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PARIS : Jean-Christophe VILLETTE : « Le burn-out féminin n’…

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PARIS : Jean-Christophe VILLETTE : « Le burn-out féminin n’est pas d’abord un sujet de femmes, c’est un sujet de travail »

À l’approche du 8 mars, le cabinet Ekilibre Conseil révèle que l’organisation du travail est la cause majeure de la souffrance psychique des femmes.

Alors que la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2026 se profile, de nombreuses entreprises s’apprêtent à publier leurs engagements en matière d’égalité professionnelle et de féminisation des instances dirigeantes. Si ces initiatives sont saluées comme des avancées nécessaires pour briser le plafond de verre, elles ne semblent pas suffire à endiguer un phénomène préoccupant : la surexposition des femmes à la souffrance psychologique au travail.

C’est le constat dressé par le cabinet Ekilibre Conseil (https://ekilibre-conseil.com/), spécialisé dans le management des enjeux humains. Au-delà des questions de parité hiérarchique, l’analyse pointe du doigt les causes organisationnelles et la nature même des métiers occupés majoritairement par les femmes.

Des indicateurs de violence inquiétants

Les chiffres rapportés par le Baromètre OpinionWay pour Ekilibre Conseil sur la santé et les conditions de travail, réalisé en juin 2025, illustrent une réalité difficile. Selon cette étude, 25 % des salariés déclarent avoir subi des violences au travail. Parmi ces victimes, la répartition est inégale : 59 % sont des femmes, contre 41 % d’hommes.

Le déséquilibre se creuse davantage concernant le harcèlement, où 62 % des situations caractérisées concernent des femmes. La pression psychologique quotidienne est également plus forte : 50 % des femmes affirment devoir « faire bonne figure en toutes circonstances », contre seulement 39 % de leurs collègues masculins. Les données épidémiologiques corroborent ce baromètre, indiquant que la souffrance psychique liée à l’activité professionnelle touche au moins 50 % de femmes en plus que d’hommes.

Une question de métier plutôt que de genre

Pour les experts, cette disparité ne relève pas d’une fragilité intrinsèque ou d’une différence de nature entre les sexes. L’analyse démontre que lorsque l’on compare des hommes et des femmes exerçant strictement le même métier, les écarts concernant les facteurs de risques psychosociaux s’amenuisent considérablement.

Le cœur du problème réside dans l’exposition liée à la nature du travail. « Ce n’est pas une opposition entre femmes et hommes. C’est une différence d’exposition liée à la nature des métiers et à l’organisation du travail », explique Jean-Christophe Villette, Directeur général et fondateur du cabinet Ekilibre Conseil.

La lourde charge des métiers relationnels

Les femmes sont aujourd’hui majoritaires dans les secteurs dits relationnels : l’enseignement, la santé, les ressources humaines, la relation client ou les fonctions support. Ces professions ont pour dénominateur commun une forte interaction humaine, la nécessité de gérer des tensions et une responsabilité directe vis-à-vis d’autrui.

Ces activités ne sont pas nécessairement plus exigeants sur le plan technique, mais elles mobilisent en permanence l’attention relationnelle et la régulation émotionnelle. Cette « charge émotionnelle », couplée à la nécessité de s’ajuster constamment aux autres, expose davantage ces professionnelles aux risques psychosociaux. Les indicateurs d’absentéisme de l’INSEE et de la DARES confirment cette lecture, montrant une absence pour raisons de santé plus fréquente chez les femmes, particulièrement dans ces secteurs très féminisés.

Le poids de la sphère privée et du temps partiel

À cette exposition professionnelle s’ajoutent des contraintes externes qui pèsent sur la disponibilité mentale et physique. Les femmes assurent encore environ 70 % des tâches domestiques et parentales et occupent la majorité des emplois à temps partiel.

Dans ce contexte, la soutenabilité du travail devient dépendante de l’organisation concrète mise en place par l’employeur : horaires, prévisibilité des plannings, gestion des interruptions et marges de manœuvre laissées aux salariées.

Repenser l’organisation pour tous

Pour le fondateur d’Ekilibre Conseil, également psychologue du travail, la prévention doit changer de paradigme. « Le burn-out féminin n’est pas d’abord un sujet de femmes. C’est un sujet de travail », insiste Jean-Christophe Villette.

L’expert appelle les dirigeants à dépasser la simple politique des quotas pour s’attaquer à la « soutenabilité du travail » lui-même. Cela implique une meilleure répartition des contraintes, une reconnaissance explicite de la pénibilité du travail relationnel et une véritable régulation des tensions. « Faire progresser l’égalité professionnelle, c’est aussi agir sur les causes racines : prévenir les violences, reconnaître la charge émotionnelle, redonner des marges de manœuvre et concevoir un travail soutenable pour toutes », conclut M. Villette.