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PARIS : Harcèlement scolaire – Une étude révèle que 3…

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PARIS : Harcèlement scolaire – Une étude révèle que 37 % des victimes pensent à se faire du mal

À l’occasion du Safer Internet Day, une étude de l’association Marion la main tendue révèle les séquelles psychologiques du harcèlement scolaire.

À l’occasion de la 23ème édition du Safer Internet Day, qui s’est tenue le 10 février 2026 sur le thème du bien-être numérique des jeunes, un baromètre choc met en lumière les conséquences dévastatrices du harcèlement scolaire sur la santé mentale. Selon cette étude menée par l’Ifop pour l’association Marion la main tendue et Head & Shoulders, 37 % des élèves victimes de harcèlement ont déjà pensé à se faire du mal, et 62 % déclarent porter des séquelles psychologiques durables.

L’enquête, réalisée en octobre 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 3 015 collégiens et lycéens, établit pour la première fois un lien direct entre les violences scolaires et la dégradation de la santé mentale. Le constat est alarmant : 17 % des jeunes, soit plus de 500 000 élèves en France, subissent un harcèlement répété, se produisant tous les jours ou plusieurs fois par semaine.

Le numérique, une caisse de résonance de la souffrance

Si le harcèlement prend majoritairement racine dans l’enceinte de l’établissement (92 % dans la cour de récréation, 81 % dans les couloirs), le cyberespace en est devenu le prolongement inéluctable. L’étude révèle que 40 % des victimes reçoivent des messages malveillants sur les réseaux sociaux, et 51 % en ont déjà reçu en ligne ou par téléphone. Cette extension numérique brise la frontière entre l’école et le foyer, ne laissant aucun répit aux victimes. « Le harcèlement ne s’arrête plus aux grilles de l’école. Il poursuit l’enfant jusque dans sa chambre », témoigne un parent interrogé dans le cadre de l’enquête.

Cette violence en ligne s’accompagne d’une inquiétante banalisation des comportements chez les auteurs. Ainsi, 69 % des harceleurs jugent acceptable d’exclure quelqu’un d’un groupe de messagerie (contre 38 % pour l’ensemble des jeunes), et 46 % de diffuser une photo ou vidéo sans accord (contre 11 %).

Des conséquences dévastatrices sur la scolarité et le bien-être

Les chiffres de l’étude dressent le portrait d’une jeunesse en profonde détresse. Parmi les victimes, 87 % rapportent un impact négatif sur leur bien-être, 54 % constatent une chute de leurs résultats scolaires, 60 % vont jusqu’à prétendre être malades pour ne pas aller à l’école, et 68 % évitent de prendre la parole en classe par peur des moqueries.

Les témoignages de parents sont poignants et illustrent la gravité des situations. « Ma fille a été hospitalisée en unité spécialisée. Elle est toujours suivie par un psychiatre et a des périodes d’angoisse régulières », partage une mère dont l’enfant a été victime. La violence subie laisse des cicatrices profondes : 23 % des jeunes harcelés ont été contraints de changer d’établissement scolaire et 62 % portent encore des séquelles psychologiques des années plus tard, un chiffre qui grimpe à 85 % lorsque le harcèlement a duré plus de deux ans.

Un appel à renforcer les dispositifs d’aide

Face à ce fléau, la détection reste un enjeu majeur. Dans 80 % des cas, c’est la victime elle-même qui alerte ses parents. Cependant, lorsque les familles se tournent vers les établissements, elles se heurtent souvent à une minimisation des faits. « Le collège a minimisé. Tout ce qui a été fait, c’est demander à mon enfant d’ignorer sa harceleuse », rapporte un parent.

« Ce continuum des violences, qui ne laisse aucun répit aux victimes, a des conséquences dramatiques sur leur santé mentale. Protéger leur bien-être psychologique est notre priorité absolue : le harcèlement scolaire est une violence qui détruit durablement », insiste Nora Tirane, fondatrice et déléguée générale de l’association Marion la main tendue.

L’association, fondée en 2014 et agréée par le ministère de l’Éducation nationale, appelle à un renforcement des dispositifs de repérage et de prise en charge. Elle plaide pour une application scrupuleuse du programme pHARe (disponible sur https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement) dans tous les établissements, la formation de parents et d’élèves ambassadeurs, et la création de cellules d’écoute dédiées. Pour outiller les familles et les jeunes, l’association met gratuitement à disposition son application Kolibri (https://www.marionlamaintendue.com/application-kolibri/) et le podcast « La Tête et les Épaules » (https://smartlink.ausha.co/la-tete-et-les-epaules), qui donne la parole à des experts et des personnalités engagées.

Plus d’informations sur le site de l’association : www.marionlamaintendue.com.