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PARIS : Infrastructures – Le Sénat se penche sur l’arbitrage entre grands projets et entretien des réseaux
Le Conseil d’orientation des infrastructures sera auditionné au Sénat sur son rapport prônant un rééquilibrage des investissements.
La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat auditionnera, le mercredi 1er juillet 2026, les dirigeants du Conseil d’orientation des infrastructures (COI). David Valence, son président, et Sophie Mougard, rapporteure générale, présenteront les conclusions de leur rapport intitulé « Grands projets : le temps des choix ». Ce document stratégique pose une question fondamentale pour l’avenir des mobilités en France : faut-il continuer à lancer de nouvelles infrastructures majeures ou concentrer les moyens sur la régénération des réseaux existants, vieillissants ?
Un dilemme national : investir ou régénérer ?
Le rapport du COI, fruit d’un travail mené de juillet 2025 à mars 2026, dresse un constat sévère sur l’état des actifs nationaux. Il met en lumière un « déficit chronique d’investissement » qui affecte les réseaux ferroviaires, routiers et fluviaux. Cette situation n’est pas sans conséquences pour les usagers, qui subissent des « dégradations des temps de parcours, retards ou suppressions de trains à répétition », notamment sur des lignes structurantes comme Paris-Clermont ou Paris-Orléans-Limoges-Toulouse.
Le COI alerte sur les « dettes grises accumulées » et la menace d’une « perte de valeur économique » pour des réseaux qui sont parmi les plus étendus d’Europe. La France dispose en effet du premier réseau routier et navigable, et du deuxième réseau ferroviaire du continent. L’enjeu est donc de préserver ce patrimoine avant de l’étendre.
Une « opération-vérité » sur 18 grands projets
Face à ce constat, le Conseil a mené ce qu’il qualifie d’« opération-vérité » sur dix-huit grands projets d’infrastructures nouvelles. Chaque projet a été analysé en détail selon plusieurs critères : son empreinte environnementale, son état d’avancement, ses coûts, ses délais de livraison et sa gouvernance.
La principale préoccupation du COI est le risque d’« éviction des programmes de régénération et de modernisation des réseaux existants » au profit de ces nouveaux chantiers. Le rapport insiste sur l’« impérieuse nécessité d’un rattrapage », une priorisation claire des travaux de remise à niveau, avant tout nouvel engagement d’envergure.
La question cruciale du financement avant 2031
Le financement de cette stratégie est au cœur des débats. Le rapport identifie une opportunité majeure avec le renouvellement des concessions autoroutières, qui s’échelonnera entre 2031 et 2036. Le COI recommande d’affecter en priorité les revenus supplémentaires qui en découleront au financement de la modernisation des réseaux existants.
Toutefois, une question cruciale demeure : comment financer les besoins urgents durant la « période intermédiaire » qui nous sépare de cette échéance ? Le Conseil estime que, pour le seul secteur ferroviaire, un effort supplémentaire de 1,5 milliard d’euros par an sera nécessaire dès 2028. Il juge que les recettes des péages et le fonds de concours du groupe SNCF « ne sauraient suffire à couvrir » ce besoin. L’audition au Sénat sera l’occasion pour les parlementaires, représentants des territoires, d’interroger le Gouvernement sur les solutions envisagées pour sécuriser ce financement et garantir la cohésion nationale par des infrastructures fiables et performantes.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

