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PARIS : Joël MAUVIGNEY : « Affaiblir l’apprentissage…

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PARIS : Joël MAUVIGNEY : « Affaiblir l’apprentissage, c’est mettre en péril nos savoir-faire artisanaux »

La CNCT alerte sur les coupes budgétaires menaçant l’apprentissage, un pilier de la transmission des savoir-faire et de la vitalité locale.

Alors que le Parlement examine de nouvelles pistes d’économies concernant le financement de l’apprentissage, le monde de l’artisanat tire la sonnette d’alarme. Pour Joël Mauvigney, président de la Confédération Nationale des Charcutiers-Traiteurs (CNCT) et du centre de formation CEPROC, les mesures envisagées pourraient avoir des conséquences désastreuses sur des filières entières, fragilisant un modèle de formation qui a largement fait ses preuves. Il met en garde contre une vision purement comptable qui ignorerait l’importance stratégique de ce levier pour l’économie, les territoires et le patrimoine français.

Un modèle de formation menacé

Pour de nombreux métiers manuels, et plus particulièrement les métiers de bouche, l’apprentissage n’est pas une option mais la voie quasi exclusive d’accès à la profession. C’est sur le terrain, au contact d’un maître d’apprentissage, que se transmettent des gestes, des techniques et des savoir-faire ancestraux. « Réduire les aides à l’apprentissage, c’est scier la branche sur laquelle repose toute une partie de notre patrimoine gastronomique et de notre économie de proximité », alerte Joël Mauvigney. Former un apprenti représente un investissement humain et financier considérable pour un artisan. Le temps passé à la transmission et le coût des matières premières, notamment dans des secteurs comme la charcuterie ou la pâtisserie, sont des charges importantes que les aides de l’État permettent de compenser. Sans ce soutien, de nombreux artisans pourraient renoncer à former, privant ainsi des milliers de jeunes d’une voie d’insertion professionnelle et de réussite.

Des conséquences économiques et territoriales en cascade

L’affaiblissement de l’apprentissage artisanal ne se limiterait pas à un problème de formation. Les conséquences se feraient sentir en cascade sur l’ensemble de l’écosystème. La première crainte est une crise des vocations, alors même que de nombreux secteurs peinent à recruter. Si former devient trop complexe ou trop coûteux, les entreprises ne pourront plus renouveler leurs effectifs, ce qui posera à terme un problème crucial de transmission des entreprises. Qui reprendra les commerces de centre-ville lorsque leurs propriétaires partiront à la retraite ? Ces métiers, rappelle la CNCT, sont des piliers de la vitalité des territoires. Ils animent les centres-villes, créent du lien social et garantissent une offre de produits de qualité et de proximité. « Un charcutier-traiteur, un boulanger ou un boucher qui baisse le rideau, c’est un peu de l’âme d’un quartier ou d’un village qui s’éteint », souligne le président de la CNCT.

L’apprentissage, un investissement d’avenir

Face aux impératifs de maîtrise des dépenses publiques, Joël Mauvigney appelle à ne pas considérer l’apprentissage comme une simple ligne de coût, mais comme un investissement d’avenir. Dans une tribune récemment publiée dans Les Echos (https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/apprentissage-dans-certains-metiers-artisanaux-cest-la-voie-dacces-quasi-exclusive-il-serait-dangereux-daffaiblir-ce-levier-economique-territorial-et-social-2219796), il défend un modèle qui favorise l’emploi des jeunes, assure la pérennité de savoir-faire d’excellence et participe activement à la souveraineté alimentaire et au dynamisme économique local. La Confédération Nationale des Charcutiers, Traiteurs (https://www.charcutiers-traiteurs.com/), qui représente et soutient les artisans du secteur, plaide pour un dialogue constructif afin de trouver un équilibre qui préserve ce levier essentiel sans compromettre l’avenir des métiers de l’artisanat français.