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PARIS : Jacques BONIFAY (Transatel) : « L’illimité séduit…

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PARIS : Jacques BONIFAY (Transatel) : « L’illimité séduit, mais la performance prime à l’international »

En réponse à l’offre Free Max, Ubigi, acteur de l’eSIM, défend un modèle basé sur l’usage réel et la qualité technique face à l’illimité.

Suite au lancement du forfait « Free Max » et sa promesse de données mobiles illimitées à l’étranger, la marque Ubigi de Transatel, spécialiste mondial de la connectivité eSIM, a tenu à apporter un éclairage sur les usages réels des voyageurs et les véritables critères de performance d’un réseau mobile. Selon l’entreprise, derrière l’attrait marketing des gigaoctets à foison se cache une réalité plus complexe, où la qualité de la connexion et la pertinence du modèle économique priment sur le volume.

L’illimité, une promesse aux contours flous

Avec son offre à 29,99 € par mois, Free cible les grands voyageurs en proposant un accès internet dans 135 pays. Ubigi nuance cependant cette proposition en rappelant que la consommation moyenne de données mobiles en France reste inférieure à 20 Go par mois, selon les chiffres 2024 de l’Arcep. Même en déplacement, les usages excédant 30 à 40 Go demeurent exceptionnels.

Pour Ubigi, cette nouvelle offre premium serait avant tout une manœuvre stratégique visant à segmenter sa clientèle. Plutôt que de revaloriser ses forfaits historiques, l’opérateur créerait un nouveau palier tarifaire, probablement destiné à accueillir en exclusivité les futures innovations, incitant ainsi les clients les plus exigeants à migrer. La flexibilité annoncée est également remise en cause : un retour à un forfait inférieur est facturé 10 euros et conditionné à un engagement minimal de trois mois, des contraintes peu adaptées à un usage ponctuel.

Payer pour l’usage réel : l’alternative de l’eSIM

Face au modèle de l’abonnement mensuel, Ubigi défend une approche de connectivité à la demande, sans engagement. L’entreprise souligne que le forfait de Free représente un surcoût annuel potentiel de 120 €, que les voyages aient lieu ou non. En comparaison, le budget moyen annuel d’un client Ubigi s’élève à environ 35 €, reflétant des besoins ciblés et temporaires.

« Pourquoi payer toute l’année pour un usage ponctuel ? La majorité des besoins en connectivité internationale sont temporaires. L’eSIM permet justement d’y répondre avec précision, sans contrainte ni frais cachés », explique Christel Feunteun, Directrice Marketing Travel eSIM chez Ubigi. Cette solution séduit les voyageurs occasionnels comme les plus réguliers qui souhaitent conserver la fiabilité de leur opérateur principal (Orange, SFR ou Bouygues Telecom) en France. Ubigi (https://www.ubigi.com/fr) est un service de connectivité mondiale développé par Transatel, une filiale du groupe NTT.

Au-delà des gigas, la primauté de la qualité technique

Si le volume de données est un argument commercial visible, des critères techniques comme la latence (le temps de réponse du réseau), le jitter (la stabilité du flux) et la fiabilité sont, selon Ubigi, bien plus déterminants pour les usages modernes tels que la visioconférence, l’accès à un VPN ou le travail sur le cloud.

L’entreprise distingue deux architectures réseau. Le roaming traditionnel des opérateurs nationaux implique un routage des données vers le pays d’origine, créant une latence élevée. À l’inverse, Ubigi s’appuie sur le cœur de réseau mondial de Transatel, doté de passerelles de données sur chaque continent (Europe, Asie, Amériques). Celles-ci permettent de faire transiter les informations par le point de sortie internet le plus proche de l’utilisateur, réduisant drastiquement les distances. D’après le « Latency Report 2025 », une étude indépendante, cette technologie offre à Ubigi une latence jusqu’à cinq fois plus faible que le roaming classique, une gigue de seulement 5 ms et une perte de paquets inférieure à 0,2 %, garantissant une connexion stable et performante.

Une bataille stratégique sur le marché des télécoms

Selon l’analyse de Transatel, l’objectif principal de Free avec cette offre serait moins de répondre à un besoin d’usage international que d’augmenter le revenu moyen par abonné et de concurrencer ses rivaux. Cette stratégie de différenciation interviendrait alors que Free occupait la dernière place du classement général de la qualité de service mobile de l’Arcep fin 2025.

Le secteur voit ainsi s’affronter deux visions : celle des offres globales des opérateurs généralistes, qui misent sur la simplicité d’un abonnement unique, et celle des acteurs spécialisés comme Ubigi, qui privilégient la performance technique, la flexibilité et la maîtrise des coûts.

« L’illimité, c’est très séduisant sur le papier. Mais dans la réalité, les utilisateurs voyagent quelques semaines par an, consomment quelques dizaines de gigas… et attendent surtout que ça fonctionne parfaitement. À l’international, faire transiter des données sur des milliers de kilomètres pour afficher “illimité”, c’est un peu comme promettre la vitesse de la lumière… avec un détour par Paris », conclut Jacques Bonifay, Président de Transatel.

Les études de l’Arcep sont consultables sur son site officiel :

– Consommation de données 2024 : https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/observatoire-des-marches-des-communications-electroniques-en-france/marche-communications-electroniques-france-2024-resultats-definitifs.html

– Qualité des services mobiles 2025 : https://www.arcep.fr/actualites/actualites-et-communiques/detail/n/qualite-des-services-mobiles-en-metropole-201125.html