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PARIS : Jean CROSETTI : « Nous développons une main-d’œuvre autonome pour les océans »
La startup Bubble Robotics lève 4,5 M€ pour déployer une flotte de robots sous-marins autonomes pour l’industrie, le climat et la sécurité maritime.
La startup française Bubble Robotics annonce ce mardi 21 avril une levée de fonds en pré-amorçage de plus de 4,5 millions d’euros. Fondée en 2025 par d’anciens ingénieurs de la NASA et de l’ETH Zürich, l’entreprise ambitionne d’accélérer le déploiement de ses systèmes robotiques sous-marins, conçus comme une véritable force de travail autonome capable d’opérer en continu sous la mer.
Le tour de table a été mené par les fonds d’investissement Episode 1, Asterion Ventures et Norrsken Evolve, suite au lancement de l’entreprise au sein de l’accélérateur Entrepreneurs First. Cette levée de fonds doit permettre à Bubble Robotics de perfectionner sa plateforme de « physical AI », qui combine robotique, perception embarquée et intelligence artificielle, afin de répondre à une demande déjà forte, matérialisée par plus de 4 millions de dollars de lettres d’intention signées.
Réduire les coûts des opérations en mer de 70 %
Selon Bubble Robotics, l’océan constitue une nouvelle frontière technologique, essentielle pour le climat, les énergies renouvelables et la protection des infrastructures critiques comme les câbles sous-marins ou les parcs éoliens. Or, les industries offshore font face à un double défi : une pénurie structurelle de main-d’œuvre, avec plus de 600 000 postes qui pourraient être non pourvus d’ici 2030, et des coûts opérationnels exorbitants dans un environnement particulièrement hostile. La startup propose un changement de paradigme en remplaçant les opérations humaines, lourdes et coûteuses, par une flotte de robots autonomes. Ces systèmes peuvent automatiser l’ensemble des tâches d’inspection et de maintenance, 365 jours par an.
« Aujourd’hui, 80 à 90 % des coûts d’inspection sont imputables aux navires et aux équipages. En éliminant cette dépendance, nous transformons radicalement l’équation économique, la fréquence des inspections, la sécurité des opérations et la qualité des données », déclare Jean Crosetti, PDG et cofondateur.
La « physical AI » au service d’une surveillance continue
Les robots de Bubble Robotics s’appuient sur des briques de « physical AI », leur permettant de percevoir, analyser et intervenir avec une supervision humaine minimale. Conçus pour opérer de manière autonome pendant plusieurs mois, ces systèmes mobiles intègrent leur propre production d’énergie et sont capables de résister à des conditions extrêmes, jusqu’à une mer de force 7. Les équipes humaines peuvent ainsi rester à terre tout en conservant un contrôle permanent sur leurs actifs.
Le modèle économique de l’entreprise repose sur le « robotics-as-a-service », offrant aux industriels une capacité opérationnelle complète sans investissement initial (CAPEX) ni mobilisation d’équipes offshore. Cette approche répond à trois enjeux critiques : la réduction drastique des coûts, la raréfaction des compétences spécialisées et le besoin croissant de données en continu pour la maintenance prédictive.
Des applications industrielles, climatiques et sécuritaires
Les solutions développées par Bubble Robotics s’adressent à plusieurs secteurs stratégiques. Dans le domaine de l’énergie et des infrastructures, elles permettent l’inspection continue des fondations, câbles, pipelines et turbines. Pour le climat et la biodiversité, les robots fournissent des données environnementales persistantes, comme la cartographie des fonds marins ou le suivi des écosystèmes. Enfin, pour la sécurité maritime et la défense, ils assurent une présence sous-marine continue pour la détection d’anomalies ou la protection d’infrastructures.
« L’océan est aujourd’hui un angle mort opérationnel, alors même qu’il est au cœur des enjeux climatiques, énergétiques et de sécurité. En développant une main-d’œuvre autonome capable d’y opérer en permanence, nous ouvrons la voie à une nouvelle génération d’infrastructures maritimes : plus résilientes, plus sûres et pilotables en continu depuis la terre », conclut Jean Crosetti.
Bubble Robotics (https://www.bubble-robotics.com/), qui est implantée en France, à Zurich et à San Francisco, se positionne ainsi pour déployer une infrastructure de robots autonomes, à l’image des constellations de satellites, afin de construire le modèle de données le plus avancé du monde sous-marin.
Les investisseurs du projet sont le fonds londonien Episode 1, spécialisé dans la deeptech, Asterion Ventures (https://www.asterionventures.com), fonds de capital-risque dédié à l’impact, Norrsken Evolve, branche d’investissement du groupe suédois Norrsken, et l’accélérateur international Entrepreneurs First (https://www.joinef.com/).


