PARIS : Immobilier – Les Français sacrifient leurs va…
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PARIS : Immobilier – Les Français sacrifient leurs vacances pour devenir propriétaires
Une enquête publiée ce lundi par la plateforme Bricks.co révèle que malgré un sentiment croissant d’inaccessibilité du marché, une majorité de Français s’organise et arbitre sévèrement ses dépenses pour concrétiser ses projets immobiliers en 2026.
Le marché immobilier français entame l’année 2026 sous le signe du pragmatisme. Fini l’époque de l’investissement perçu comme un rêve accessible à tous : les ménages sont désormais lucides sur la dureté du contexte économique, mais refusent la fatalité. C’est le principal enseignement de la nouvelle étude dévoilée aujourd’hui par Bricks.co, spécialiste de l’investissement participatif.
Le constat chiffré marque une rupture nette avec le début de la décennie. En quatre ans, la part des Français espérant investir un jour dans la pierre a chuté de 79 % à 51 %. Parallèlement, le sentiment que ce marché est devenu inaccessible a presque doublé, passant de 19 % en 2022 à 37 % aujourd’hui. Pourtant, loin de baisser les bras, les épargnants passent à l’offensive.
Moins de rêveurs, plus d’acteurs
Si l’euphorie s’est dissipée, la détermination s’est renforcée. L’enquête souligne que 62 % des sondés comptent prendre une « bonne résolution immobilière » en 2026, un chiffre en hausse par rapport à 2024. Les Français semblent vouloir reprendre la main sur leur trajectoire patrimoniale.
Les priorités sont clairement établies : épargner (64 %) et acheter sa résidence principale (57 %) arrivent en tête. « Ces données dévoilent un aspect intéressant : si les Français sont moins rêveurs cette année, ils sont davantage dans l’action », analyse l’étude. Le mythe de la propriété facile s’effrite pour laisser place à une stratégie d’effort.
L’épargne au prix des loisirs
Pour parvenir à leurs fins, les ménages n’hésitent plus à trancher dans le vif de leur budget quotidien. Le premier poste de dépense sacrifié reste, comme en 2022, celui des vacances : 68 % des Français se disent prêts à réduire ce budget pour investir.
Les arbitrages touchent désormais l’ensemble du mode de vie. Un Français sur deux est prêt à rogner sur les transports (51 %) et les cadeaux (49 %). L’objectif est de constituer l’apport personnel, dont le seuil psychologique se stabilise entre 20 000 et 50 000 euros pour près de la moitié des interrogés. Concernant l’effort d’épargne mensuel, la majorité (56 %) vise une mise de côté comprise entre 100 et 300 euros.
La démocratisation de l’investissement participatif
Face à la difficulté de mobiliser des sommes importantes, les solutions alternatives gagnent du terrain. L’étude note une explosion de la connaissance concernant l’investissement fractionné. En 2026, 57 % des Français savent désormais qu’il est possible d’investir dans l’immobilier à partir de petits montants (contre 32 % il y a quatre ans).
L’intérêt pour le financement participatif grimpe ainsi à 25 %, confirmant que la « pierre-papier » et le crowdfunding immobilier ne sont plus des niches réservées aux initiés, mais des options crédibles pour les petits porteurs.
L’attrait des régions et le désamour de Paris
La géographie des désirs immobiliers confirme également une tendance de fond : la recherche d’une meilleure qualité de vie couplée à la quête de rendement. L’Île-de-France continue de perdre en attractivité, chutant à 11 % des intentions d’investissement.
À l’inverse, la région Auvergne-Rhône-Alpes prend la tête du classement (26 %), talonnée par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (25 %) et l’Occitanie (23 %). L’étude met aussi en lumière la bonne santé de la façade atlantique, avec la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine qui séduisent près d’un investisseur sur cinq.
Un optimisme mesuré pour 2026
Malgré les sacrifices nécessaires, le moral des investisseurs remonte doucement la pente. Si le pessimisme reste présent chez 37 % des sondés, il recule nettement par rapport à 2024. Le camp des optimistes gagne du terrain (28 %), laissant présager une année 2026 « moins sombre, sans pour autant basculer dans l’euphorie », à l’image d’un marché qui redémarre progressivement.