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PARIS : José-Marie JAGER : « Consolider d’abord, projeter e…

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PARIS : José-Marie JAGER : « Consolider d’abord, projeter ensuite »

Le 10ème Baromètre des DAF d’ABV Group montre un retour à l’essentiel : cash, marges et maîtrise des coûts.

Dans un environnement économique et politique jugé incertain, les directeurs administratifs et financiers (DAF) des entreprises françaises opèrent un recentrage stratégique majeur. Selon la 10ème édition du Baromètre des DAF, réalisée par le cabinet de conseil ABV Group et qui paraîtra le 17 mars prochain, l’heure est au retour aux fondamentaux. L’objectif est clair : restaurer les marges pour regagner des capacités d’action, quitte à reléguer au second plan des priorités jugées moins urgentes. « La maîtrise du cash, la protection des marges et l’optimisation des coûts s’imposent comme les priorités structurantes pour 2026 », résume José-Marie Jaeger, fondateur et CEO d’ABV Group. Cette nouvelle édition, basée sur les réponses de 132 dirigeants financiers, dresse le portrait d’une fonction en pleine consolidation, guidée par le pragmatisme.

Retour massif à la performance économique

Après plusieurs années marquées par des crises successives, le cap pour 2026 est sans ambiguïté : la performance économique prime sur tout le reste. Pour 66 % des entreprises interrogées, l’amélioration de la compétitivité et de la profitabilité constitue la priorité numéro un, loin devant la croissance du chiffre d’affaires (50 %) et la transformation du modèle d’affaires (40 %). Ce recentrage fait suite à une année 2025 contrastée, où 27 % des entreprises ont « prospéré » mais 31 % ont connu une situation « difficile ».

Pour les directeurs financiers, cette orientation se traduit par un triptyque opérationnel : l’optimisation et l’automatisation des processus (56 %), le renforcement du pilotage budgétaire et des coûts (50 %), et l’amélioration de la trésorerie (44 %). L’enjeu est double : dégager des marges de manœuvre pour investir tout en allégeant la pression sur les équipes.

Vigilance accrue sur les risques politiques et cyber

Le baromètre met en lumière une inquiétude grandissante face aux risques dits « durs ». La situation politique en France est une préoccupation majeure pour 87 % des DAF. Parallèlement, la cybersécurité fait une entrée fracassante dans le classement des menaces principales : pour la première fois, 61 % des répondants la qualifient de risque « fort ». Cet état de prudence se reflète dans les anticipations d’activité, avec seulement 43 % des DAF qui prévoient une croissance en 2026.

Le grand paradoxe de l’intelligence artificielle

La transformation digitale avance, mais à un rythme inégal. L’étude révèle un paradoxe frappant concernant l’intelligence artificielle : alors que 90 % des directeurs financiers l’utilisent à titre personnel, 62 % estiment que leur entreprise est « en retard » sur le sujet. Les usages envisagés se concentrent sur des gains de productivité concrets, comme l’automatisation des rapports financiers ou l’aide à l’analyse. Cette difficulté à déployer les nouvelles technologies se confirme avec la facturation électronique : 51 % des entreprises avouent ne pas être prêtes pour les échéances de 2026-2027, un retard potentiellement lourd de conséquences.

L’ESG en retrait face à l’urgence financière

Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) marquent le pas. Si les obligations de reporting comme la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) demeurent un cadre structurant, elles ne figurent plus parmi les priorités immédiates. Seuls 4 % des DAF citent la RSE et 2 % l’adaptation au changement climatique comme des enjeux principaux. Cependant, cette mise en retrait est plus une question de hiérarchie que d’abandon : 68 % des sondés jugent toujours utile la réalisation d’un bilan carbone, signe d’une approche pragmatique où la conformité est assurée, mais après avoir sécurisé l’essentiel.

Un capital humain sous très haute tension

Enfin, l’étude lance une alerte sur un enjeu humain souvent sous-estimé : l’intense pression qui pèse sur les équipes financières. Une part significative des DAF exprime une charge mentale préoccupante. Si 66 % se disent « lucides mais volontaires », seulement 12 % se déclarent réellement « confiants » pour 2026. Plus inquiétant encore, près d’un tiers des directeurs financiers se sentent à la limite (16 %), en surcharge (12 %) ou en alerte sur leur propre état de fatigue (3 %). Le baromètre souligne que la réussite des stratégies de reconquête dépendra autant de la solidité financière que du soutien apporté aux femmes et aux hommes qui les pilotent.

Le cabinet de conseil ABV Group (https://www.abv-group.com) est spécialisé dans l’optimisation des coûts et la justesse des charges pour les entreprises.