PARIS : Jean-Thomas SCHMITT : « Le temps presse pour un rep…
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PARIS : Jean-Thomas SCHMITT : « Le temps presse pour un report des cotisations sociales »
Face à la flambée du gazole, l’Union TLF demande au gouvernement un report des cotisations sociales pour les transporteurs, une mesure à l’étude.
Confrontés à une hausse de près de 24 % du prix du gazole depuis le 1er janvier, les transporteurs routiers français tirent la sonnette d’alarme. Dix-huit jours après le début du conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué cette envolée des prix, les représentants du secteur ont été reçus ce mardi par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Bregeon. L’Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France (Union TLF) a plaidé pour des mesures d’urgence afin de soulager la trésorerie des entreprises.
Un choc de trésorerie pour un secteur déjà fragilisé
Cette augmentation brutale et soudaine des coûts du carburant frappe un secteur déjà en grande difficulté. Le transport routier de marchandises, qui assure 90 % des flux en France, sort de trois années d’activité atone et affiche des marges parmi les plus faibles d’Europe. La situation économique était déjà précaire, comme en témoigne le nombre de défaillances d’entreprises en 2025, qui a atteint 2 504, un niveau inédit depuis trente ans.
Pour ces entreprises, dont 85 % sont des TPE-PME, le carburant représente un poste de dépense majeur, constituant près de 30 % des coûts de revient. L’impact financier de la crise actuelle est direct et massif, estimé entre 650 et 750 euros supplémentaires par mois pour un camion grand routier.
Une demande de report à l’étude par le gouvernement
Face à cette situation critique, l’Union TLF a formulé une demande prioritaire : la mise en place d’un mécanisme de report du paiement des cotisations sociales. Cette mesure vise à alléger immédiatement le choc de trésorerie subi par les transporteurs. L’organisation a également réitéré sa demande d’une publication plus fréquente des indices du Comité National Routier (CNR) pour une meilleure réactivité du marché.
En réponse, le gouvernement a annoncé que ses services allaient instruire cette demande, ainsi que la possibilité de mettre en place des garanties sur les encours de carburant des transporteurs. Une annonce accueillie avec une attente prudente par la profession. « L’Union TLF sera très attentive à ce que cette instruction débouche rapidement sur des résultats et des mises en œuvre concrètes. Pour un secteur où le carburant représente près de 30 % des coûts de revient, le temps presse », a souligné Jean-Thomas Schmitt, Président de l’Union TLF.
Flambée des prix du gazole : une stabilisation à un niveau record
Depuis le début du conflit le 27 février, la hausse du prix du gazole a été d’une brutalité sans précédent. Bien qu’une légère stabilisation, voire un recul, ait été observée ces derniers jours, les niveaux restent historiquement élevés. Selon les données de la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC) publiées le 13 mars, le prix moyen hebdomadaire du gazole s’établissait à 2,0174 € TTC.
Concernant les prix payés par les entreprises pour leurs cuves, le CNR indiquait dans sa publication du 13 mars une augmentation de 8 % sur la seule deuxième semaine de mars, portant la hausse totale à +28,1 % depuis le début de la crise.
Le transport routier, un pilier économique sous pression
Le secteur du transport et de la logistique en France représente 50 000 entreprises et emploie 500 000 salariés. L’Union TLF (https://www.e-tlf.com), qui représente un tiers des salariés de la branche, a rappelé l’importance stratégique de ces acteurs pour l’économie nationale. Elle continue de participer activement aux cellules de suivi mises en place par les ministères de l’Économie et des Transports pour suivre l’évolution de la situation et défendre les intérêts de ses adhérents.