de revendiquer une perfection idéalisée (« zéro impact”, « 100 % durable”), il vaut mieux souligner une démarche en cours : « en transition”, « en cours d’amélioration”, « premières étapes vers une consommation plus responsable”. Paradoxalement, admettre l’incertitude et les progrès graduels renforce la crédibilité en reconnaissant les limites de toute démarche environnementale. Encore une fois, l’honnêteté est la base de toutes les relations (et pas seulement amoureuses).
À propos de Babbel
Babbel développe et opère un écosystème d’expériences interconnectées d’apprentissage des langues en ligne et est motivé par l’objectif de créer une compréhension mutuelle par le biais du langage. Cela signifie créer des produits qui aident les gens à se connecter et à communiquer à travers les cultures. Les produits Babbel App, Babbel Live, Babbel Podcasts et Babbel for Business se concentrent sur l’utilisation d’une nouvelle langue dans le monde réel, dans des situations réelles, avec des personnes réelles. Et cela fonctionne : Des études menées par des linguistes d’institutions telles que l’Université d’État du Michigan, l’Université de Yale et la City University de New York ont démontré l’efficacité des méthodes d’apprentissage des langues de Babbel.
La clé est un mélange d’humanité et de technologie. Babbel propose plus de 60 000 leçons dans 15 langues. Les comportements des utilisateurs sont analysés en continu afin de façonner et d’améliorer l’expérience de l’apprenant. Cela aboutit à un contenu interactif en constante adaptation avec des cours en direct, des jeux, des podcasts et des vidéos qui facilitent la compréhension d’une nouvelle langue, de l’espagnol à l’indonésien.
Parce que Babbel s’adresse à tous, son équipe est aussi diversifiée que ses contenus. Depuis son siège social à Berlin ainsi que son bureau américain à New York, personnes de plus de 80 nationalités différentes représentent les origines, les caractéristiques et les perspectives qui rendent chaque être humain unique. Babbel a vendu plus de 20 millions d’abonnements en créant un véritable lien avec les utilisateurs. Plus d’informations : www.babbel.com


