PARIS : Jean-François DELDON : « L’IA invisible est le nouv…
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PARIS : Jean-François DELDON : « L’IA invisible est le nouvel angle mort des PME »
Le fondateur de Yakadata alerte sur les usages non encadrés de l’IA qui, déjà omniprésents dans les TPE-PME, créent une faille de sécurité majeure.
Loin des grands projets de transformation numérique, l’intelligence artificielle s’est déjà immiscée dans le quotidien de nombreuses petites et moyennes entreprises, souvent par des canaux officieux et sans supervision. Un salarié utilisant ChatGPT pour traiter un fichier client, un commercial s’appuyant sur Copilot pour ses relances ou une équipe RH reformulant une fiche de poste avec Gemini : ces usages, en apparence anodins, constituent une menace croissante et silencieuse pour la sécurité et la souveraineté des données.
C’est l’alerte que lance Jean-François Deldon, fondateur de la société Yakadata, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises. Selon lui, le débat ne porte plus sur l’adoption de l’IA par les PME, mais sur la manière de reprendre le contrôle de ses usages déjà bien réels, une réalité qu’il nomme la « Shadow IA », ou IA invisible.
Un risque discret mais omniprésent
Pour de nombreux dirigeants, le principal danger lié à l’intelligence artificielle semble provenir d’un projet d’envergure mal déployé. Or, l’expert pointe une réalité bien différente : la vulnérabilité naît de la somme des usages individuels, pratiques et rapides, mais effectués sans cadre, sans formation et sans conscience des risques de fuite d’informations stratégiques. Chaque requête envoyée à une IA grand public peut potentiellement transmettre des données confidentielles hors des murs de l’entreprise.
« Beaucoup de dirigeants pensent encore que le risque viendra d’un grand projet d’IA mal maîtrisé. En réalité, le danger est déjà là, dans les usages quotidiens, discrets et non sécurisés de leurs équipes », analyse Jean-François Deldon.
De l’outil de productivité à la faille de souveraineté
Le paradoxe est que ces outils, adoptés pour gagner en efficacité, peuvent se transformer en véritables portes de sortie pour les données de l’entreprise. En collant un contrat, une liste de clients ou des informations financières dans une interface externe, un collaborateur expose son organisation à des risques majeurs de cybersécurité et à une perte de contrôle sur son patrimoine informationnel. La question de la souveraineté des données devient alors centrale : où vont ces informations, comment sont-elles utilisées et par qui ?
Cette IA de l’ombre pose ainsi un défi managérial de premier plan :
Comment encadrer ces pratiques pour sécuriser l’entreprise sans pour autant freiner l’innovation et la productivité des équipes, qui ont bien perçu le potentiel de ces nouveaux outils ?
La formation humaine comme principal rempart
Face à ce constat, la solution ne réside pas dans une interdiction stricte, souvent contournée, mais dans une approche centrée sur l’humain. Pour Jean-François Deldon, la formation des collaborateurs et des managers constitue le meilleur rempart. Il s’agit de les sensibiliser aux bons réflexes, de définir des chartes d’utilisation claires et de leur fournir, si nécessaire, des outils d’IA sécurisés et maîtrisés par l’entreprise.
« La bataille de l’IA dans les PME ne se gagnera pas uniquement sur le choix des outils, mais sur notre capacité à reprendre la main sur les usages réels. La formation humaine est aujourd’hui le meilleur investissement pour garantir à la fois la cybersécurité, la productivité et la souveraineté de nos données », souligne-t-il.
En définitive, l’enjeu pour les TPE-PME est de faire passer l’IA de l’ombre à la lumière, en transformant des initiatives individuelles et risquées en une stratégie d’entreprise cohérente et sécurisée.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

