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PARIS : Jean-Thomas SCHMITT : « L’électrification suppose un cadre réglementaire et un cap clair »

Face à la flambée des carburants, l’Union TLF dévoile 22 propositions concrètes pour encadrer et accélérer l’électrification des poids lourds.

Dans un contexte marqué par l’envolée des prix du gazole et une prise de conscience accrue de la dépendance aux énergies fossiles, le secteur du transport routier de marchandises (TRM) est à la croisée des chemins. L’Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France (Union TLF) publie ce mercredi un document de travail majeur contenant 22 propositions opérationnelles visant à bâtir un écosystème favorable à une transition électrique réaliste et soutenable pour les entreprises.

Un momentum politique et économique inédit

La publication de ce rapport intervient à un moment charnière. La crise géopolitique au Moyen-Orient a ravivé la volatilité des coûts de l’énergie, poussant le gouvernement à débloquer une aide d’urgence de 50 millions d’euros pour le TRM et à accélérer son plan d’électrification de l’économie. Simultanément, plusieurs initiatives parlementaires et réglementaires ont vu le jour, témoignant de l’urgence du sujet. Un groupe de travail sur l’électrification des transports, présidé par Luc Marbach, a été lancé par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, et Philippe Tabarot, ministre des Transports. En parallèle, une mission sur la décarbonation des flottes est conduite par le député Jean-Luc Fugit et Pierre Médevielle, tandis qu’une mission flash de l’Assemblée nationale est menée par Gérard Leseul et Jean-Marie Fiévet. C’est dans ce cadre propice que l’Union TLF entend peser sur les débats.

Six leviers pour une transition réaliste

Les 22 propositions de l’organisation s’articulent autour de six dimensions jugées indissociables : la technologie, la détention des véhicules, les aides à l’achat, le volet social, les infrastructures de recharge et la fiscalité. Parmi les mesures prioritaires mises en avant, l’Union TLF insiste sur la nécessité d’adapter la réglementation pour compenser le surpoids des batteries, en augmentant par exemple la charge autorisée à l’essieu moteur. Elle demande également une clarification du cadre social concernant le temps de recharge des conducteurs, afin de sécuriser les plannings opérationnels. Sur le plan économique, l’accès à un tarif d’électricité compétitif en itinérance et une stabilité fiscale sont jugés impératifs. L’organisation plaide aussi pour une standardisation des normes de construction des infrastructures de recharge pour mettre fin à l’hétérogénéité actuelle qui freine les investissements. Enfin, elle propose la création d’un outil de cartographie nationale en temps réel des bornes accessibles aux poids lourds, sur le modèle de « ChargeMaps » pour les véhicules légers, et demande que les recettes de la nouvelle taxe carbone (ETS 2) soient fléchées vers la décarbonation du TRM.

Une transition encore balbutiante face à des objectifs ambitieux

Le chemin à parcourir reste considérable. Selon les données de l’Union TLF, le parc français ne comptait que 225 tracteurs routiers électriques au 1er janvier 2025, et la part de l’électrique dans les nouvelles immatriculations de porteurs ne s’élevait qu’à 0,3 %. Ces chiffres contrastent fortement avec l’objectif fixé par la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC 3), qui vise 50 % de véhicules électriques parmi les immatriculations neuves de poids lourds dès 2030. L’écart entre la réalité du terrain et les ambitions politiques souligne l’urgence de mettre en place un cadre incitatif, stable et clair.

« Parmi les différents leviers de décarbonation, l’électrification est une solution prometteuse pour le TRM. Elle suppose des investissements considérables pour nos entreprises qui ont impérativement besoin d’un cadre règlementaire fiscal adapté et un cap clair pour les prochaines années », a souligné Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF.

L’Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France est l’organisation professionnelle représentant l’ensemble des métiers de la chaîne du transport et de la logistique, dont les adhérents totalisent près de 235 000 salariés. L’ensemble des activités et des prises de position de l’organisation sont consultables sur son site internet (https://www.e-tlf.com).