PARIS : Industrie verte – Les énergies renouvelables…
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PARIS : Industrie verte – Les énergies renouvelables captent la majorité des investissements
Avec 24,5 milliards d’euros investis en 2025, l’industrie verte résiste grâce à une bascule massive des capitaux vers les énergies renouvelables.
L’industrie verte française fait preuve d’une résilience remarquable. C’est le principal enseignement de la 9ème édition du Baromètre Arthur Loyd, dévoilé ce mercredi. Dans un contexte économique complexe, le montant global des investissements dans les filières de transition climatique reste stable à un niveau élevé, atteignant 24,5 milliards d’euros pour l’année 2025 (+1 %). Plus significatif encore, le nombre de projets atteint un record historique avec 463 opérations recensées, soit une hausse de 13 % par rapport à l’année précédente.
Cependant, derrière cette stabilité apparente des montants se cache une profonde recomposition sectorielle. « La stabilité globale des montants investis masque en réalité une transformation plus profonde du marché, avec une réallocation des fonds essentiellement vers la filière des énergies renouvelables et recyclage et déchets », analyse Cevan Torossian, directeur du département Études & Recherche d’Arthur Loyd.
La fin de la vague des batteries
L’année 2025 marque un tournant stratégique. Alors que la filière des batteries et véhicules électriques captait 24 % des investissements en 2024, elle chute brutalement à 3 % des volumes cette année. Ce repli signale la fin d’une première phase d’expansion industrielle massive, caractérisée par la construction des grandes « gigafactories ». Le Pas-de-Calais, terre d’accueil de ces mégaprojets les années précédentes, sort d’ailleurs du top 10 des départements les plus attractifs.
À l’inverse, les énergies renouvelables (EnR) profitent de ce changement de paradigme pour atteindre un niveau record, concentrant 58 % des volumes investis, contre une moyenne de 48 % depuis 2019. L’engouement pour le kérosène vert et l’éolien en mer tirent particulièrement cette dynamique. La filière recyclage et déchets progresse également, représentant 35 % des investissements.
La Nouvelle-Aquitaine, nouvelle locomotive nationale
Cette redistribution des cartes sectorielles redessine la géographie industrielle de la France. La Nouvelle-Aquitaine s’impose comme la grande gagnante de l’année 2025, avec 4,3 milliards d’euros d’investissements et 60 projets. La région distance désormais les Hauts-de-France, pourtant leader historique.
Deux départements de cette région illustrent cette percée spectaculaire. La Vienne se hisse à la deuxième place nationale (1,5 milliard d’euros), portée par un projet d’envergure du groupe Sorégies à Poitiers, visant à doubler sa production d’énergies renouvelables via l’éolien, le photovoltaïque et l’hydroélectricité. Les Landes intègrent quant à elles le top 5 (1,4 milliard d’euros) grâce à l’implantation par Verso Energy d’un site de production de carburant aérien durable (e-SAF) à Tartas.
Le département du Nord conserve toutefois sa place de leader national avec 2,5 milliards d’euros d’annonces, confirmant son rôle de moteur structurel. La Seine-Maritime complète le podium (1,49 milliard d’euros), capitalisant sur son héritage industrialo-portuaire et la présence du port HAROPA.
Le triomphe de la France périphérique
L’étude confirme une tendance de fond : la transition écologique est un puissant vecteur d’aménagement du territoire. En 2025, 60 % des volumes investis sont localisés hors des grandes métropoles. Les zones à plus faible densité urbaine confirment leur attractivité pour les grands donneurs d’ordres, qui y trouvent le foncier disponible nécessaire.
Toutefois, un rééquilibrage s’opère. Les grandes métropoles régionales regagnent du terrain, captant 34 % des investissements contre une moyenne historique de 27 %. L’Hérault, par exemple, s’affirme avec 1,22 milliard d’euros, porté par l’attractivité de Montpellier.
« La réindustrialisation ne se limite pas au retour des usines : elle génère des besoins immobiliers structurants […] Si l’exclusion des grands projets du calcul de l’artificialisation des sols marque un signal positif, un allègement plus ambitieux des contraintes normatives sera indispensable », précise Cevan Torossian.
Arthur Loyd (https://www.arthur-loyd.com) est le premier réseau français de conseil en immobilier d’entreprise. Son baromètre annuel est devenu un outil de référence pour mesurer l’attractivité des territoires français.

