PARIS : Jeunesse et mobilité, la fracture rurale
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PARIS : Jeunesse et mobilité, la fracture rurale
Félix Assouly est diplômé de sciences humaines et sociales à l’Université catholique de l’Ouest.
Après plusieurs expériences professionnelles dans le secteur associatif en France et à l’étranger, il dirige aujourd’hui les actions de plaidoyer et d’influence de Chemins d’avenirs.
Salomé Berlioux
Salomé Berlioux est entrepreneure sociale. Après des études supérieures à Sciences Po Paris et en master de littérature à l’ENS et à la Sorbonne, elle a travaillé dans le conseil stratégique en communication, comme chargée de mission à la Présidence de la République, puis au sein du cabinet du ministre des Affaires étrangères comme conseillère discours et prospective. En 2016, elle a fondé l’association Chemins d’avenirs pour lutter contre les fractures territoriales en pariant sur les jeunes des zones rurales et des petites villes. Auteure des Invisibles de la République (2019, Robert Laffont), de Nos campagnes suspendues (2020, L’Observatoire) et de La Peau des pêches (2021, Stock), elle a été missionnée en 2020 par Jean-Michel Blanquer sur le thème de l’égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes, et en 2021 par Olivier Véran et Adrien Taquet pour une stratégie nationale de lutte contre l’infertilité.
Victor Delage
Victor Delage est le fondateur de l’Institut Terram. Il est diplômé d’un master of arts en études politiques et de gouvernance européennes au Collège d’Europe à Bruges, et d’un double master en affaires européennes et en sciences économiques à Sciences Po Grenoble. Il a été responsable des études et de la communication à la Fondation pour l’innovation politique entre 2017 et 2023. Il dispense un cours intitulé « Les think tanks dans l’Union européenne : rôles, stratégies, dynamiques » au master Gouvernance européenne de Sciences po Grenoble.
Résumé
Si les ruraux grandissent dans des contextes et des paysages différents les uns des autres, la faible densité de leurs territoires et leur éloignement des métropoles façonnent leur existence. Ces réalités forgent une expérience commune, une communauté de destins entre eux tous. Quand tout est loin, quand les transports sont plus difficiles d’accès, quand chaque déplacement prend du temps, quand la voiture est un impératif, votre existence est nécessairement différente de celle d’un urbain. Cette donne fait de vous un jeune rural, qu’importe que vous grandissiez dans une petite commune isolée ou en pleine campagne, dans la Creuse ou dans les Ardennes. Dans ce contexte, analyser et comprendre la mobilité sociale et géographique des jeunes ruraux s’impose comme une priorité. Cette enquête, menée par l’Institut Terram et Chemins d’avenirs avec l’Ifop, rompt avec l’approche habituelle du rural perçue depuis la ville, au profit d’une classification liée à la faible densité de population des territoires ruraux. Cette méthodologie inédite, d’une grande précision, permet de mieux appréhender les espaces ruraux, qui correspondent ici aux communes « peu denses » et « très peu denses », soit 88 % des communes et un quart des jeunes de 15 à 29 ans (26 %). L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 2 039 personnes représentatif de la population rurale âgée de 15 à 29 ans, et d’un échantillon de 2 027 personnes représentatif de la population française âgée de 15 à 29 ans, incluant 1 079 citadins. Chiffres à l’appui, l’étude fait état d’une jeunesse rurale dont le quotidien est sous-tendu par l’éloignement et rythmé par les déplacements. Des trajets pour aller vers : vers l’école, vers les amis, vers le médecin, vers la culture, vers les études, vers le travail…
Des trajets qui, lorsqu’ils sont contraints pour des raisons économiques ou d’accès difficile aux transports, ferment les portes une à une. Traiter de cet enjeu de la mobilité en ruralité, ce n’est pas faire preuve de misérabilisme à l’égard des territoires ruraux. Bien au contraire, c’est permettre aux acteurs locaux et nationaux de proposer aux jeunes une mise en adéquation entre goût pour la campagne et aspirations professionnelles. C’est tenir compte d’une situation individuelle et collective qui, à ce jour, empêche des millions de jeunes Français de réaliser leur potentiel. C’est enfin pouvoir prétendre à une véritable égalité des chances en France.


