
PARIS : ILEC – Léko, ambition double REP
Le deuxième acteur de la REP emballages ménagers compte s’étendre à celle des emballages professionnels, en misant notamment sur un guichet unique et sur ses relais à l’international.
Entretien avec Patrick Bariol, directeur général de Léko.
Quel bilan tirez-vous des cinq premières années d’activité de Léko en France ?
Patrick Bariol : Depuis 2020, à l’initiative du groupe international Raan Reclay – qui coordonne les activités de sept éco-organismes en Europe (Allemagne, Autriche, Slovaquie, Finlande, Espagne) et au Canada, Léko est un nouvel éco-organisme pour la gestion des emballages ménagers et papiers. Nous avons 60 000 entreprises adhérentes et 14 collectivités partenaires, couvrant 1,5 million d’habitants. En 2024 110 000 tonnes d’emballages et papiers ont été recyclées, pour un montant de 20 millions d’euros. Deux millions d’euros ont été investis pour améliorer les performances, qui atteignent 82 kg/habitant, au-dessus de la moyenne nationale. Fin 2024, l’État a reconduit notre agrément pour cinq ans.
Léko a créé un « Club des collectivités », qui réunit deux fois par an élus et gestionnaires de déchets, afin d’élaborer des solutions concrètes, partager les bonnes pratiques et faire remonter les besoins. Cette année a par ailleurs été lancée la « Léko Academy », plateforme de formation et d’expertise pour les producteurs désireux de mieux comprendre les étapes du cycle de vie des emballages, s’orienter dans leurs choix industriels, mieux concevoir les emballages et optimiser leur ultime recyclage.
Quelles difficultés rencontre le recyclage de certains matériaux et comment y répondez-vous ?
P. B. : Les emballages de croquettes pour animaux, les cassolettes en céramique ou les bouchons en liège sont difficiles à recycler à grande échelle. Nous menons des projets pilotes pour trouver des solutions, cela nécessite des investissements, de l’innovation et la mobilisation de toute la filière. Nous avons des projets avec Animo Impact pour collecter les sacs en plastique complexe auprès de cliniques vétérinaires et les recycler dans une usine adaptée, en construction dans le sud de la France. Les cassolettes et terrines en céramique, si associées à l’art culinaire français, font l’objet d’une expérimentation de collecte séparée en déchetterie et de mutualisation avec les déchets du bâtiment. Les bouchons de bouteilles de vin, cidre et bière en liège ou en matière synthétique sont visés par l’expérimentation « Mon p’tit bouchon », pour changer l’échelle de la collecte et du recyclage de ces emballages peu traités.
Parallèlement, Léko poursuit ses études et travaux sur la résine PLA, un plastique biosourcé, recyclable et compostable, en vue de développer une filière industrielle française.
Quelles sont les ambitions de Léko en matière de réemploi ?
P. B. : Développer cinq cents points de vente et de collecte partenaires d’ici à fin 2026, en commençant par la région Auvergne-Rhône-Alpes : deux opérateurs pilotes, Loop et Revera, ont été sélectionnés pour accompagner quarante marques volontaires. Le secteur des bouteilles pour boissons est prioritaire, mais suivront les bocaux et les barquettes. Il est prévu que de nouvelles régions participent. L’ambition est de construire avec l’ensemble des acteurs un modèle interopérable à l’échelon national dès 2027.
SOURCE : ILEC – La Voix des marques.