PARIS : Insécurité des commerces – Le SDI salue une a…
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PARIS : Insécurité des commerces – Le SDI salue une avancée mais alerte sur le coût pour les TPE
Le Syndicat des Indépendants salue l’expérimentation de caméras IA contre l’insécurité, mais alerte sur un possible transfert du coût de la sécurité sur les TPE.
Le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) a réagi favorablement à l’adoption par l’Assemblée nationale d’un dispositif autorisant l’expérimentation de caméras dotées d’intelligence artificielle dans les commerces. Cette mesure vise à prévenir les vols et les incivilités, un fléau croissant pour les entreprises de proximité. Pour le SDI, cette décision politique est un premier pas vers la reconnaissance d’une réalité de terrain : l’insécurité est devenue un facteur économique majeur qui fragilise le tissu économique local.
Un fardeau économique et psychologique.
Selon le dernier baromètre 2025 publié par le SDI, les chiffres témoignent d’une dégradation nette de l’environnement des TPE. Pas moins de 69 % des dirigeants constatent une hausse des incivilités au cours des douze derniers mois, allant des dégradations et tags (23 % des cas) aux menaces et agressions verbales (16 %) et aux vols ou tentatives de vol (11 %). Cette atmosphère a des conséquences directes et mesurables sur leur activité : 31 % des professionnels interrogés observent une baisse de la fréquentation de leur établissement qu’ils lient directement à ce climat d’insécurité. Face à cette situation, les commerçants et artisans sont contraints d’investir leurs propres fonds pour se protéger. L’enquête révèle que 53 % d’entre eux ont mis en place des mesures de protection privées, telles que des caméras de surveillance, des alarmes ou le recours à des vigiles. Ces investissements représentent une charge financière considérable, oscillant entre 1 000 et 6 000 euros par an, un coût qui pèse lourdement sur la rentabilité de structures souvent fragiles et qui n’est compensé par aucune aide. Pour 14 % des dirigeants, la situation est devenue si critique qu’ils ont déjà envisagé de déménager leur activité.
Une première réponse parlementaire jugée insuffisante.
Si le SDI considère que l’autorisation de dispositifs fondés sur l’intelligence artificielle peut constituer un outil complémentaire utile, il exprime une vive inquiétude. Le syndicat craint que cette solution ne se traduise par un transfert du coût de la sécurité publique sur les épaules des très petites entreprises. Il insiste sur le fait que la sécurité doit rester une prérogative et une charge régaliennes.
« Les commerçants et artisans ne peuvent pas devenir les financeurs de leur propre sécurité. L’insécurité est un problème public, pas une charge privée », rappelle le SDI dans son communiqué.
Le syndicat demande donc que le déploiement de ces nouvelles technologies reste strictement encadré et ne devienne pas une charge supplémentaire pour des entreprises déjà sous pression.
La sécurité, enjeu majeur des municipales 2026.
À l’approche des élections municipales prévues pour 2026, le SDI entend placer la sécurité au cœur des débats locaux. Le syndicat affirme qu’il s’agit du premier sujet de préoccupation des TPE, avant même la fiscalité locale ou les questions d’urbanisme. L’insécurité perçue par les commerçants et leurs clients accélère la vacance commerciale, participe à la désertification des centres-villes et entraîne une baisse des recettes fiscales pour les communes.
Pour transformer cette préoccupation en action politique concrète, le SDI a lancé son « Pacte local des TPE ».
Ce document appelle les candidats aux élections municipales à s’engager sur des mesures précises touchant à la sécurité (police municipale de proximité, co-financement d’équipements), mais aussi à la fiscalité, l’urbanisme commercial, l’accessibilité et le dialogue économique local.
Le Pacte local des TPE est disponible en consultation sur le site du syndicat (https://sdi-pme.fr/municipales-2026-le-sdi-lance-le-pacte-local-des-tpe/).