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PARIS : IA en entreprise – La France plus prudente qu…

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PARIS : IA en entreprise – La France plus prudente que ses voisins espagnols et italiens

Une étude de Planeta Formación y Universidades révèle que les professionnels français sont plus réticents à adopter l’IA que leurs voisins.

Alors que l’intelligence artificielle (IA) reconfigure en profondeur le monde du travail, les employés français affichent une prudence notable par rapport à leurs homologues européens et sud-américains. C’est le principal enseignement du rapport exécutif « Intelligence artificielle et employabilité du futur », une étude comparative internationale menée par l’institut GAD3 pour Planeta Formación y Universidades. Ce baromètre analyse les usages et perceptions de l’IA dans quatre pays où le réseau d’enseignement supérieur est implanté : la France, l’Espagne, l’Italie et la Colombie.

L’enquête, à laquelle sont associées les cinq écoles françaises du groupe (EDC Paris Business School, Sup de Luxe, ESLSCA Business School, l’École de Guerre Économique et Sports Management School), met en lumière un véritable décalage dans l’adoption de ces nouvelles technologies.

Une prudence française marquée

Les chiffres sont sans équivoque : la France se situe en queue de peloton concernant l’intégration de l’IA dans les pratiques professionnelles. Près d’un professionnel français sur deux (47 %) estime ne pas avoir besoin de recourir à l’intelligence artificielle dans ses tâches quotidiennes. Ce scepticisme contraste vivement avec la situation en Colombie, où près de sept travailleurs sur dix (69 %) déclarent utiliser des outils d’IA.

Cette frilosité se retrouve également chez les étudiants de l’enseignement supérieur. Si l’utilisation d’outils d’IA au niveau « utilisateur » est majoritaire dans les quatre pays, la France enregistre les scores les plus bas en matière de compétences avancées. Seuls 21 % des étudiants français se sentent capables de créer et d’appliquer des outils d’IA, contre 35 % en Colombie. De manière frappante, le rapport note que le niveau de compétence déclaré par les étudiants de toutes les filières en Espagne, Colombie et Italie dépasse celui des étudiants français en Ingénierie et Architecture, pourtant théoriquement les plus exposés à ces technologies.

Des motivations et une confiance en décalage

Le baromètre révèle également un déficit d’enthousiasme en France. La motivation à se former sur l’intelligence artificielle est la plus faible des quatre pays, avec seulement 49 % des étudiants français se déclarant motivés, loin derrière les Colombiens (75 %), les Espagnols (67 %) et les Italiens (64 %).

Cette tendance se confirme au niveau de la confiance en ses propres capacités d’apprentissage. Seuls 40 % des étudiants français se disent confiants dans leur capacité à acquérir les connaissances nécessaires pour travailler avec l’IA. À l’inverse, 65 % des étudiants espagnols et colombiens expriment une grande confiance en la matière. Ce manque d’assurance pourrait constituer un frein majeur à l’acculturation et à la montée en compétences nécessaires pour l’employabilité future.

Perceptions et craintes : entre automatisation et perte d’emploi

Quand il s’agit d’identifier les opportunités offertes par l’IA, les Français se concentrent avant tout sur l’« automatisation des tâches répétitives » (39 %). Les Espagnols et les Italiens y voient davantage une « amélioration de l’efficacité et de la productivité » (respectivement 41 % et 40 %), tandis que les Colombiens mettent en avant les « avancées en matière de recherche et développement » (44 %).

Du côté des défis, la crainte de la « perte d’emploi due à l’automatisation » est la préoccupation numéro un dans tous les pays, mais elle est particulièrement marquée en France, où elle est citée par 43 % des répondants. Les risques liés à la confidentialité des données constituent également une inquiétude majeure pour les Français (39 %), au même niveau que pour les Colombiens, tandis que les Espagnols et les Italiens sont plus préoccupés par les questions éthiques.

Ce baromètre dresse ainsi le portrait d’une France en retrait, où l’IA est perçue davantage sous l’angle du risque et de l’automatisation subie que comme un levier de productivité et d’innovation. Le rapport complet et le communiqué de presse sont disponibles en ligne pour une analyse détaillée des résultats.