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PARIS : Jean-Pierre FARANDOU : « Protéger les travailleurs sans mettre à l’arrêt le pays »

Face à la canicule, le ministre du Travail a réuni les partenaires sociaux pour adapter le monde du travail aux chaleurs extrêmes.

Face aux épisodes de canicule de plus en plus intenses, le gouvernement cherche la parade pour concilier activité économique et protection des salariés. C’est dans ce contexte que Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a réuni les partenaires sociaux ce mercredi 24 juin à Paris. L’objectif de cette rencontre était double : dresser un bilan des mesures d’urgence déjà en place et amorcer une réflexion de fond sur les adaptations structurelles que le changement climatique impose au monde de l’entreprise.

Un plan d’action renforcé sur le terrain

Le ministère a rappelé avoir déployé un plan global pour prévenir les risques liés aux fortes chaleurs. Les employeurs ont été de nouveau alertés sur leurs obligations renforcées, incluant l’aménagement des horaires, l’adaptation des postes de travail, la mise à disposition d’eau fraîche ou encore l’augmentation des temps de pause. Le recours au télétravail est également encouragé lorsque l’activité le permet.

Pour s’assurer de la bonne application de ces directives, l’inspection du travail a été fortement mobilisée. Depuis le 22 mai, une instruction a conduit à une intensification des contrôles. Les chiffres communiqués par le ministère témoignent de cette vigilance accrue : 1 645 contrôles ont été réalisés depuis fin mai, soit un tiers du total des contrôles effectués sur toute l’année 2025. Ces interventions ont abouti à l’envoi de 1 781 lettres d’observation et à 102 mises en demeure.

Dans les départements placés en vigilance rouge, des mesures plus drastiques ont été prises. Les préfets ont reçu la consigne de suspendre les chantiers aux heures les plus chaudes, généralement entre 13h et 21h. Plusieurs préfectures, dont celles du Rhône, de la Haute-Garonne, du Puy-de-Dôme et de plusieurs départements franciliens (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Yvelines), ont déjà mis en œuvre ces suspensions locales.

Anticiper pour s’adapter durablement

Au-delà de la gestion de crise, la réunion a ouvert la voie à une réflexion structurelle. Conscient que les vagues de chaleur sont vouées à se répéter, le ministre a proposé la création d’un groupe de travail réunissant les partenaires sociaux. Sa mission sera d’étudier, dès la rentrée, les nouveaux usages et les adaptations à long terme nécessaires pour maintenir l’activité économique tout en garantissant la sécurité des travailleurs.

Présent lors de la réunion, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) a rappelé que la chaleur doit être considérée comme un risque professionnel à part entière. Elle doit donc faire l’objet d’une évaluation des risques par chaque employeur, suivie d’un plan d’action concret. L’INRS a précisé que les seuils de 28°C pour une activité physique et de 30°C pour une activité sédentaire ne constituent pas des limites réglementaires mais des repères pour agir en prévention, d’autres facteurs comme l’humidité ou la charge de travail devant être pris en compte.

Pour le ministre, l’enjeu est de repenser en profondeur l’organisation collective.

« J’ai tenu à réunir aujourd’hui les organisations syndicales et patronales pour évoquer les épisodes de canicule que l’on traverse actuellement. Au-delà du plan de protection des travailleurs qui a été mis en place pour cette année, il faut travailler à l’adaptation en profondeur du monde du travail face aux chaleurs extrêmes qui vont se répéter et s’intensifier à l’avenir. J’ai proposé aux partenaires sociaux de mettre en place un groupe de travail, avec un objectif clair : protéger les travailleurs sans mettre à l’arrêt le pays. Pour y arriver, des réponses structurelles sont nécessaires. L’organisation du travail est liée à l’organisation de notre vie sociale. Il va donc falloir revoir nos habitudes et nos usages », a déclaré Jean-Pierre Farandou.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).