PARIS : José CASTANO : « Le soupir du Maure, un avertisseme…
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PARIS : José CASTANO : « Le soupir du Maure, un avertissement pour la France et l’Europe »
Dans une tribune, l’auteur José Castano tire un parallèle saisissant entre la chute de Grenade en 1492 et le déclin qu’il observe en France.
Dans une analyse historique et politique sans concession, José Castano utilise la chute du dernier bastion musulman de la péninsule ibérique comme une métaphore pour alerter sur ce qu’il perçoit comme « l’entreprise d’asservissement et d’autodestruction » des nations européennes, et plus particulièrement de la France. En s’appuyant sur des citations fortes et des événements historiques, il dresse le portrait d’une civilisation au bord du précipice, menacée par l’indifférence et la faillite de ses dirigeants.
1492, la chute de Grenade et le « Soupir du Maure »
L’auteur rappelle le contexte du printemps 1491, lorsque la Reconquista menée par les souverains catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon touche à sa fin. Le siège de Grenade, ultime royaume nasride, s’achève le 2 janvier 1492 par la reddition du sultan Boabdil, qui choisit l’exil pour épargner son peuple. Cet événement marque la fin de près de sept siècles de présence musulmane en Espagne.
C’est sur le chemin de l’exil que se noue l’anecdote centrale du propos. Sur un col surplombant la cité perdue, Boabdil, dernier roi de Grenade, s’effondre en larmes.
Sa propre mère, Aïcha El Horra, l’interpelle alors avec une sévérité restée célèbre : « Pleure comme une femme ce royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! ».
Ce lieu, depuis, porte le nom de « El Suspiro del Moro », le Soupir du Maure, un épisode notamment relaté par Chateaubriand dans « Les aventures du dernier Abencerage ».
Un miroir historique pour la France contemporaine
Pour José Castano, cette scène n’est pas qu’un simple souvenir historique, mais « préfigure ce qui pourrait advenir, demain, des Nations européennes ».
Il établit un parallèle direct entre la défaite de Boabdil et une possible défaite future de l’Occident.
Pour renforcer son argumentation, il cite une autre prédiction, celle de Larbi ben M’Hidi, l’un des chefs du FLN, qui aurait lancé aux parachutistes français venus l’arrêter en 1957 : « Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».
Selon l’auteur, l’histoire se répète, mais cette fois, c’est le monde occidental qui serait confronté à « une défaite dans le déshonneur total », qu’il attribue à « la trahison de gouvernants veules, de chefs de partis aveuglés par de maigres illusions » et à une « pseudo élite qui s’aplatit devant des rustres pour de piètres privilèges ».
La faillite des élites et l’indifférence du peuple
Le réquisitoire de José Castano est sévère. Il dénonce la « corruption politique, le mépris du gouvernement pour le peuple, l’arrogance des oligarques » et fustige une classe dirigeante qui se moquerait du blâme de Chateaubriand : « Honneur aux pays qui se lèvent et honte aux pays qui se couchent ! ».
Il prend pour exemple récent des événements survenus à Saint-Denis, qu’il décrit comme un présage de ce qui pourrait se produire « si d’aventure la droite nationale et patriotique l’emportait en 2027 ».
Il évoque des « youyous, des cris de haine et de victoire » près de la nécropole royale, face à des habitants « effarés… ou indifférents » devant la mort de leur cité. Au-delà de cet épisode, il s’alarme de voir « le peuple français inconscient ou indifférent à son propre sort, qui regarde mourir sa nation ».
Il appuie son constat sur une citation de Stefan Zweig : « L’Europe s’aperçoit en frémissant que par sa sombre indifférence une puissance destructrice a fait irruption chez elle, puissance qui paralysera ses forces pendant des siècles ».
L’inéluctable naufrage ?
Le symbole de Grenade retrouve alors, selon l’auteur, toute sa force, non comme une prophétie mais comme un « avertissement ». Il critique vivement la « majorité silencieuse » qui « se contente de vivoter, de courir après de pathétiques leurres » ou s’enferme dans des certitudes fragiles.
La conclusion de la tribune est un sombre augure. José Castano prédit un jour où les Français, « poussés sans combattre vers l’exil », pourraient connaître à leur tour « la dépressive nostalgie de Boadbil ».
Ce jour-là, face à leur propre « soupir du Maure », la sentence implacable d’Aïcha El Horra résonnerait à nouveau : « Pleure comme une femme ce royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! ».
via Press Agence.

