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PARIS : Hétéro-agressivité, troubles alimentaires et tent…

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Floriane Dumont
22 Fév 2024

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PARIS : Hétéro-agressivité, troubles alimentaires et tentatives de suicide, 3 pathologies borderline

Encore souvent mal diagnostiqué et trop fréquemment confondu avec le trouble bipolaire, le trouble de la personnalité borderline (État Limite) touche près de 4,5% de la population Française.

Afin de sensibiliser les professionnels de santé mentale mais aussi le grand public aux spécificités de ce trouble (origines, symptômes, traitements), Pierre Nantas, psychothérapeute et spécialiste du trouble fonde en 2004 L’AFORPEL, Association pour la Formation et la Promotion de l’État Limite.

En 2013, cet expert a mobilisé des professionnels spécialisés dans le trouble de la personnalité borderline afin de concevoir un questionnaire spécifique visant à répondre aux centaines d’internautes qui visitent quotidiennement le site de l’association (www.aforpel.org).

À ce jour, ce sont plus de 315 000 individus ont participé au questionnaire intitulé « Êtes-vous borderline ? ». Les requêtes d’informations portent principalement sur les symptômes et les comorbidités associées.

Des milliers de données au service du trouble borderline

Depuis 2013, l’AFORPEL a recueilli de nombreuses données et statistiques relatives au trouble borderline. Parmi celles-ci, trois pathologies se démarquent au travers des réponses formulées par les personnes qui se reconnaissent dans le trouble borderline après avoir répondu au questionnaire.

1/ Les comportements hétéro-agressifs arrivent en première position pour 53% des répondants  

Il est d’habitude qu’un personne borderline en crise renverse ou assène des coups dans tout objet se trouvant devant elle. Cette action, imprévisible par les proches, s’inscrit souvent dans le contexte d’une crise d’angoisse débutante, faisant suite à une émotion, une frustration, un bien un sentiment de rejet/incompréhension – à moins que cette dernière s’adresse à une personne ressentie comme menaçante ou hostile.

Il s’agit en réalité d’une crise d’angoisse aiguë au cours de laquelle le sujet, déconnecté de la réalité, perd toute unité corporelle et psychique. La personne ne peut pas comprendre ce qu’on lui dit, et perd tout contrôle volontaire sur sa conduite.

D’après le questionnaire AFORPE, 43% des filles choisissent de retourner l’agressivité contre elles-mêmes, sous forme de blessures auto-infligées ou bien de mise en danger de soi sous formes de brulures de cigarette, ou/et de scarifications. Elles s’infligent des coupures de la peau au niveau des poignets, des bras ou des jambes, du ventre ou des cuisses avec un couteau, un cutter, une lame de rasoir, la pointe d’un compas… qui peuvent laisser des traces pérennes et des cicatrices. Interrogées sur le sens qu’elles donnent à ces actes, elles indiquent qu’ils permettent de soulager pour un temps, les d’angoisses et les tensions trop intenses.

2/ Les troubles du comportement alimentaire arrivent en deuxième position avec 46% des répondants

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des mécanismes adaptatifs à des situations de « stress psychique ». S’ils ne sont pas rapidement traités, ils deviennent invasifs et aboutissent rapidement à la mise en place de conduites qui s’aggravent avec des effets somatiques et psychiques associés dont les conséquences peuvent être très graves.

C’est, en particulier les cas de l’anorexie qui est une pathologie potentiellement grave. Elle touche plus les filles (1%) que les garçons (0.3%) Un tiers des cas évolue vers la chronicité, avec souvent des tableaux mixtes d’anorexie et de boulimie, et de nombreuses complications hormonales et organiques, (aménorrhée, perte de calcium et de potassium). L’anorexie mentale est responsable d’environ 7% de décès, tant par dénutrition que par suicide.

La boulimie et l’hyperphagie boulimique (avec ou sans vomissements) apparaissent à la puberté et peuvent devenir chroniques avec des périodes asymptomatiques, qui peuvent durer plusieurs mois avant une rechute. L’évolution de l’hyperphagie boulimique est, en termes de sévérité et de durée, comparable à celle de la boulimie.

3/ Près d’un tiers des répondants déclarent au moins une TS dans les deux mois qui précèdent la réponse au questionnaire

La tentative de suicide (TS) est un des symptômes inhérents au trouble borderline. Une récente étude indique que le taux de suicide est de 16% chez les 15-24 ans. Il est de 20 % chez les 25-34 ans.Dans le même temps, les tentatives de suicide et idées suicidaires progressent. Une enquête menée en 2019 montre que 2,9 % des jeunes de 17 ans – soit 250 000 jeunes – ont déclaré avoir déjà fait une tentative de suicide ayant entraîné une hospitalisation. Plus d’un jeune sur dix a déclaré avoir pensé au moins une fois au suicide au cours des douze derniers mois.

Un manque d’amour, la peur de l’abandon, une envie d’échapper pour un temps à une situation anxiogène sont les principales raisons évoquées par nos patients borderline. Dans la majorité des cas, la tentative de suicide est en fait l’ultime moyen imaginé par le borderline pour réunir au chevet de son lit de souffrance les personnes qui ne lui portaient pas attention quand il allait bien. Ce pourrait également être le moyen manipulatoire ultime de vérifier la solidité de l’amour de l’autre. Il n’y a pas vraiment envie d’en finir avec la vie.

Quelles sont les solutions proposées par l’AFORPEL ?

Il est vital de savoir comment gérer la culpabilité ou la sensation d’impuissance générée par les moments de détresse décrits dans les paragraphes précédents.

Pour apporter des réponses personnalisées aux besoins de soutien, de conseils et de prise en charge exprimés par les personnes borderline et leurs proches confrontées à ces situations, Pierre Nantas s’est entouré d’une équipe de soignants (psychiatres, psychologues et psychothérapeutes) spécialisés dans le diagnostic et la thérapie de ce trouble. Ils animent régulièrement, en visioconférence ou en présentiel, des prestations adaptées aux différents publics.

Pour les borderline

·     L’AFORPEL propose des programmes de psychoéducation qui permettent aux personnes borderline (diagnostiquées ou non) de mieux comprendre les origines et les conséquences de leur trouble.

Objectifs : Les personnes qui se reconnaissent dans le trouble de la personnalité borderline sont confrontées à chaque instant à des ressentis (peur, colère, honte, désespoir…) qui brisent le plaisir de vivre et les enferment dans un quotidien rempli de frustrations et d’anxiétés.

En leur permettant de repérer les origines de ces souffrances, de comprendre comment elles s’expriment dans la vie quotidienne, les sessions de psychoéducation, animées par des spécialistes du trouble borderline apportent aux participants les éléments de réponses qui leur permettront de prendre ou de reprendre la maîtrise de leur quotidien en se faisant aider, s’ils le souhaitent, par un thérapeute spécialement formé à la thérapie adaptée

·     L’AFORPEL organise des groupes de parole, en visio-conférences, un samedi sur deux et un mercredi sur deux.

Objectifs : Savoir que l’on n’est pas seul à ressentir des situations de frustrations insupportables, des envies récurrentes de se faire du mal ou d’en finir avec un quotidien qui semble sans horizon peut aider à garder l’espoir de pouvoir guérir un jour. Les groupes de parole « borderline anonymes » s’adressent à des personnes diagnostiquées ou non, qui se retrouvent dans les symptômes du trouble borderline. Pendant 2 heures, chaque participant peut s’exprimer librement, sans peur d’être jugé ni interrompu, dans un espace d’écoute bienveillante, modéré par un thérapeute de l’AFORPEL spécialement formé pour cet exercice.

Pour les proches des borderline.

·     Une fois par mois, un spécialiste du trouble de la personnalité borderline anime des sessions d’information et de formation en visio-conférences.

Objectifs : Vivre avec une personne borderline n’est pas toujours évident… Les groupes de psychoéducation pour les proches des personnes borderline apportent des explications sur l’origine des symptômes et proposent des solutions aux proches qui doivent faire face à un quotidien qui peut être menaçant et instable.

A PROPOS DE L’AFORPEL

Fondée en 2004 par Pierre Nantas, l’AFORPEL est aujourd’hui le premier organisme de formation agrée pour informer et former les professionnels de santé au diagnostic et l’accompagnement psychothérapeutique du trouble de personnalité limite (TPL) ou trouble borderline. Cette association propose tout au long de l’année des prestations de formation ainsi que des groupes de parole destinés mieux faire connaître les spécificités de ce trouble encore trop souvent confondu avec les troubles bipolaires – www.aforpel.org

A PROPOS DE PIERRE NANTAS

Pierre Nantas est psychothérapeute, spécialisé dans l’accompagnement des personnes borderline et de la souffrance au travail. Il est l’auteur de quatre ouvrages :

– La bienveillance, quand elle s’invite en psychothérapie– Changer de vie, « yes you can » (co-écrit avec J.A.Pinçon)– Le système borderline, histoires de familles. (co-écrit avec le Dr P.Menu)– Faire face au trouble de la personnalité borderline (co-écrit Manon Beaudoin)